Pier Paolo Pasolini « Au prince »

Si le soleil revient, si le soir descend
si la nuit a un goût de nuis à venir,
si un après-midi pluvieux semble revenir
d’époques trop aimées et jamais entièrement obtenues,
je ne suis plus heureux, ni d’en jouir ni d’en souffrir ;
je ne sens plus, devant moi, la vie entière…
Pour être poètes, il faut avoir beaucoup de temps ;
des heures et des heures de solitudes sont la seule
façon pour que quelque chose se forme, force,
abandon, vice, liberté, pour donner un style au chaos.
Moi je n’ai plus guère de temps : à cause de la mort
qui approche, au crépuscule de la jeunesse.
Mais à cause aussi de notre monde humain,
qui vole le pain aux pauvres et la paix aux poètes.

1958

Extrait de :

Pasolini La persecution

Quelle horreur cette société

Un bon mois de janvier pourri, l’année 2015 commence bien. Je vais pas dire « la suite pourra pas être pire » parce qu’avec ce système, on sait jamais jusqu’où la connerie humaine peut aller.

Quelle horreur cette société.

Non je ne suis pas Charlie, je ne vais pas défendre ce journal de gôche, animé par des survivants se jetant dans les bras de Hollande, sous prétexte de défendre la liberté d’expression, cette sainte valeur de la société bourgeoise. Comme si cette pseudo liberté était le gage d’une vraie démocratie. Comme si on pouvait s’exprimer librement dans ce pays sans être fichés par les poulets, muselés par les appareils politiques et syndicaux. L’horreur est au pouvoir tous les jours, les journalistes assassinés sont les victimes d’une tension permanente engendrée par la haine, entretenue par la classe dominante, aidée en cela par les fanatiques religieux pour que les prolos se bouffent entre eux. Regardez tous ces chiens de politiciens et de médias qui rongent l’os qui vient de tomber, ça émet de grand discours teintés d’émotion bidon, et de volonté d’union nationale. J’ai envie de vomir. Désolé mais j’ai pas de pays, pas de religion, ça évite les confusions. On sait très bien où mène le nationalisme : à la guerre.

Dimanche 11 janvier, les moutons ont défilé avec leurs patrons et chefaillons, toutes les classes unies contre les méchants terroristes. Et une foule bien apeurée par les événements en arrive à applaudir l’école du crime… Merci de nous protéger, vous êtes des héros. Surtout quand vous frappez et tuez lors des dernières manifs à Nantes et à Sivens. Les flics peuvent tuer sans soucis, ils n’iront jamais en prison. Par contre nous, les prolos quand on sort du cadre légal bourgeois, les sentences sont violentes. Et arrivés en prison (cette merveille de punition et de rédemption, amen), certains se font embrigadés par les sectes islamiques et deviennent des objets de peur médiatique. Dimanche 11 janvier, des salariés ont défilé à l’appel des partis et des syndicats qui les baisent, à l’appel des dirigeants politiques qui les méprisent. Où est la conscience de classe ?

Non je ne suis pas policier, je ne porterai jamais l’uniforme du pouvoir. Je n’ai pas envie d’appliquer un plan vigipirate, ni de nouvelles lois sécuritaires pour protéger la bourgeoisie. Je sais que les attentats profitent toujours aux dirigeants. Ils s’en servent contre nous pour remonter leur popularité et conserver leur pouvoir. La peur est un outil permettant de maintenir une population dans la résignation et dans la demande de plus de sécurité, donc plus de flics, de surveillance et de lois répressives, et moins de liberté. Car dans le vocabulaire bourgeois, un terroriste peut aussi bien être un anarchiste tuant un patron, qu’un illuminé religieux tuant des innocents. Est terroriste celui qui défit l’Etat sous n’importe quelle drapeau que ce soit, et l’Etat se nourrit de cette violence pour la retourner contre nous.

Non je ne suis pas juif, ni musulman, ni chrétien. Je suis athée anticlérical. Je suis pour la révolution prolétarienne mondiale, pour une société plus juste, plus libre, pour le communisme. Je ne crois pas en vos idoles qui obscurcissent nos vies sous des règles et contraintes débiles. Je suis contre les religions et les religieux qui veulent nous soumettre à un Dieu qui n’a jamais existé et qui n’existera jamais.

Allez continuer de défendre la liberté d’expression de vos maîtres, les valeurs de votre chère patrie et continuer d’obéir à vos chefs en appliquant le plan vigipirate, la délation, la surveillance de l’autre. Vous êtes des bons soldats du capital.

Union nationale + Interclassisme = Totalitarisme

Lundi 12 janvier, le gouvernement déploie 10.000 militaires sur le territoire.

Mardi 13 janvier, Manuel Valls présente ses mesures exceptionnelles pour la répression, les députés chantent la Marseillaise en chœur dans l’assemblée.

Mercredi 14 janvier, des moutons se battent pour un journal dont ils ne connaissaient pas l’existence la semaine d’avant.

Derrière tout ce nationalisme, ce suçage de flic et les bonnes consciences qui ont affiché leur soutien sur leur mur Facebook, la lutte de classe continue. Et pour l’instant, la lutte est toujours en faveur de la classe dominante, qui en utilisant cet affreux événement, persévère dans sa guerre contre le prolétariat : Loi Macron1, Grand Paris, réductions budgétaires, austérité, mesures contre le terrorisme2… et réactivation des services de renseignement (sous le sigle SCRT), durant la fin de l’année 2014, chargés de « renseigner le gouvernement sur l’état de l’opinion et les mouvements sociaux » !3

Derrière ce spectacle, la violence du système capitaliste se reproduit tous les jours, des hommes, des femmes, des enfants se font tuées chaque jour. Et la France n’est pas en dehors de ce monde.

Je vous invite à écouter la dernière émission de Radio Vosstanie « Liberté & Expression » http://vosstanie.blogspot.fr/2015/01/emission-de-la-web-radio-vosstanie-du.html

The_hand_that_will_rule_the_world

Omar Khayyam, Robâiyat

Le mystérieux Omar Khayyam aurait vécu à Nichapur en Perse de 1048 à 1131. Il était mathématicien et astronome, mais aussi poète et philosophe. Ils exprimaient ses pensées dans des « Robâiyat », traduit en français par « quatrain ».

Omar Khayyam était croyant comme certains quatrains le prouvent, mais il avait une croyance bien à lui. Il n’hésitait pas à critiquer les dogmatiques et à remettre en cause les vérités établies, il exprimait des doutes, des questionnements, ce qui est intrinsèque à la méthode scientifique (normal pour un mathématicien astronome). Il était des fois rationnel et pessimiste et d’autres fois bucolique, mais surtout épris du vin dont il prônait dans beaucoup de quatrains la consommation.

 

Robaiyat

Extrait de la présentation du bouquin :

La brièveté du quatrain lui confère un double avantage par rapport aux autres formes de la poésie persane :

1. Le poète étant tenu de présenter sa pensée dans un cadre limité, il l’exprime sans ambages, autrement dit sans avoir recours à ces recherches de style qui alourdissent fréquemment les œuvres poétique orientales. Cependant, l’allitération, le calembour et le jeu classique et quelque peu ardu qui consiste à réunir dans un distique ou même dans un vers les quatre éléments de la nature sont utilisés avec bonheur dans quelques quatrains. Ces procédés leurs assurent, sans conteste, une persistante popularité.

2. Facile à retenir grâce à sa concision, un quatrain est rapidement transmissible par voie orale, ce qui facilite sa propagation même dans les couches peu lettrées de la société.

Quant aux multiples thèmes développés dans les quatrains, ce sont à peu près les mêmes que ceux de la poésie classique persane : la vanité des choses de ce monde, l’inexorable fuite des jours, le caractère à la fois bref et fragile de la vie qui « n’est séparée de la mort que par l’espace d’un souffle », la prédestination à laquelle nul ne peut échapper, l’incapacité de l’homme à comprendre les mystères de l’au-delà, les tourments de la vieillesse, la mort qui nous réduit en poussière dont on se sert, par la suite, à « fabriquer des coupes et des cruches » ; ironie du sort qui favorise toujours les sots et les ignorants et contrarie les sages. Et comme pour contrebalancer cette vision pessimiste et somme toute désenchantée de la vie, il y a aussi un certain nombre de quatrains à caractère « bucolique » dans lesquels sont évoquées les beautés incomparables de la nature : les fleurs, les oiseaux, les ruisseaux, le vent printanier caressant les roses à peine écloses, la fraîcheur de l’aube, la douceur du clair de lune sont autant de thèmes qui servent de cadre ou de préambule à l’ivresse et à l’amour des femmes et des éphèbes,, plaisirs qu’accompagnent souvent les sons mélodieux de la flûte, du luth ou de la harpe. Le vin, prescrit comme un remède infaillible contre le chagrin, y occupe une place à part : non seulement il revient comme un refrain dans un grand nombre de quatrains, mais dans son Nowrouz Nâmeh même Khayyam n’oublie pas de vanter ses qualités : « Rien n’est plus salutaire aux hommes, écrit-il, que le vin, notamment celui tiré du bon raisin amer. Sa propriété est de bannir le chagrin et de rendre la joie au cœur. »

[…]

Khayyam eut tout particulièrement l’audace de traiter dans ses quatrains quelques thèmes « tabous », quelques paradoxes pour les musulmans qui risquaient fort de lui coûter la vie. Car n’oublions pas qu’il fut contemporain du théologien Abou Mohammad Ghazali dont l’œuvre à elle seule symbolise la victoire définitive de la religion musulmane sur la philosophie héritée des Grecs.

Au mépris des contraintes religieuses et sociales qui sévissaient à cette époque de fanatisme et d’obscurantisme où les moindres écarts aux conventions établies dans la société étaient taxés d’hérésie, il fut, en effet, le seul parmi les auteurs classiques de la littérature persane à se poser directement des questions sur le destin de l’homme et à émettre des doutes sur tout ce que l’on vénérait autour de lui. D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Quel est le but de notre séjour ici-bas ? Semble se demander sans cesse Omar Khayyam. Son courage fait l’admiration de tout le monde. « On est étonné de cette liberté absolue d’esprit, écrit Théophile Gautier dans L’Orient (paru à Paris en 1877), que les plus hardis penseurs modernes égalent à peine, à une époque où la crédulité la plus superstitieuse régnait en Europe, aux années les plus noires du Moyen Age. »

Une autre catégorie de quatrains nous révèle dans le même esprit certains aspects de sa philosophie du doute se rapportant directement à quelques dogmes de la religion islamique :

1. Si Dieu, après avoir créé le monde, y trouve des lacunes, à qui la faute sinon au Créateur lui-même ?

2. Si Dieu est miséricordieux, pourquoi fait-il peser ses menaces de punition sur les pécheurs ?

3. Si boire du vin est un acte illicite, pourquoi donc Dieu le créa-t-il ?

4. Pourquoi Dieu crée-t-il les belles choses et les détruit ensuite sans aucune raison apparente ?

L’ironie n’est pas absente dans les quatrains : elle frappe tout particulièrement les faux dévots à qui le poète reproche d’être ignares, avides, hypocrites et de dissimuler leurs turpitudes sous les apparences spécieuses.

Omar_Khayyam_Profile

Sélection de quatrains

Sur le temps qui passe :

21

Ceux qui ont cherché à suivre leurs penchants ici-bas

Ont quitté ce monde sans avoir comblé leurs désirs.

Tu t’imagines que tu vivras éternellement ;

Avant toi, eux aussi ont caressé la même chimère !

452

Ne vas pas croire que j’appréhende le monde.

Ou que je crains l’agonie et la mort.

La mort étant une réalité, je n’en ai cure.

J’ai peur de n’avoir pas bien vécu.

Sur la vanité :

224

Bien que l’argent ne soit point le capital des sages,

Ce monde est une prison pour ceux qui en sont démunis.

Main vide, la violette baisse la tête jusqu’au genou.

La rose est souriante grâce à sa bourse remplie d’or.

307

Quel est l’homme ici-bas qui n’a point commis de péché, dis ?

Celui qui n’en aurait point commis, comment aurait-il vécu, dis ?

Si, parce que je fais le mal, Tu me punis par le mal ;

Où est donc la différence entre Toi et moi ? Dis !

Sur le vin :

15

Le jour où le vin pur me manque,

Tout m’est poison même l’antidote.

Le chagrin du monde est un poison dont l’antidote est le vin.

Pourquoi craindrais-je le poison si je bois du vin ?

157

Je vais boire tant et tant de vin que l’odeur

En montera de ma tombe.

Et lorsqu’un buveur y passera,

Du seul parfum il tombera ivre mort !

Sur la religion et les religieux :

246

Si, à l’instar de la Providence, j’avais le contrôle de l’univers,

J’aurais anéanti celui-ci.

Et j’aurais bâti un nouveau monde

Dans lequel l’homme libre pourrait réaliser ses désirs aisément.

248

Les amoureux et les ivrognes, nous dit-on, iront en enfer,

C’est une affirmation erronée à laquelle on ne saurait ajouter foi.

Car si les amoureux et les ivrognes vont en enfer,

Demain tu trouveras le paradis plat comme le creux de la main !

502

Jusqu’à quand me blâmeras-tu, ô dévot rigoriste ?

Je suis libertin, fin pilier de cabaret, constamment pris de vin.

Toi, tu ne tiens qu’à ton chapelet, à tes fausses apparences, à ta ruse.

Moi, avec la coupe et la musique, je suis au comble de mon désir près de ma muse !

Liens

Articles et bibliographie sur Biblioweb

Articles intéressants sur La Revue de Téhéran

D’autres Robâiyat

Comment renverser les Illuminati ?

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Le document que nous publions ici sous forme de brochure est une adaptation en langue française du pamphlet « How to overthrow the illuminati ? » réalisé par des camarades révolutionnaires étasuniens (membres ou proches de groupes comme « Black Orchid Collective », « Take Back the Bronx », « Creativity Not Control »). http://overthrowingilluminati.wordpress.com/

Nous avons apporté différentes modifications ainsi qu’un certain nombre d’ajouts à la version d’origine. Ainsi, plusieurs aspects historiques de la théorie du complot Illuminati sont précisés et/ou ajustés ; des éléments de l’analyse générale sont calibrés aux spécificités du déploiement du conspirationnisme en France (conditions, manifestations, agents). Au-delà, ce texte intéressera tout individu francophone qui souhaite connaître les origines, les ressorts, les promoteurs de cette funeste mystification et les arguments permettant sa nécessaire démolition.

La théorie du complot Illuminati est le modèle-type de la camelote sous-fasciste. Kit idéologique de mauvaise facture, elle réclame, chez les clients qu’elle cible, les mêmes dispositions mentales que celles cultivées par le divertissement de masse : réceptivité acritique, dictature de l’émotionnel détraqué, stupidité, grégarisme, haine. Une nuance, cependant, la distingue de la ration spectaculaire standard, et tient en ceci qu’elle est une commercialisation de la peur élevée au degré de la paranoïa, de la séparation du sujet d’avec lui-même et son environnement frôlant la schizophrénie. Evidemment, ce vulgaire prêt-à-penser réactionnaire ne peut que plonger dans la plus pathétique des confusions les consommateurs qui s’y adonnent (le plus souvent compulsivement). Le caractère invasif de ce produit réside dans la faible texture des mystifications qu’il porte, ce qui le rend compatible avec d’autres poisons idéologiques : étant structurellement un amalgame ductile, il se dilue facilement dans des systèmes discursifs d’origines et de qualités différentes. On le retrouve, par exemple, enveloppé des pets verbaux du haraceleur-exhibitionniste-raciste Alain Soral, rythmant les bouffonneries rapologiques du fils à papa Rockin Squat ou du prêcheur islamiste Mysa, ou incrusté dans les divagations de prédicateurs trinitaires, salafistes, évangéliques, ou encore à l’appui de délires satanistes… Mais l’intempestif envahissement de la théorie du complot Illuminati découle aussi de sa haute conformité au dispositif de coercition social qu’est internet : A l’image du vecteur qui le diffuse, ce produit arbore une authentique participation sociale (en contre-point des vieux supports médiatiques, comme la télévision) qui pourtant n’a jamais été autre que factice. En ce sens, le conspirationnisme anti-Illuminati est bel et bien une maladie de notre temps, concoctée avec les microbes antisociaux qu’a su propager, à chacune des étapes de son développement structurel, la Société du Spectacle.

En finir avec cette grotesque supercherie, c’est participer au nécessaire ménage que la conscience prolétarienne doit opérer en son sein. C’est aussi relier directement cette pollution mentale, et toutes les autres, au rapport qui les sécrète pour mieux s’y dissimuler : le capitalisme.

La SUITE et la brochure sur le site du GARAP

Les derniers bouquins que j’ai lus (1)

Bienvenue-a-Oakland-Williamson

« Bienvenue à Oakland », de Eric Miles Williamson

Voilà un bouquin qui m’a plu dès la première phrase : « Rien ne me rend plus heureux que de vivre dans un trou, et je dois dire que j’ai vécu dans des sacrés trous de merde ». Le style est libre, des fois vulgaire et argotique pour servir une rage omniprésente, une rage bien propre aux exploités. Les snobs et les bobos en prennent pour leur compte. Les anecdotes et les souvenirs se croisent et se mélangent les uns aux autres, l’auteur écrit comme il parle et surtout comme il pense. Ici y a pas de rêve américain mais la réalité puante du prolétariat. « Ce livre parle des gens qui travaillent pour gagner leur vie, les gens qui se salissent et ne seront jamais propres ». Il n’y a pas vraiment de fil conducteur, c’est un peu désordonné comme un environnement urbain, comme dans la ville d’Oakland, on va d’une friche industrielle à un quartier résidentiel, du port au centre-ville en passant par un ghetto. Ce bouquin est classé dans les romans noirs mais pour moi, il n’est pas sombre du tout, bien au contraire, certains passages sont très éclairants : « Un jour, j’irais à la fac, je me paierais une éducation, j’apprendrais des conneries de riches et j’utiliserais cette connaissance contre eux, je les écraserais de leurs propres conneries, je les enterrerais sous le savoir issu de leurs propres recherches et de leur propre expérience, sans oublier d’ajouter à la recette mes ingrédients personnels, Oakland style. Quand l’heure de la révolution sonnerait, je serais au front, sur les barricades, avec un lance-flammes et une massue dans les pattes, le visage défiguré par la sincérité. »

Des articles intéressants sur :

*Polar Noir

*L’Accoudoir

*Le concierge masqué

*Oreille Interne

*Encore et toujours du noir

*Actu du noir


Herisson

« L’élégance du hérisson », de Muriel Barbery

J’ai pas pris l’habitude de lire les livres à succès mais ma mère me l’a conseillé alors je l’ai lu car j’écoute ma maman. On entre dans le bouquin rapidement grâce aux chapitres très courts, c’est bien écrit, des fois un peu trop pédant à travers des termes inconnus (c’est l’occasion de dépoussiérer le dictionnaire). Les deux narratrices (la concierge de l’immeuble et la jeune fille issue d’une famille bourgeoise) sont intéressantes à lire, et l’arrivée d’un nouveau voisin japonais va mettre du piment dans leurs quotidiens. J’ai pris plaisir à lire ce bouquin réfléchi et drôle mais j’ai vraiment pas aimé la fin. Je vais pas vous spoiler alors à vous de juger.


Tete en friche

36-chandelles

« La tête en friche », et « 36 Chandelles », de Marie-Sabine Roger

Le titre du premier bouquin m’a rappelé les expressions de mon professeur de CM2 : « vous êtes des têtes en friche », « vous êtes forminable » (bien avant le chanteur à succès). On garde tous des souvenirs d’enfance joyeux dans lesquels l’insouciance permet d’apprécier ce que la vie nous donne. Quand on lit les livres de Marie-Sabine Roger, on remonte son niveau de bonne humeur et de positivité car l’humanité, dans ce qu’elle a de mieux (le partage et la solidarité), est retranscrite à chaque instant. Les personnages sont attachants car on se projette facilement en eux. Les récits sont bien goupillés et bien écrits. Deux bons bouquins à lire pour se changer les idées quand le quotidien devient trop lourd.

Articles intéressants :

*Clara et les mots

* La soupe de l’espace


Perutz-Cavalier

« Le cavalier suédois », de Leo Perutz

« Ils s’étaient tenus cachés tout le jour et, à présent qu’il faisait nuit, ils traversaient une forêt de pins clairsemés. Les deux hommes, qui avaient de bonnes raisons d’éviter les rencontres, devaient veiller à ne pas être vus. L’un était vagabond, un maraudeur de foire réchappé du gibet, l’autre était un déserteur. » Il y a quelque chose de magique dans ce roman. Le fantastique se mêle au tragique et à l’émouvant. On suit facilement l’histoire de deux hommes, dans la Silésie du 18ème siècle, qui vont changer de vie, d’identité pour survivre. L’ambiance de fond est sombre comme un nuage chargé de pluie prêt à tomber à tout moment. Excellent bouquin.

Articles intéressants :

*Lire Léo Perutz

*Paulemond

Manger sainement (1)

Comment se nourrir correctement à notre époque ?

 

Comme disait Tyler Durden dans Fight Club : « On est des sous-produits d’un mode de vie devenu une obsession ». Notre vie n’a aucun sens à part nous faire produire et consommer les merdes que nous fabriquons. Nous habitons majoritairement dans des villes polluées, coupés de la nature et à l’abri de ses dangers, sédentarisés par la nécessité de trimer pour manger (du poison). Tous les jours, nous sommes exposés à des produits nocifs pour la santé.

 

Depuis un siècle, notre alimentation est principalement le fruit d’une industrie soucieuse d’être rentable. La production et la distribution ne sont pas faites en fonction des réels besoins mais du commerce et de la vente massive de marchandises. J’entends déjà les malthusiens de tout bord brailler que sans l’industrie on ne pourrait pas nourrir neuf milliards de personnes. Je les invite donc à regarder les reportages de Marie-Monique Robin (c’est pas une révolutionnaire mais les solutions qu’elles avancent sont cohérentes) : « Notre poison quotidien » et « Les moissons du futur »1. Et après on en reparle.

 

Notre alimentation est caractérisée par : trop de calories, de viandes, de sucres, de céréales et de farines raffinés, trop d’acide gras trans et hydrogénés, trop de sel ; et pas assez de végétaux, de vitamines, d’antioxydants, d’oligoéléments, de fibres, d’acide gras oméga 3. Sans oublier les OGM, les pesticides, les métaux lourds, les conservateurs… On ne s’étonne donc pas de voir exploser actuellement les maladies dites de civilisation : cancer, obésité, diabète, allergies, maladies cardio-vasculaires et auto-immunes.2

 
Le mode de vie capitaliste n’est pas tenable. Ce sont les mêmes industriels de l’agro-alimentaire en lien avec leurs copains de la pharmacie et de la médecine qui voudraient nous vendre des remèdes à leur alimentation néfaste. Il faudrait prendre des produits chimiques pour soigner les conséquences de l’industrie chimique. Le business ne s’arrête jamais. On marche sur la tête.

 

Je vais vous éviter le couplet sur les conditions désastreuses d’élevages, de chasse et de pêche des animaux et la cruauté que cela engendre. Je vous laisse chercher sur internet, il y a de quoi être dégoûté à vie. J’en arrive ainsi à ma première question : comment survivre en milieu hostile ? Outre la nécessité impérieuse de se battre pour la révolution prolétarienne mondiale qui permettra l’abolition des classes et de l’État, et l’avènement d’une société communiste, donc une société d’égalité et de partage basée sur le respect de l’environnement ; on peut d’ores et déjà essayer de se nourrir correctement avec ce qu’on a sous la main.

 

Y a une solution toute simple à nos problèmes c’est le régime méditerranéen. Je sais j’invente rien mais apparemment beaucoup d’humains en s’éloignant de la cuisine de mémé l’ont payé très cher, donc on va y retourner tout en prenant en compte les dernières avancées gastronomiques. Vous me direz tout le monde ne vit pas au bord de la mer Méditerranée. C’est exact. Heureusement d’ailleurs. Il existe d’autres diètes du même type ou s’en approchant : les régimes Okinawa, Indien, végétarien ; mais aussi la cuisine qu’on pourrait appeler « traditionnelle » ou « ancestrale » qu’elle que soit la région où l’on vit. Les anciens mangeaient beaucoup plus de produits frais et de légumes que nous, et leurs aliments n’avaient pas la même qualité nutritionnelle que ceux que nous avalons actuellement du fait des traitements, de la pollution et des pesticides (« 80 % des fruits et des légumes issus des modes productivistes sont pauvres en fer, magnésium, cuivre, vitamine C, bêtacarotène », « il faudrait 10 de nos oranges et 26 de nos pêches d’aujourd’hui par exemple pour rivaliser avec le contenu d’un seul représentant de leur espèce de 1951 »3)

Une méthode récente mixe ces régimes : la méthode flexitarienne4. Il s’agit d’un recours à une alimentation non transformée à dominante végétale. Le flexitarien est un végétarien qui mange occasionnellement de la viande.5 En lisant ça, les végétaliens vont me chier à la gueule et les beaufs vont me traiter de pédé-bobo-écolo. C’est dire l’époque merveilleuse que nous vivons. Pour les premiers je suis désolé mais je ne me priverai pas de belles sardines au barbecue. Pour les beaufs qui vont me dire que l’homme a toujours manger de la viande, je leur conseillerai de lire l’article sur le site Hominidés « Alimentation dans la préhistoire »6.

 

La deuxième question se pose naturellement : quoi manger ? Voici les recommandations de base du faux docteur – pas nutritionniste non plus – Remito, évidemment vous les adaptez à votre état de santé, à vos intolérances et allergies, chacun doit apprendre à écouter son corps et à comprendre ce qui est bon ou pas pour l’humanité et l’environnement. Comme disait l’autre, nous sommes ce que nous mangeons7 :

– manger de la viande rouge et blanche une fois par semaine

– manger du poisson (petits de préférences car ils contiennent moins de métaux lourds : sardines, anchois, maquereaux, hareng…), des crustacés et des œufs, une fois par semaine

– attention au saumon d’élevage, ils sont gavés de bouffe chargée en pesticides (diflubenzuron)8

– manger des légumes et des fruits de saisons à chaque repas9 (cuits ou crus)

– manger des céréales tous les jours (complètes de préférence sinon du riz asiatique type basmati, pâtes de qualité ou semi-complètes, polenta, boulgour, kamut…) ou des légumineuses (quinoa, lentilles, pois chiches…)

– manger une petite poignée de graines tous les jours (amande, noix, noisette…)

– manger principalement de l’huile d’olive extra vierge première pression à froid (varier pour les salades avec l’huile de noix ou de noisette et pour les cuissons le mélange tournesol et colza)

– respecter le principe du hara hachi bu (à la fin des repas, l’estomac n’est rassasié qu’a 80 %)10

– respecter les saisons dans le choix des aliments

– mâcher lentement et manger dans un endroit calme et convivial

– mettre des épices dans les plats (curcuma, gingembre, poivre, cumin…) et des herbes (thym, romarin, basilic, sarriette, sauge, laurier…)

– manger des oignons, de l’ail, du persil

– boire du thé (vert, rouge, blanc ou noir) et des tisanes en dehors des repas

– éviter l’alcool, vin rouge et bière modérés

– supprimer les pâtisseries, les produits de boulangerie et confiseries (sauf les jours de fête…)

– supprimer le sucre blanc raffiné, préférer le sucre brut, le sirop d’agave, le miel ou la mélasse en petite quantité (surtout ne pas remplacer le sucre par de l’aspartame ou l’acésulfame K, présents dans les produits étiquetés « light » une vraie escroquerie)

– supprimer les produits laitiers (beurre, crème, lait, yaourt) (voir mon article « Le lait c’est laid »)

– manger un peu de fromage, par exemple sur les pizzas et les gratins de légumes

– privilégier les boissons, crèmes et yaourts végétaux (tofu, soja11, avoine, riz, amande) pour remplacer les produits laitiers dans les sauces, gratins, gâteaux et desserts

– supprimer tous les produits transformés, raffinés, industriels

– supprimer les plats préparés

– supprimer les sodas, les fast-foods, le grignotage devant la télé

– supprimer la menace blanche : pain blanc, riz rond, farines industrielles

– attention au sel (trop présent dans les bouillons cube, conserves et plats préparés)

Voilà je vous ai bien calmé là. Pour résumer : manger plus de végétal, moins d’animal, pas de produits transformés, faites la bouffe vous-même avec des vrais produits.

 

Bien sûr je conseille de manger bio autant que possible. Mais cela a un prix. C’est même un sacré business d’enfoiré. Donc soit on a un peu de moyens, soit on vole (j’appellerai plutôt cela de la réappropriation) et/ou soit on s’organise collectivement pour manger correctement et sans argent. Il n’y a pas si longtemps les prolos avaient accès à des jardins ouvriers qui permettaient d’avoir des légumes et des fruits frais… grâce au paternalisme des connards de patrons et curetons c’est vrai.

 

L’alimentation renvoie à la gestion de l’environnement, du territoire, à la question du partage, au mode de vie que nous voulons. Pourquoi devrions-nous subir un système qui détruit des forêts primaires pour cultiver du soja et du maïs destinés aux élevages bovins, qui répand des pesticides et des semences modifiées qui détruisent la biodiversité, qui exploite des millions d’ouvriers dans des conditions désastreuses ? L’alimentation c’est la survie de l’humanité, et si la production et la distribution sont entre les mains des capitalistes, c’est la famine pour certains, la malbouffe pour d’autres. Des pistes de réflexions pour une société communiste ont été amorcés dans ce communiqué : http://garap.org/communiques/communique15.php

Dernière chose, oubliez le commerce équitable, c’est vraiment de l’escroquerie, un nouveau marché pour les requins du capital. Voir à ce sujet le documentaire « Le business du commerce équitable » sur Arte

http://www.arte.tv/guide/fr/047127-000/le-business-du-commerce-equitable

Dans les prochains articles, je m’attarderais sur les mouvements altermondialistes qui prônent la décroissance, la vente directe et les produits locaux ; sur le business des semences ; sur le sucre.

 

Liens Régime Méditerranéen (ou Crétois)

Wikipedia

Passeport Santé

Thierry Souccar

A lire (en gardant son esprit critique)

Penser avant d’ouvrir la bouche

http://penseravantdouvrirlabouche.com/

Atelier Énergies et Santé http://www.ateliersante.ch/nutrition.htm

Plantes médicinales http://mr-ginseng.com/

Des idées de recettes

https://flexitarisme.wordpress.com/

http://laflexitarienne.blogspot.fr/

http://vegemiam.fr/

http://liliskitchen.com/

 

3Cf « Petit dictionnaire énervé des aliments toxiques » du Dr Franck Gigon

8Cf « Petit dictionnaire énervé des aliments toxiques » du Dr Franck Gigon

11Le soja, en France, est un aliment controversé. Quand on voit la puissance de propagande de Danone et Nestlé pour ne pas perdre une part de marché en faveur de cette plante, on comprend mieux pourquoi des gens (que ce soit des prolos ou des nutritionnistes) en arrivent à dire que le soja c’est pas bon, faut faire attention. Alors qu’en est-il du milliard d’asiatiques qui en bouffent depuis 6000 ans ? Bien sûr je conseille de le manger bio et non OGM.

Afghanistan, entre opium et gazoduc

Afghanistan 1Article de septembre-octobre 2013 de la revue (trop chère) CARTO sur le bizness de l’opium en Afghanistan.

Afghanistan 2

Carte du Monde Diplomatique sur les gazoducs en projet autour de la Mer Caspienne et qui desserviront l’Europe, la Chine et l’Inde.

Gazoduc Moyen orient

Article de presse de l’Expansion datant de décembre 2013 : « Afghanistan: le « grand jeu » autour des gazoducs s’intensifie » à lire ICI

Reliez les infos des documents entre eux et vous aurez des réponses à : « pourquoi la guerre en Afghanistan ? »

Chronique du quotidien

Il y a des jours où on n’a envie de rien. T’es au taf. Tu regardes autour de toi. Pas grand monde. Mois de juillet oblige. Un calme apparent. Dehors ciel gris et lumière bizarre qui pète les yeux. Que pourrais-je faire d’intéressant aujourd’hui ? Bosser ? Pas trop. Le minimum syndical. Lire ? Fatiguant. Regarder une vidéo ? Pas envie. Écrire ? Ah oui écrire que je n’ai envie de rien. C’est déjà pas mal. Mais inutile.

Nature Desert