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Partigiano Le blog en lien avec les militants révolutionnaires. Des textes, des photos et des articles de Remito sur notre monde, sur la musique, sur la politique, sur l'art, sur les livres...

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Discussion sur le droit de vote et la révolution

Par Partigiano :: 26/04/2010 à 7:54 :: Actualité

 

NICK : et la palme de la Région la plus facho revient à ... ... ... la région PACA !!!! Avec 20,29%

 

REMITO : avec plus de 50% d'abstention ça ne représente rien.

 

NICK : c'est pas faux, cette élection n'a pas déchainé les foules...mais perso ça me fait tjrs flipper de voir des chiffres pareils, même si là-bas c'était JMLP himself, en chair et en graisse, qui faisait sont baroud d'honneur...

 

BOBBY : je ne suis pas d'accord, peu importe les abstentions car finalement ça montre l'état d'esprit de ceux pour qui la politique a un sens et qui s'impliquent un minimum pour l'avenir commun. Remito que penses-tu des abstentionnistes? Crois-tu qu'ils préfèreraient une dictature ou que c’est juste des grosses flemmes?

 

REMITO : Les abstentionnistes ne sont pas que des gens qui se foutent de la politique, j'en suis la preuve, faudrait éviter les raccourcis et les a priori. Qui te dit qu’on n’est pas déjà dans une sorte de dictature ? S'impliquer dans la vie politique ce n'est pas que participer au spectacle électoral.

 

BOBBY : "une sorte de dictature" ça ne veut rien dire. C’est un glissement sémantique. On pourrait dire sorte de monarchie, sorte d'oligarchie. Et finalement toutes ces sortes de régime sont égales à une sorte de démocratie. Tu ne réponds pas à ma question que penses-tu des abstentionnistes. T'imagine 53% c'est une majorité absolue et ça ne change rien. A part donner des billes à ceux qui sont gênés par les résultats. L’abstention c’est du pain bénis pour le FN et le PS. Pour toi le droit de vote fait parti d'un show ? Si tu t'es abstenu par conviction j'aimerais comprendre.

 

REMITO : Le droit de vote dans un système inégalitaire est un ersatz de démocratie. Dans La Société du Spectacle, Guy Debord explique que le spectacle est le stade achevé du capitalisme. Le spectacle est l'appareil de propagande de l'emprise du capital sur nos vies et un rapport social entre des personnes médiatisé par des images. Faire de la publicité pour des élections, se déplacer pour aller voter, c'est aller à l'abattoir pour choisir son bourreau. C'est l'esclave qui va choisir son maitre.

 

BOBBY : d'accord mais à quoi ça avance de laisser les autres esclaves choisir ton maitre? Tout en sachant que parmi les candidats certains se mettent en opposition au système capitaliste (qui donc ne cadre plus avec la définition que tu me donnes d'une élection). Te sens-tu moins esclave lorsque tu ne choisis pas ton maitre. Je comprends la critique du système que je trouve même légitime. Ce que je ne comprends pas c'est comment, ne pas aller voter remet en cause ce système ou même comment cela peut faire avancer les choses ou les améliorer ? J’ai plus l'impression que ne pas aller voter conforte le système et ses maitres... car l'opposition dans l'abstention est invisible et inaudible d'un point de vue politique.

 

REMITO : Je ne considère pas l'abstention comme une opposition ou une remise en cause du système ou un moyen de faire avancer les choses. Je ne veux pas participer à ce processus avilissant tout simplement.

 

NICK : En effet, peut-être que ceux qui ne votent pas, qui ne participent pas à ces joutes démocratiques, caressent le fol espoir de rester, grâce à cela, en dehors de ce système, sorte de monarchie élective où le fait de voter pour monsieur gauche ou madame droite revient tout simplement à propulser à la tête d'une institution une sorte de charognard qui se nourri du pouvoir et qui n'en a rien à foutre de tous les trouffions que nous sommes !! Bon je sais je n'ai pas une haute opinion de nos politiques...

Sinon je voulais juste dire que les millions de fachos qui avaient voté pour JMLP en 2002 n'avaient pas mystérieusement disparu en 2007, ils avaient juste voté pour Sarko 1er...

Et puis 20% de 50%, désolé mais ça fait 10%, donc quand je me balade dans la rue, pour faire simple, 1 mec sur 10 que je croise est d'accord avec les idées de Le Pen... et ben je trouve juste ça relou !

 

REMITO : Si tu veux jouer avec les chiffres Nick, il faut être précis. Il y a exactement 2 223 760 personnes qui ont votées pour le FN hier sur 43 640 059 inscrits.

 

NICK : En effet, tu as raison Remito...donc si je compte bien :

- 53.6% d'abstention ça fait 46.4% de bulletins dans les urnes.

- 46.4% de 43 640 059 ça fait 20 248 987 bulletins exprimés.

- 2 223 760 sur 20 248 987 ça fait 10,98% de bulletins FN !!!

 

BOBBY : on a le système que l'on mérite en France. Et plus encore quand je te lis, quand tu dis « Je ne veux pas participer à ce processus avilissant tout simplement ». Ca me fait penser à "c'est pas moi, c'est les autres !" ou en tout cas le résultat est le même.

 

REMITO : non tu n'as pas compris ce que je voulais dire.

 

BOBBY : j'espère ...  mais le résultat est le même. C’est laisser faire tout simplement ... encore y aurai des moyens sérieux de contestation ou d'opposition ailleurs que dans le vote mais tout le monde s'en bat les couilles.

 

REMITO : Et toi est-ce que tu votes à chaque élection ? Qu'est-ce que ça t'apporte le droit de vote ?

 

BOBBY : je vote en effet à chaque élection sauf certain référendum que je trouve déplacé ou empêchement et encore j'ai usé de la procuration. Le droit de vote ne m'apporte pas grand chose si ce n'est d'assumer un devoir en tant que citoyen. En fait je crois sincèrement que si tous les gens un temps soit peu concerné par le sort du pays et surtout des gens qui y vivent votaient, nous ne serions pas dans la situation de mascarade que tu décris.

 

REMITO : Ok je comprends un peu mieux ta façon de voir les choses. En fait je ne me considère pas comme un citoyen. C'est une notion bourgeoise de la structure de la société qui oublie volontairement les antagonismes de classes.

Je me considère comme un prolétaire. Celui qui est obligé de bosser pour survivre. Le sort du pays, je m'en balance car je suis internationaliste. Et la démocratie représentative, telle que nous la connaissons, ne me satisfait pas. J'ai horreur de donner une voix à quelqu'un ou à un parti qui peut ou va en abuser car il n'aura aucun compte à rendre à qui que ce soit.

Et à chaque élection c'est pareil, les gens qui font de leur vie la politique sortent des beaux discours pour se faire réélire. C'est leur gagne-pain. C'est stérile et très dangereux pour nos conditions de vies.

C'est pour ça qu'il faut se réapproprier la politique (au sens grec du terme). Il faudrait que les gens agissent directement dans la société. Mais pour en arriver là, il faut une révolution, un bouleversement de l'ordre établi. Car la bourgeoisie ne lâchera jamais son pouvoir pour notre bien commun.

 

BOBBY : alors je comprends ton point de vue moi je me sens citoyen en tant qu'homme au sein d'une communauté car je travaille, paye des impôts et participe a la vie de cette communauté... Je ne suis pas vraiment sûr que la citoyenneté soit une notion bourgeoise je trouve ça un peu tiré par les cheveux et je le redis si la grande masse des gens prenaient au sérieux leurs devoirs autant que leurs droits en tant que citoyen les choses seraient bien différentes.

Je suis d'accord que notre démocratie n'est qu'un simulacre mais cette révolution dont tu parles et que j'appelle de mes vœux n'est aujourd'hui qu'un fantasme. En effet pour qu'une révolution soit possible il ne suffit pas seulement de le vouloir mais que toutes les conditions soient réunis pour que cette révolution ait lieu et nous en sommes bien loin (trop de confort pour la masse de la populace, nous). Et en tant qu'esclave dont les chaines ne peuvent être rompues ne vaut-il pas mieux choisir son maitre ?

Si on veut être vraiment honnête loin de faire parti de l'oligarchie nous sommes une part de la bourgeoisie de ce pays mais surtout nous sommes la bourgeoisie à l'échelle du monde très clairement. Va dire que tu te sens prolétaire à un mec qui vie avec 10% de ce que tu gagnes, voir moins. On bouffe sur la tête des 2/3 de la planète quand même.

Je trouve que ta manière de voir est noble et juste mais décalée dans notre contexte. Car d'un point de vue international je ne suis pas sûr moi d'être prêt et capable de me mettre au niveau si l'on équilibrait la balance du monde et ce d’une manière égale sur la planète. Moi aussi je préfèrerais être un citoyen du monde dans une réelle démocratie mondiale. Mais je n'y crois que peu. En tout cas tu sais moi je vote souvent blanc et d'aucun dirai que ce n'est pas pire ou pas mieux que de ne pas voter. Mais la encore c'est problème de notre simulacre de démocratie car en votant blanc, théoriquement je m'exprime quand même.

 

REMITO : La citoyenneté est une notion bourgeoise. Elle est (ré) apparue au siècle des lumières et au cours de la Révolution Française. Cette dernière a érigé en classe dominante, en lieu et place de la noblesse féodale, la classe des bourgeois, littéralement les habitants des bourgs ; les commerçants et les artisans, les propriétaires des manufactures ainsi que les nouveaux riches qui ont pillés l’Amérique et  l’Afrique. Cette révolution a connu des épisodes violents accélérateurs de l’histoire, notamment en France de 1789 à 1800, mais le conflit de pouvoir entre la bourgeoisie montante et la noblesse issu du moyen-âge, s’est étalé sur une bonne moitié du 19ème siècle. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen est le manifeste bourgeois par excellence. Elle établit des règles politiques libérales propres à la pensée bourgeoise dans laquelle le capitalisme peut s’épanouir (Voir Adam Smith, Rousseau, Montesquieu, Diderot etc…).

Tu as raison, pour qu’une révolution soit possible il ne suffit pas de la vouloir, il faut que toutes les conditions soient réunies. Mais quelles conditions ? Une partie du prolétariat est clairement révolutionnaire. Mais c’est toujours une minorité. On peut attendre que les conditions sociales et économiques se dégradent mais on n’est pas sûr que la masse réagisse. De plus on ne peut pas compter sur les syndicats pour déclencher quoi que ce soit car ils participent à l’aménagement du capitalisme ; ni sur les soi-disant partis de gauche et d’extrême gauche qui ne font que trahir les travailleurs. Nous sommes dans une situation très difficile car la majorité de la populace n’a aucune éducation de lutte de classe, et les gens sont endormis dans leur confort télévisé ou consumériste. Il y a un vide politique, une absence de conscience prolétarienne. On est face à une tâche immense, celle de répandre l’idée et la volonté de révolution mondiale prolétarienne.

Maintenant il faut se mettre d’accord sur le vocabulaire (perdu à tort) que j’emploie. La bourgeoisie est la classe dirigeante et possédante ; ce sont les politiques, les patrons, les actionnaires, les capitalistes en somme. Ceux qui possèdent les moyens de production et d’échanges, les médias et les télécommunications. Le prolétariat (la classe des prolétaires), c’est l’immense majorité de la population mondiale. Ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre. Ceux qui sont obligés de travailler pour manger car ils n’ont pas de rentes assurés. Si demain j’arrête de travailler je me retrouve à la rue. Un employé de bureau en Europe ou un ouvrier chinois sont des prolétaires, qui ont des niveaux de vies différents, mais dont la force de travail est exploitée par des capitalistes ou un Etat. Il dégage tous les deux de la plus-value qui finira dans la poche des patrons ou de l’Etat. Donc nous travailleurs européens, nous ne sommes pas la bourgeoisie de la planète comme tu dis. Nous avons un niveau de vie plus élevé que la majorité des prolétaires du monde car l’histoire de la lutte de classe a fait que c’est comme ça.

Tu dis : « je ne suis pas sur moi d'être prêt et capable de me mettre au niveau si l'on équilibrait la balance du monde et ce d’une manière égale sur la planète ». Le but du mouvement révolutionnaire prolétarien, depuis maintenant deux siècles, est d’établir une société juste et égale, une société communiste mondiale sans Etat ni classe. Rosa Luxemburg disait que c’est la prochaine étape historique de l’humanité ou sinon nous irons vers la barbarie. Le but n’est pas de faire une moyenne des niveaux de vies de la planète pour niveler, mais de créer une société libre dans laquelle le partage est le vecteur commun de la production et de la vie, et non la concurrence et le profit. Je parle à ce niveau là d’économie. Si on change la façon de vivre des hommes, les mentalités changeront aussi. De toute façon, il n’y a pas d’autres choix possible. Ce n’est pas une histoire de croyance, c’est une nécessité. Vu l’état catastrophique de la planète et des conditions de vies de beaucoup d’humains, il faut se battre pour un monde meilleur. Personnellement je n’ai pas envie d’avoir des enfants qui grandissent dans ce monde pourri, même si j’en voudrais sincèrement. C’est pourquoi je me bats avec mes maigres moyens et avec ceux qui le souhaitent pour l’abolition de ce système totalement injuste. Petit à petit, nous devenons une force mais ça prend du temps.

 

BOBBY : Quoi que tu en penses nous participons toi et moi à l'exploitation d'une part des prolétaires de la planète. C’est un fait par notre consommation et notre mode vie tout simplement. Je ne sais pas si c'est le mode vie qui fait la mentalité ou l'inverse. Car ta mentalité est différente de ton mode de vie et ce n'est pas le mode de vie imposé qui fait que tu adhères à la mentalité qui l'accompagne. C’est pas très clair mais j'espère que tu comprends... En fait je te trouve juste sur ton jugement de la société mais bien utopique sur les solutions pour changer cette société.

En fait tout en faisant parti intégrante de la communauté par ton travail et ton mode de vie, tu la condamnes dans le peu d'avantage (droit devoir et liberté) qu'elle peut avoir alors que tu jouis du confort et de la sécurité qu'elle te procure... tu dénigres le rôle du citoyen (le rôle théorique dans notre société) par de grandes théories. Et je le redis ces droits qui sont accompagnés des devoirs ou qui en découlent ou qui en sont la source ne sont tout simplement pas pris au sérieux par le grande masse de la population. Et c'est la qu'est le problème. Moi je n'ai pas peur des politiques mais c'est notre faute si les politiques n'ont plus peur du peuple.

En fait moi je pense que pour que cette révolution dont tu parles ait lieu et mette en place une société mondiale égalitaire, il manque une étape dans l'évolution de l'homme... nous somme bien trop guidé par nos instinct. La barbarie nous sommes dedans (d'un point de vue international) et ce n'est qu'à son paroxysme dans notre civilisation qu'un renouveau peut être envisageable. On ne peut pas repeindre les murs il faut les faire tomber et en rebâtir d'autres.... Dans le fond t’as raison sur une échelle de temps suffisamment longue mais aujourd'hui quels sont tes moyens d'action ?

 

REMITO : Je ne vis pas en dehors ou en marge du système. Ca semble très difficile à notre époque où le capitalisme a envahit toute la planète, où la marchandise et l’argent règnent en maître partout. Alors oui je participe au système à mon niveau car je ne suis justement qu’un prolétaire. Sans travailleurs le système ne fonctionne plus d’ailleurs. Si je ne vivais pas dans le système, je ne pourrais pas le connaître et l’analyser pour mieux l’abattre. Les quelques marginaux qui peuvent subsister dans ce monde sont déconnectés de la réalité et sont loin d’une volonté d’émancipation de l’humanité. Mon mode de vie est conditionné par l’environnement dans lequel j’évolue et ma façon de penser est le rejet de cet environnement. C’est paradoxal, c’est un conflit interne permanent, mais je dois faire parti des quelques personnes qui ne se soumettent pas facilement, d’un point de vue intellectuel, à la façon de penser dominante. Ca vient aussi de mon éducation.

Ce qui est utopique ce n’est pas d’essayer de trouver des idées nouvelles de vivre ensemble (ce qui manque cruellement à notre époque), mais de croire que ce système perdura encore longtemps. Chaque jour amène son lot de drame et de catastrophe dû à cette économie moribonde.

C’est vrai que les politiques n’ont plus peur du peuple. Ils se permettent de dire et de faire tout et n’importe quoi. Mais c’est encore une fois, nous, prolétaires conscients de la situation, qui devons nous regrouper et mener le combat. J’ai déjà pensé comme toi que l’espèce humaine n’était pas encore assez évoluée pour vouloir et vivre le communisme, qu’il manquait une étape comme tu dis. Je pense que cette étape c’est la révolution mondiale prolétarienne. Et si l’on veut emmener l’humanité vers cet objectif, il faut faire de la « propagande subversive ». Si moi qui suis un simple travailleur arrive à penser à ça, beaucoup de monde peut le faire aussi. Il nous manque des gros moyens de communications et des analyses précises mais claires pour être comprise par la majorité. Je ne sais pas combien de temps il faudra pour arriver à une société plus juste, peut-être qu’on y arrivera jamais mais il faut au moins essayer car le temps nous est compté.

Les moyens d’action peuvent être, selon moi : comme je l’ai dis plus haut propagande subversive (sur internet, sur les murs, à la radio, à la télé ?), sabotage de la production, regroupement en réseau des militants pour créer des groupes d’actions.

 

BOBBY : OK tu sais dans le fond je crois que l'on est d'accord. Ce n'est que sur certains points de détails de moyen ou de vocabulaire que nos points de vue divergent. Je constate malheureusement que seul la bourgeoisie prolétaire (j'invente ce terme pour nous qualifier) ou l'aristocratie prolétaire (prolétaire car oui nous sommes des travailleurs dépendants de leur travail mais issu d'une certaine bourgeoisie ou aristocratie car nous avons le luxe, le loisir et l'éducation pour nous pencher sur ces questions...) peuvent réellement éclairer la grande masse des prolétaires pour qui le chacun pour soit est aussi prédominant que pour nos dirigeants. D'ailleurs je crois bien que c'est à cette classe de la société que Marx s'adressai pour élever le reste.

C'est pourquoi j'ai beaucoup moins d'espoir que toi dans la révolte prolétaire que tu décris. J’ai vraiment le sentiment que cette classe de personne est terriblement réduite et plus encore en France dans notre société et aujourd'hui. Ce qui est marrant c'est de constater que c'est l'écologie qui arrive à fédérer les gens vers un mode vie plus égal d'un point de vue international (par manipulation peut être n'empêche que d'un point de vue individuel ça fonctionne).

Ne crois-tu pas qu'en parallèle de moyen subversif d'action que tu décris pour élever les conscience, prendre part à la politique qui se joue tous les jours et décide de nos vie n'est pas un moyen aussi d'élever les consciences. Je sais pertinemment que tu ne t'inscris pas dans une logique de pouvoir et pour moi ton vote compte justement plus encore. Pour moi ne pas voter lorsque l'on a une conscience aigue des réalités socio-économiques reviens à laisser la société se diriger vers le précipice, pour accélérer sa fin. J’imagine que c'est plus ou moins ta démarche. Et c'est là que je trouve ça dommage car en dépit de la triste réalité que tu décris sur la politique il reste des élus honnêtes travaillant pour le bien commun. Ils sont sans cesse écrasés par des intérêts économiques personnels etc... Mais ils ont tout de même le mérite d'essayer.

 

REMITO : Marx s’adressait principalement à la classe ouvrière industrielle car à son époque c’était la masse laborieuse la plus importante numériquement parlant. On peut se qualifier d’aristocratie ouvrière, c’est un terme souvent employé dans l’analyse marxiste. Le gros de la masse du prolétariat a évolué depuis le 19ème siècle, aujourd’hui la majorité des travailleurs européens sont dans des bureaux derrière un ordinateur. Les pays occidentaux ne font plus que du tertiaire, l’industrie se trouve désormais en Chine, Mexique, Inde etc… Les conditions de travail ont progressé pour beaucoup dans les pays « riches » mais l’exploitation est toujours effrénée grâce notamment à la modernisation des outils de production. De plus, la réussite personnelle a été érigée en modèle de gestion du personnel. Les collègues sont en concurrence avec les autres, même dans la fonction publique puisqu’on nous attribue une note chaque année avec un entretien personnalisé avec son supérieur hiérarchique. Cela engendre une atomisation du prolétariat. Les idées communistes émancipatrices ont été salies et détournées par Lénine, Staline, Mao et compagnie. Les prolétaires sont délaissés sans aucun but d’avenir si ce n’est leur petit confort individuel. Certains se raccrochent désormais à l’écologie car ils prennent conscience que nous sommes dépendants de la nature. La nature que ce système saccage. On pourrait faire une discussion sur comment et pourquoi le capitalisme tue l’environnement et du coup l’humanité. A ce propos beaucoup de socialos ont verdis leur discours pour grappiller des voix aux élections (je pense notamment à Cohn-Bendit, Lepage, Duflot etc…) et ainsi maintenir leur confort d’élus. Je ne peux pas prendre part à la politique telle qu’on la connait dans les médias, c'est-à-dire la politique institutionnelle, en parallèle de ce que je fais. Ca serait de la schizophrénie. Il n’y a rien à gagner ou à en tirer de fréquenter les élus et les politiques qu’ils soient honnêtes ou pas. Ils font marcher le système que je cherche à détruire. Je ne peux pas collaborer avec des ennemis de classe. La politique révolutionnaire du prolétariat doit venir des prolétaires eux-mêmes et forcément en dehors du cadre légal bourgeois.

 

 

La conclusion à suivre

 

 

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