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Comment renverser les Illuminati ?

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Le document que nous publions ici sous forme de brochure est une adaptation en langue française du pamphlet « How to overthrow the illuminati ? » réalisé par des camarades révolutionnaires étasuniens (membres ou proches de groupes comme « Black Orchid Collective », « Take Back the Bronx », « Creativity Not Control »). http://overthrowingilluminati.wordpress.com/

Nous avons apporté différentes modifications ainsi qu’un certain nombre d’ajouts à la version d’origine. Ainsi, plusieurs aspects historiques de la théorie du complot Illuminati sont précisés et/ou ajustés ; des éléments de l’analyse générale sont calibrés aux spécificités du déploiement du conspirationnisme en France (conditions, manifestations, agents). Au-delà, ce texte intéressera tout individu francophone qui souhaite connaître les origines, les ressorts, les promoteurs de cette funeste mystification et les arguments permettant sa nécessaire démolition.

La théorie du complot Illuminati est le modèle-type de la camelote sous-fasciste. Kit idéologique de mauvaise facture, elle réclame, chez les clients qu’elle cible, les mêmes dispositions mentales que celles cultivées par le divertissement de masse : réceptivité acritique, dictature de l’émotionnel détraqué, stupidité, grégarisme, haine. Une nuance, cependant, la distingue de la ration spectaculaire standard, et tient en ceci qu’elle est une commercialisation de la peur élevée au degré de la paranoïa, de la séparation du sujet d’avec lui-même et son environnement frôlant la schizophrénie. Evidemment, ce vulgaire prêt-à-penser réactionnaire ne peut que plonger dans la plus pathétique des confusions les consommateurs qui s’y adonnent (le plus souvent compulsivement). Le caractère invasif de ce produit réside dans la faible texture des mystifications qu’il porte, ce qui le rend compatible avec d’autres poisons idéologiques : étant structurellement un amalgame ductile, il se dilue facilement dans des systèmes discursifs d’origines et de qualités différentes. On le retrouve, par exemple, enveloppé des pets verbaux du haraceleur-exhibitionniste-raciste Alain Soral, rythmant les bouffonneries rapologiques du fils à papa Rockin Squat ou du prêcheur islamiste Mysa, ou incrusté dans les divagations de prédicateurs trinitaires, salafistes, évangéliques, ou encore à l’appui de délires satanistes… Mais l’intempestif envahissement de la théorie du complot Illuminati découle aussi de sa haute conformité au dispositif de coercition social qu’est internet : A l’image du vecteur qui le diffuse, ce produit arbore une authentique participation sociale (en contre-point des vieux supports médiatiques, comme la télévision) qui pourtant n’a jamais été autre que factice. En ce sens, le conspirationnisme anti-Illuminati est bel et bien une maladie de notre temps, concoctée avec les microbes antisociaux qu’a su propager, à chacune des étapes de son développement structurel, la Société du Spectacle.

En finir avec cette grotesque supercherie, c’est participer au nécessaire ménage que la conscience prolétarienne doit opérer en son sein. C’est aussi relier directement cette pollution mentale, et toutes les autres, au rapport qui les sécrète pour mieux s’y dissimuler : le capitalisme.

La SUITE et la brochure sur le site du GARAP

Chronique du quotidien

Il y a des jours où on n’a envie de rien. T’es au taf. Tu regardes autour de toi. Pas grand monde. Mois de juillet oblige. Un calme apparent. Dehors ciel gris et lumière bizarre qui pète les yeux. Que pourrais-je faire d’intéressant aujourd’hui ? Bosser ? Pas trop. Le minimum syndical. Lire ? Fatiguant. Regarder une vidéo ? Pas envie. Écrire ? Ah oui écrire que je n’ai envie de rien. C’est déjà pas mal. Mais inutile.

Nature Desert

Seul

Comme disait Moustaki : « non je ne suis jamais seul avec ma solitude ». Il y a des jours où je me sens bien seul au milieu des autres. La routine du travail me fatigue lentement mais sûrement. C’est comme si je devais lutter chaque jour pour ne pas laisser mon esprit s’endormir sous le poids de la lassitude. Mais heureusement mon esprit critique ne s’éteint jamais, il y a toujours cette petite étincelle qui relance la machine. Et c’est cette même étincelle qui me tient à l’écart du troupeau. Non pas que je me croissse supérieur aux autres, ça n’a aucun sens, c’est juste que mes recherches, de compréhension et de critique de la société dans laquelle nous vivons, me maintiennent à l’écart de la masse des autres personnes. Même s’il y a beaucoup de sujets sur lesquels on peut se retrouver, l’écrasante majorité des gens restent dans la discussion contemplative tandis que je suis dans la recherche de l’alliance de la théorie et de la pratique, dans la praxis, dans le matérialisme dialectique. Mes idées m’éloignent des autres alors que ce sont des idées de vivre ensemble et de partage. C’est fou comme cette société a réussi à nous diviser, à nous individualiser d’une manière égoïste, à nous maintenir dans un état de peur permanent. Les mauvais jours, j’ai des idées noires, j’en veux au monde entier, j’ai la haine de l’autre, je n’ai envie de parler à personne tellement la bêtise ambiante m’étouffe. Des fois, j’aimerais faire machine arrière et devenir un mouton qui se pose pas trop de questions afin d’éviter la souffrance de trop comprendre la réalité. Comme ça je ferai ma vie comme tous ces abrutis. Mais il n’y a pas de retour en arrière possible, je suis allé trop loin dans ma compréhension du monde. J’en suis arrivé au constat dramatique que nous devons combattre ce monde, ce quotidien. Toute notre vie est une marchandise, tout est monnayable. Ma critique a atteint une radicalité qui me tient à l’écart des pensées de la masse et de mes proches. J’apparais comme un sectaire, un rêveur, un gauchiste, un anarchiste, ou un utopiste. Tous les qualificatifs qui excluent. Certaines conversations me transmettent des sentiments de haine ou de méfiance envers mes propos. Je parais peut-être prétentieux, professoral, donneur de leçon, alors que ce ne sont pas mes intentions. J’ai cette vision de la totalité qui me permet de comprendre que le totalitarisme marchand englobe jusqu’à notre intimité. Et que foule de gens adhèrent à ce mode de vie. Les processus psychologiques analysés entre autre par Wilhelm Reich et Guy Debord à l’œuvre au quotidien sont affligeants. L’individu roi domine les façons de se comporter. Chacun se vend, se ment, s’aliène à travers le mode de production capitaliste. A force de lectures et de réflexions, le monde m’apparaît de plus en plus clairement comme un énorme spectacle qu’il faut transformer de fond en comble. Du coup les petits soldats du capital sont contre moi, ils défendent leurs prisons. Pourtant mes idées sont belles. J’ai peut-être la naïveté de croire qu’en les exposant, les gens adhéreront et voudront être libres. Je suis allé trop loin dans la connaissance de notre condition prolétarienne. Ça peut faire souffrir de comprendre la réalité. Heureux est l’ignorant car il ne se pose pas de questions. Il subit le quotidien sans réfléchir. Moi je ne peux pas vivre tranquillement dans un monde aussi pourri. C’est pour ça que mes théories se pratiquent. La théorie n’est rien sans la pratique. Mort au capital.

Seul