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Partigiano Le blog en lien avec les militants révolutionnaires. Des textes, des photos et des articles de Remito sur notre monde, sur la musique, sur la politique, sur l'art, sur les livres...

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Par Partigiano :: 23/11/2010 à 12:55 :: Photos


Poésie du jour









Un Monde Meilleur Chapitre 6

Par Partigiano :: 19/11/2010 à 14:25 :: Un Monde Meilleur

Chapitre 6

 

-          Papi, pourquoi il y avait pleins d’engins de démolitions au Cap d’Agde ?

-          Ah mon petit gars, c’est une étape importante de la révolution qui se perpétue de jour en jour. Laisse-moi t’expliquer. Une fois le renversement du capitalisme établi, quelques mois après les premières révoltes en Europe, les conseils pour la Révolution ont pris des mesures drastiques pour réparer les dégâts de l’ère capitaliste. Ces mesures sont toujours d’actualités. La nature met du temps pour se régénérer. Les moniteurs ne vous ont rien expliqué durant le camp de vacances ?

-          On nous a dit de ne pas aller traîner dans le chantier car c’était dangereux. C’est tout.

-          Bon, y en a encore qui n’ont rien compris. Une des premières actions des conseils a été de démolir tous les quartiers qu’on appelait cité HLM et de ne construire que des maisons autonomes écologiques. C’était une des mesures phares : que chacun puisse avoir un logement décent. Dans le même temps, on a décidé aussi de dégager les littoraux du bétonnage intensif. Mais ça prend beaucoup de temps. Les chantiers sont énormes. Ils ont déjà mobilisé beaucoup de travailleurs, notamment une grande partie des anciens chômeurs qui ne demandait qu’à aider à construire un nouveau monde.

-          C’est quoi des chômeurs ?

-          A l’époque capitaliste, pour survivre on devait travailler pour des patrons dans leur entreprise ou pour l’Etat. Mais certains d’entre nous étaient privés de travail. Soit parce qu’ils avaient été virés, soit parce qu’il n’y avait pas d’emploi dans la profession qu’il voulait exercer. Par exemple en 2008, il y avait plus de cinq millions de chômeurs sur trente millions de travailleurs en France. Le chômage permettait au patron de faire baisser les salaires en utilisant le chantage. On nous disait : « Vous ne voulez pas de ce travail - mal payé évidemment -, et bien restez au chômage, quelqu’un d’autre le prendra à votre place ». Une concurrence entre les travailleurs faisait rage sur le marché du travail. Les gens se battaient pour décrocher un emploi. Certaines personnes se mettaient en vente sur Internet ! Derrière ces obligations malsaines, l’enjeu était la survie au quotidien des prolétaires…nous, qui vivions dans des immeubles mal entretenus ou délabrés, des habitations aux loyers abusés surtout en région parisienne dans laquelle j’ai vécu plus de quinze ans. La révolution a vraiment bouleversé de fond en comble l’espace géographique. En quelques années, les gens ont quitté les grandes métropoles pour s’installer à la campagne ou dans les petites villes. Les banlieues ont été détruites et la nature a repris ses droits sur ces espaces. A l’époque, beaucoup de logements, appartenant à des gens riches, étaient vides alors que des familles dormaient dans la rue. Les conseils pour la Révolution ont réquisitionné ces logements pour les redistribuer. Les quartiers d’affaires, comme celui de La Défense en banlieue parisienne, ont été démolis. Je crois que j’en ai gardé des photos, je te montrerai ça. Des tours de béton et de verres, immenses, la plus part très laides. Même des villes comme New-York ou Shanghai, ont fait tombées ces constructions. De nos jours, ces tours de bureaux ne servent plus à rien, certaines ont été gardés pour le tourisme et transformées en hôtel comme la Tour Montparnasse à Paris ou l’Empire State Building à New-York.

-          J’aimerais bien aller à Paris…

-          On ira si tu veux mon gamin. Cela me rappellera beaucoup de souvenirs, bon ou mauvais… On emmènera ta sœur aussi. Faut juste réserver les billets de trains. On logera chez des amis. Paris est une ville magnifique qui accueille plus de touristes que d’habitants. Des dizaines de musées et de monuments à visiter, des vieux quartiers animés comme la Butte-aux-Cailles, Barbès-Rochechouart ou Belleville.

-          Tu habitais où ?

-          J’ai habité à plusieurs endroits, Grenelle, Corvisart puis la banlieue Est, on parlait de banlieue Rouge encore à l’époque du fait que la majorité des habitants avaient été des ouvriers communistes et que les mairies était tenues par des anciens staliniens.

-          Des staliniens ?

-          Oui c’est comme ça qu’on appelait les gens du Parti Communiste Français et des partis se réclamant de la IIIème Internationale.

-          Je ne comprends rien papi !

-          C’est normal. Il faut bien que tu saisisses qu’à cette époque, les mots étaient détournés de leur sens réel. Durant le XXème siècle, la classe au pouvoir nous faisait croire que le stalinisme était le communisme. Hors ce sont deux choses différentes. Le communisme c’est le monde dans lequel nous vivons désormais. Un monde sans classe ni Etat. Le stalinisme, c’était la terreur permanente. Un Etat autoritaire, dirigé par des bureaucrates, qui contrôlait tout, et le culte de Staline, le dirigeant suprême de la Russie à l’époque. Le stalinisme a été la pire entreprise de répression de toute révolution prolétarienne. Et le PCF a eu un rôle important de sabotage des révoltes de la classe ouvrière en France. Mon gamin, tu verras tout ça à l’école au cours d’histoire. Il est bientôt cinq heures, et avec ta mère on doit assister à la réunion du conseil communal hebdomadaire. Tu veux venir ?

-          La dernière fois que je suis venu, tu t’es engueulé avec Denis. J’aime pas les disputes.

-          Ah oui. Ca fait parti de la libre discussion mon petit. On ne peut pas être tous d’accord sur tout ; et ces discussions, ou engueulade, permettent souvent d’avancer ou de mettre les choses à plat.

 

***


J’ai finalement accompagné mon papi. La réunion se déroule dans la salle polyvalente de la ville. Le conseil communal est l’organe de gestion de la vie collective. Sont présents les gens élus pour un mandat de trois ans et révocable à tout moment qui doivent rendre des comptes de la gestion à la communauté, ainsi que tous les délégués des conseils de quartiers, des associations et des entreprises qui initient les discussions et rédigent les décisions. Tous les habitants ont le droit d’assister et de participer aux débats. Mon papi et ma mère sont des délégués pour le quartier de Bressolles.

 

Denis, un vieux combattant de la révolution et désormais secrétaire pour le conseil communal, entame la discussion :

-          Mes chers amis, j’espère que tout le monde va bien en cette fin de période estivale. Nous avons beaucoup d’affaires à traiter dans l’ordre du jour. Lors de la dernière réunion, nous avons évoqué les échanges scolaires avec notre ville sœur au Burkina, Arbollé. Est-ce que le conseil du collège peut nous résumer la situation ?

Une professeure du collège répond :

-          Oui biensûr. L’équipe pédagogique du collège a décidé que les élèves de 4ème recevront leurs correspondants africains durant trois semaines. Un programme scolaire commun a été établi notamment avec des heures d’histoire, des sorties culturelles et sportives en plus. Leur emploi du temps pour ces trois semaines est donc modifié. Un dossier complet a été envoyé aux familles, vous pouvez le consulter sur le site internet du collège. Une réunion avec les parents qui hébergent les enfants aura lieu la semaine prochaine. Nos homologues africains nous ont confirmés par téléphone qu’ils préparaient la venue des élèves.

-          Quand est-ce que les enfants d’Arbollé arrivent ? demande un habitant.

-          Ils arrivent une semaine après la rentrée des classes. Ils seront donc là tout le mois de septembre.

Denis reprend la parole :

-          Très bien, merci professeur pour ce rapport. Est-ce qu’il y a d’autres questions ? Non ? Alors nous passons au point suivant. Nous avons un problème de transport avec le hameau de Vignoux-Prunet. Les habitants ont rapporté le fait qu’il n’y a pas assez de passage de bus quotidien. Les délégués du hameau peuvent-ils nous expliquer ?

-          Oui, alors en fait nous n’avons que quatre liaisons par jour avec Domérat. Ce qui est bien trop peu pour pouvoir se déplacer correctement, notamment pour les jeunes et les personnes âgées. De plus, le nombre d’habitants,  dans le hameau a augmenté depuis quelques mois. Nous demandons donc que soit créé un service journalier qui dessert le hameau au moins une fois par heure.

-          D’accord, est-ce que le service des transports de la région montluçonnaise peut mettre en place cela ?

Un délégué du conseil des transports répond :

-          Oui tout est possible, il faut qu’on trouve des conducteurs de bus. Il faut donc passer un appel à candidature dans la région.

Un habitant du hameau intervient :

-          Est-ce qu’on ne pourrait pas prolonger la ligne de bus qui relie Montluçon à Domérat vers chez nous ?

Le délégué des transports :

-          Pourquoi pas ? Je vais proposer cela aux Réseau des Transports Montluçonnais.

-          Est-ce que les délégués et les habitants de Vignoux-Prunet peuvent suivre ce dossier avec le conseil des transports ? demande Denis.

-          Oui pas de soucis.

-          Dis donc on avance bien aujourd’hui, les vacances ont fait du bien on dirait, s’exclame Polo, un délégué du conseil communal et ami de mon papi.

-          Passons au point suivant si vous le voulez bien. Les agriculteurs associés de Domérat nous font part de leur problème. Un insecte parasite détruit une partie des cultures céréalières de la commune, qui peut nous en dire plus ?

Un représentant des agriculteurs prend la parole :

-          Il s’agit d’un insecte transportant une maladie qui affecte particulièrement les plantes céréalières. Des copains de la région de la Beauce ont déjà recensé ce phénomène et ils ont réussi à le traiter d’après ce que le conseil régional de l’agriculture nous a dit. Nous allons donc les inviter pour qu’ils nous aident à traiter ce problème.

Un délégué à la gestion de la production demande :

-          Quelle incidence cela aura sur les prochaines récoltes ?

-          La moitié de la production sera inutilisable si on n’agit pas rapidement.

-          Ah quand même !

-          Ne nous inquiétons pas chers amis, répond Denis, les coopératives alimentaires de la région ont des stocks pour pallier au manque.

-          On va encore nous reprocher, nous conseil domératois, de puiser dans les stocks !

Mon papi intervient :

-          C’est qui on ? Qui peut reprocher quoi que ce soit ? Les stocks des coopératives servent à tout le monde. Ils ont été mis en place justement pour des situations comme celle que nous connaissons. Donc si quelqu’un a un souci avec ça qu’il vienne me voir et on va discutailler ! Tout le monde produit pour tout le monde désormais. Les stocks sont à la disposition des conseils.

-          Et si un jour les stocks sont vides ?

-          T’es né de la dernière pluie mon gars ! Même si cette situation devait arriver, nous avons d’autres stocks à l’échelle nationale et internationale. Tu crois que les anciens n’ont pas tiré de leçon de l’ère capitaliste ou quoi ?

-          Ne nous énervons pas, répond Denis. Merci pour tes mises au clair Henri. Les agriculteurs associés vont faire ce qu’il faut, je n’en doute pas. Continuons l’ordre du jour : la nouvelle station d’épuration a été mise en marche hier matin…

 

Je suis allé attendre mon papi et ma mère dehors. Le soleil descend lentement vers l’ouest. La ville est calme. Deux personnes jouent au tennis sur les cours à côté du centre municipal. Quelques jeunes se sont réunis sur les marches du centre, ils discutent et fument des cigarettes. Je pense à la rentrée qui arrive à grand pas et je me remémore avec nostalgie les vacances. Le directeur de l’école de musique sort à ce moment-là et me demande :

-          Salut Rémi, qu’est-ce que tu fais là ?

-          J’étais venu accompagner mon papi et ma mère au conseil communal mais ça m’ennuie, ça dure longtemps et mon papi s’énerve souvent.

-          Ah oui, Henri a un sacré caractère, il se laisse pas faire et il est toujours aussi combatif malgré son âge. C’est un exemple de lutte pour nous tous, tu sais. Et même s’il s’énerve c’est pour faire avancer les choses.

-          Oui je sais, mais pourquoi les gens passent autant de temps à discuter ?

-          La démocratie directe implique la libre discussion. Nous devons écouter les points de vue des autres et les discuter. Les problèmes sont gérés et résolus ensemble et c’est très important. Tu comprends ?

-          Oui… un peu.

-          Il fut un temps, que tu n’as pas connu, heureusement, où nous n’avions aucune emprise sur nos vies, sur la gestion de la communauté. Une minorité décidait tout pour leurs intérêts particuliers. Aujourd’hui chacun doit faire l’effort de s’impliquer et de participer à la collectivité dans le bien de tous. C’est le principe même de vivre en société. Enfin bref, tes parents pourront t’expliquer ça mieux que moi. Tu continues la musique cette année ?

-          Oui biensûr, c’est toujours Frank qui donnent les cours de batterie du samedi ?

-          Oui, il vous attend tous avec impatience. Et révise un peu le solfège, vous les batteurs vous avez tendance à négliger les notes ! Allez bonne soirée.

-          Au revoir bonne soirée.







Premier album de Nodja

Par Partigiano :: 09/11/2010 à 8:58 :: Musique






A écouter de toute urgence, l'album de Nodja "Okay Bambino" en téléchargement gratuit sur son myspace :


http://www.myspace.com/nodjahh



Du son frais dans tes oreilles. Un album qui s'écoute d'une traite du début à la fin. Il y a quelques temps, je pensais que le rap était mort. Le rap qui me faisait vibrer par la recherche du sample juste et des paroles travaillées. Et j'ai rencontré Nodja. Et j'ai retrouvé cette ambiance hip-hop avec laquelle j'ai grandi.









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