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Histoire du mouvement ouvrier

Par Partigiano :: 05/06/2007 à 11:38 :: Histoire

 

J'ai trouvé sur le net trois ouvrages écrit par l'historien Edouard Dolléans (1877-1954) qui relatent l'histoire du mouvement ouvrier de 1830 à 1954.

 

Vous pouvez les télécharger sur :

 

http://classiques.uqac.ca/classiques/dolleans_edouard/dolleans_edouard.html

 

 

Extrait de l'avant-propos du tome III :

 

« Il nous a fallu faire de l'histoire pour voir clair.... » Ainsi s'exprimaient de jeunes enquêteurs que leur fervente équité avait amenés à éclairer leur route à la lumière de l'Histoire.

 

Des événements contemporains qui étonnent l'ignorance ne sont que l'explosion de forces apparaissant soudain avec une puissance accrue par la durée. Le mouvement ouvrier était semblable à ces sources qui cheminent dans le sol et restent invisibles sur un long espace. L'élan des masses est en effet sujet à de périodiques découragements. L'œuvre interrompue dut être sans cesse reprise par les militants, plus conscients et plus obstinés que leurs frères. Par delà les déceptions et les reculs, leur persévérant courage a relié entre eux des efforts qui se heurtaient aux circonstances économiques et à la résistance des individus dont l'incompréhension explique la permanente iniquité.

 

Les militants ouvriers ont une importance non pas anecdotique, mais historique : ils incarnent les sentiments, les révoltes et les espoirs de tant d'obscurs travailleurs qui forment les masses laborieuses.

 

Les militants ouvriers ont été à la fois des interprètes et des créateurs ; car tout homme d'action n'est jamais ni complètement libre, ni complètement esclave ; il vit dans son temps et de son temps ; mais, si son humanité est profonde, il découvre en elle la vision des lendemains possibles et entre lesquels il choisit.

 

La volonté du militant avait été trempée par les épreuves subies par lui ou par les siens ; elle empruntait sa vigueur au spectacle d'une misère humaine totale, parce qu'autant spirituelle que matérielle. Son action efficace s'inspire de son accord avec les masses. Mais parfois les militants doivent agir à contre-courant et dire courageusement, aux masses des vérités qui les irritent.

 

Un récit objectif tient compte des conditions économiques et politiques ; mais, parce que sa force vient de l'intérieur, le mouvement ouvrier ne s'éclaire que du dedans. Le mystère de son histoire ne peut être attiré en pleine lumière que grâce aux artisans de cette épopée.

 

L'erreur des écrivains a été d'abord de mettre l'accent sur les vedettes de l'Histoire, puis de souligner la « primauté » des forces économiques et de présenter celles-ci comme « l'expression moderne de l'antique fatalité » (Joseph Calmette). L'historien doit se garder de ces deux excès. La technique du cinéma, comme l'étude des inventions, met en relief le fait que, de toute œuvre qui dure, l'honneur peut être partagé ; mais ce caractère n'exclut pas le privilège de la personnalité. Il existe des équipes de travail et il s'en formera de plus en plus. Leur apport laissera toujours intacte la création personnelle.

 

En interrogeant les traces laissées par les militants, en relisant leurs appels, leurs tracts, apparaissent les raisons des progrès qui marquent les étapes du mouvement ouvrier. Il existe en effet une littérature dispersée d’œuvres plus humbles. Pendant tout le XIXème siècle, des générations ouvrières se sont formées grâce à leur volonté de culture personnelle et sans que les institutions aient rien fait pour cela.

 

Utiliser le témoignage des militants, raviver leurs visages effacés, faire réentendre leurs voix, n'est-ce pas le plus sûr moyen de rendre à l'histoire ouvrière sa signification : expliquer les faits en peignant les hommes, et dévoiler les raisons profondes en cédant souvent la parole aux artisans, connus ou méconnus, du mouvement [1] ?



[1]       À côté de ces militants, il serait injuste de ne pas rappeler deux penseurs qui ont proposé des méthodes nouvelles, permettant de cerner de plus près la réalité : maxime leroy (La Coutume ouvrière, 1913), et emmanuel lévy (Les Fondements du droit, 1896 à 1933, et sa préface à la thèse de laurent, Services postaux. Le Syndicalisme postal en 1913, Saint-Étienne, Imprimerie de la Loire, 1913). Ils ont pressenti les transformations profondes qui échappaient à la cécité de leurs contemporains.


 

 

 

 

 

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