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Partigiano Le blog en lien avec les militants révolutionnaires. Des textes, des photos et des articles de Remito sur notre monde, sur la musique, sur la politique, sur l'art, sur les livres...

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L'homicide volontaire

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 14:57 :: Musique

 

Si il existe un album de rap français à posséder dans sa discothèque, c'est celui-là.

Sorti en 1995 sur la label Assassin Productions, ce disque n'a pas pris une ride...!

 

Textes de Rockin'Squat avec deux featuring de Ekoué.

Musiques de Doctor L.

Production exécutive assurée par Maître Madj.

1984

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 14:51 :: Bouquins

 

 

 

Roman-phare de l'anti-totalitarisme, "1984" dépeint une société où l'histoire est constamment réécrite, où l'individu est nié et surveillé par le tout puissant Big brother. Orwell réussit le tour de force de proposer une synthèse des totalitarismes présents, passés et futurs, où chaque dérive est mentionnée. A lire pour que notre vigilance reste intacte.

 

 

Manifeste du Parti Communiste

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 14:45 :: Bouquins

 

Karl Marx et Friedrich Engels

 

" L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes. Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande et compagnon, en un mot oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la destruction des deux classes en lutte."

 

Publié pour la première fois en février 1848 à Londres, le Manifeste de Marx et Engels, à l'écriture si rigoureuse et tranchante, n'a rien perdu de sa vigueur critique ni de son intérêt philosophique.

 

 

 

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

 

 

 

 

Panthères Noires

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 14:41 :: Bouquins

 

Voilà un bon petit livre qui retrace l'expérience révolutionnaire du Black Panther Party for Self-defense.

 

 

«Si tu me tires dessus, je te tire dessus», annonce le Black Panther Party à la police d'Oakland en 1966. Inscrits dans l'histoire des mouvements d'émancipation noirs américains et partie prenante des luttes de libération des peuples opprimés, les Panthères noires passent de la théorie à l'action. Ils incarnent le réveil de l'homme noir face aux violences physiques et sociales qui l'accablent depuis des siècles. Ni intégrationnistes, ni séparatistes, leur objectif est la Révolution. Ils mettent en place des actions concrètes pour combattre la pauvreté et l'aliénation des populations noires des ghettos. Face à cet appel à renverser l'ordre établi, loin du folklore dans lequel on a voulu les enfermer, le gouvernement décide d'anéantir le Black Panther Party par tous les moyens nécessaires. Cette expérience révolutionnaire, souvent mal connue, reste un modèle pour les opprimés du monde entier.

 

 


Tom Van Eersel, journaliste et historien, a travaillé deux ans sur le Black Panther Party. De Paris à New York, il a rencontré d'anciens Panthères noires qui lui ont raconté leurs souvenirs et leurs engagements.

 

Table des matières :

 

Introduction

Sigles et abréviations

1_La montée de la contestation (1945-1966)

2_Les débuts du BPP (1966-1967)

3_Le succès du BPP effraie les autorités américaines (1967-1968)

4_Le pouvoir américain contre le BPP (1968-1973)

5_Le BPP de 1973 à aujourd'hui

Conclusion

Notes

Chronologie

Bibliographie

Filmographie

 




Pourquoi nous ne sommes pas racistes

Extrait de "A l'affût - Histoire du Parti des Panthères noires et de Huey Newton" par Bobby Seale, Collection Témoins Gallimard, 1972 (édition française)

« Le parti des Panthères noires n'est pas une organisation raciste noire, et cela à aucun point de vue. Nous connaissons bien les origines du racisme. Notre ministre de la Défense, Huey P. Newton, nous a appris à comprendre qu'il nous fallait nous opposer au racisme sous toutes ses formes. Le parti a conscience du fait que le racisme est ancré dans une grande partie de l'Amérique blanche, mais il sait aussi que les sectes embryonnaires qui prolifèrent à l'heure actuelle dans la communauté noire ont à leur base une philosophie raciste.
Le parti des Panthères noires ne se place pas au niveau vil et bas du Ku Klux Klan, des "chauvins blancs" ou des organisations de citoyens blancs, soi-disant patriotiques, qui haïssent les Noirs pour la couleur de leur peau, même si certaines de ces organisations proclament "Oh, nous ne haïssons pas les Noirs, la seule chose, c'est que nous ne les laisserons pas faire ceci, ni cela! " Ce n'est en fait que de la basse démagogie, masquant le vieux racisme qui fait un tabou de tout, et en particulier du corps. L'esprit des Noirs a été étouffé par leur environnement social, cet environnement décadent qu'ils ont subi quand ils étaient esclaves et qu'ils subissent encore depuis la soi-disant Proclamation d'émancipation. Les Noirs, les Bruns, les Chinois et les Viêt-namiens, font l'objet de surnoms péjoratifs tels que crasseux, nègres, et bien d'autres encore.
Ce que le parti des Panthères noires a fait en substance, c'est appeler à l'alliance et à la coalition tous les gens et toutes les organisations qui veulent combattre le pouvoir. C'est le pouvoir qui, par ses porcs et ses pourceaux, vole le peuple; l'élite avare et démagogue de la classe dirigeante qui agite les flics au-dessus de nos têtes, et qui les dirige de manière a maintenir son exploitation.
A l'époque de l'impérialisme capitaliste mondial, impérialisme qui se manifeste aussi contre toute sorte de gens ici même en Amérique, nous pensons qu'il est nécessaire en tant qu'êtres humains, de lutter contre les idées fausses actuelles telles que l'intégration.
Si les gens veulent s'intégrer - et je présume qu'ils y arriveront d'ici cinquante ou cent ans - c'est leur affaire. Mais pour l'instant, notre problème, c'est ce système de classe dirigeante qui perpétue le racisme et l'utilise comme moyen de maintenir son exploitation capitaliste. Elle utilise les Noirs, et en particulier ceux qui sortent de l'Université et sont issus de ce système d'élite, parce que ceux-ci ont tendance à tomber dans le racisme noir qui n'est pas différent de celui que le Ku Klux Klan où les groupes de citoyens blancs pratiquent, il est évident que combattre le feu par le feu a pour résultat un grand incendie. Le meilleur moyen de combattre le feu, c'est l'eau parce qu'elle éteint. L'eau, c'est ici la solidarité du peuple dans la défense de droit à s'opposer à un monstre vicieux. Ce qui est bon pour l'homme est bon pour nous. Ce qui est bon pour le système de la classe diricapitaliste ne peut pas être bon pour la masse.
Nous, le parti des Panthères noires, nous voyons les Noirs comme une nation à l'intérieur d'une nation, mais pas pour des raisons racistes. Nous le voyons comme une nécessité qui s'impose, si nous voulons progresser en tant qu'êtres humains et vivre sur cette terre en accord avec autres peuples.
Nous ne combattons pas le racisme par le racisme. Nous combattons le racisme par la solidarité. Nous ne combattons pas le capitalisme exploiteur par le capitalisme noir. Nous combattons le capitalisme par le socialisme. Nous ne combattons pas l'impérialisme par un impérialisme plus grand. Nous combattons l'impérialisme par l'internationalisme prolétarien. Ces principes sont essentiels dans le parti. Ils sont concrets, humains et nécessaires. Ils devraient être adoptés par les masses.
Nous n'utilisons et n'avons jamais utilisé nos armes pour pénétrer la communauté blanche et tirer sur des Blancs. Tout ce que nous faisons, c'est de nous défendre contre quiconque nous attaque sans raison et essaie de nous tuer lorsqu'on met en pratique notre programme, qu'il soit noir, bleu, vert ou rouge. Tout bien considéré, je pense qu'en dant nos actions, tout le monde peut voir que notre organisation pas une organisation raciste, mais un parti progressiste révolutionnaire. Ceux qui veulent semer la confusion dans la lutte en parlant de différences ethniques sont ceux qui maintiennent et facilitent l'exploitation des masses des pauvres Blancs, des pauvres Noirs, des Bruns, des Indiens rouges, des pauvres Chinois et Japonais et des travailleurs en général.
Le racisme et les différences ethniques permettent au pouvoir d'exploiter la masse des travailleurs de ce pays parce que c'est par là qu'il maintient son contrôle. Diviser le peuple pour régner sur lui, c'est l'objectif du pouvoir; c'est la classe dirigeante, une infime minorité constituée de quelques pourceaux et de rats avares et démagogues, contrôle et pourrit le gouvernement. La classe dirigeante avec ses chiens, ses laquais, ses lèche-bottes, ses "Toms", ses Noirs racistes et ses nationalistes culturels, - ils sont tous les chiens de garde de la classe dirigeante. Ce sont eux qui aident au maintien du pouvoir en perpétuant leurs attitudes racistes et en utilisant le racisme comme moyen de diviser le peuple. Mais c'est seulement la petite minorité qui constitue la classe dirigeante qui domine, exploite et opprime les travailleurs.
Nous faisons tous partie de la classe ouvrière, que nous travaillions ou non et notre unité doit se constituer sur la base des nécessités concrètes de la vie, la liberté et la recherche du bonheur, si ça signifie encore quelque chose pour quelqu'un. Pour que les problèmes qui existent puissent être résolus, cette unité doit être basée sur des choses concrètes comme la survie des gens, et leur droit à l'autodétermination. En résumé, il ne s'agit donc pas d'une lutte raciale et nous en ferons rapidement prendre conscience aux gens. Pour nous, il s'agit d'une lutte de classe entre la classe ouvrière prolétarienne qui regroupe la masse, et la minuscule minorité qu'est la classe dirigeante. Les membres de la classe ouvrière, quelle que soit leur couleur, doivent s'unir contre la classe dirigeante qui les opprime et les exploite. Et laissez-moi encore insister: Nous croyons que notre combat est une lutte de classe et non pas une lutte raciale. »




Présentation

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 13:04 :: Général

Bonjour à toutes et à tous,

 

bienvenue sur mon "blog" et bonne lecture...

 

toujours plus de textes, d'infos et de photos à venir...

 

 

Rémi

Socialisme ou barbarie

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 13:03 :: Textes divers

SOCIALISME OU BARBARIE

 

Socialisme : Le socialisme est un ensemble de courants, dont les premiers sont apparus au cours du XIXe siècle. Ils combattent l'individualisme ; défendent les notions d'égalité, d'égalitarisme et de solidarité. Il s'agit selon ses tenants de procéder à « l'abolition du gouvernement politique des hommes par d'autres hommes » et de « passer à une administration des choses par les hommes eux mêmes ». Le socialisme est ainsi un projet à la fois économique (collectivisme économique, autogestion, économie mixte), social (égalité), et politique (démocratie). Du mot latin socius (associé, compagnon), le mot socius désignait ceux qui vivent ou aiment vivre avec les autres. Il dérive du verbe 'sequi' : 'suivre'. Le socialisme se définit alors comme un système « où l'on met tout en commun »

 

 

Barbarie : n. f. XVe siècle. Emprunté du latin barbaria, barbaries désignant d'abord l'Italie pour les Grecs.

 1. État précédant la civilisation dans l'évolution de l'humanité ; état d'une civilisation que l'on tient pour inférieure. 2. Caractère rude et non policé. 3. Caractère grossier heurtant les usages, les règles esthétiques en vigueur. Barbarie de langage, de style.  4. Cruauté, férocité. Une barbarie aveugle, sanguinaire. Pousser la répression jusqu'à la barbarie. Un acte de barbarie. Par méton. Acte d'une cruauté inhumaine. Tant de barbaries ont fait de lui la terreur de son peuple.

 

 

A mesure que perdure le système économique capitaliste, progresse inévitablement la barbarie. Le 20ème siècle n’a pas connu un seul jour de paix. Les prolétaires s’entretuent pour des intérêts économiques et politiques qui ne sont pas les leurs. J’ai commencé à prendre conscience de cette barbarie quand j’ai vu pour la première fois des images de la guerre du Golfe en 1991 à la télévision durant le journal du soir. Ensuite j’ai vu, toujours à la télé, la famine en Somalie et au Sahel, le massacre des tchétchènes par l’armée russe, le massacre quotidien depuis 50 ans des palestiniens par l’Etat raciste israélien, l’attentat du gouvernement Bush du 11 septembre 2001 perpétré contre son propre peuple…

 

Si on reprend le fil de l’histoire, le 19ème siècle a vu le développement du capitalisme au niveau mondial et des forces productrices dans les pays colonisateurs. Une fois la planète et tous les marchés conquis, la première guerre mondiale éclate avec ses millions de prolétaires massacrés. Première crise de surproduction.[1]

S’en suit l’entre-deux guerres avec une période de reconstruction mais aussi de grave crise économique (1929) et d’écrasement de révolutions en Russie, Espagne, France et Italie pour ne citer qu’eux. Vient la deuxième guerre mondiale, suivie d’une mainmise des Etats-Unis sur l’Europe de l’Ouest et de l’URSS sur l’Europe de l’Est. Le monde est bipolarisé entre ces puissances impérialistes.

 

La guerre froide. C’est à cette époque qu’éclatent les guerres d’indépendances notamment au Viêt-Nam et en Algérie. Les deux blocs se partagent le monde économiquement et politiquement jusqu’à l’effondrement du bloc soviétique, rongé par la corruption et la bureaucratie. A partir de ce moment là, les Etats-Unis n’ont plus d’ennemi potentiel pour justifier leurs actions et leur énorme budget militaires. C’est ainsi qu’apparaît la guerre contre le terrorisme, qui est une guerre pour les ressources naturelles des pays producteur de pétrole. Ils assurent ainsi leur suprématie mondiale et perdurent tant bien que mal un système capitaliste agonisant.

 

Ce système n’est pas une fatalité comme les médias et la classe dominante voudraient nous le faire avaler. Ils nous parlent de crise pour nous imposer des réformes soi-disant indispensable. Et ils tronquent les chiffres du chômage pour se féliciter de leurs pseudo actions. La propagande médiatique défend les intérêts des bourgeois. Les armes[2] et la drogue[3] sont les derniers marchés « productifs » qui rapportent de la plue value nécessaire à la survie du système et qui en même temps détruisent la vie humaine et en premier lieu le prolétariat. Finalement le capitalisme s’autodétruit et se mord la queue. L’accumulation du capital et l’accroissement des inégalités entre les classes se creuse chaque jour un peu plus, emportant avec eux la barbarie la plus primaire.

 

Les nécessités historiques de la concurrence toujours plus acharnée du capital en quête de nouvelles régions d'accumulation dans le monde se transforment ainsi, pour le capital lui-même, en un champ d'accumulation privilégié. Le capital use toujours plus énergiquement du militarisme pour s'assimiler, par le moyen du colonialisme et de la politique mondiale, les moyens de production et les forces de travail des pays ou des couches non capitalistes.

 

Plus s'accroît la violence avec laquelle à l'intérieur et à l'extérieur le capital anéantit les couches non capitalistes et avilit les conditions d'existence de toutes les classes laborieuses, plus l'histoire quotidienne de l'accumulation dans le monde se transforme en une série de catastrophes et de convulsions, qui, se joignant aux crises économiques périodiques finiront par rendre impossible la continuation de l'accumulation et par dresser la classe ouvrière internationale contre la domination du capital avant même que celui-ci n'ait atteint économiquement les dernières limites objectives de son développement.

 

Rosa Luxemburg, l’accumulation du capital, 1913.

 

La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force.[4]

 

George Orwell nous a sûrement laissé un des meilleurs romans d’anticipation de notre époque. Quand j’ai lu ce livre, je me suis dit que finalement, on peut faire la comparaison aussi bien avec le régime stalinien en URSS, qu’avec le régime impérialiste des Etats-Unis. Les dirigeants utilisent les mêmes moyens pour faire accepter aux masses leurs politiques immorales.

 

Ils tronquent l’histoire pour oublier que leurs anciens ennemis sont désormais leurs alliés et ainsi de suite en fonction des conjonctures économiques. L’exemple le plus frappant est celui de l’Afghanistan. Les Etats-Unis ont financés les talibans pour combattre les soviétiques dans les années 1980. Et désormais, la guerre contre le terrorisme vise avant tout ces mêmes talibans, afin de piller le premier pays producteur de pavot au monde.

 

Ils réduisent le budget de l’éducation et augmentent celui de l’armement. Ils décident de réduire les programmes dans les écoles. Ils nous imposent des « socles communs de connaissances » dans les collèges avec le strict minimum à savoir : lire, écrire, compter et parler anglais. Ils formatent les enfants des prolétaires pour l’exploitation quotidienne. On n’a pas besoin de connaître l’histoire, ni la science ou l’art plastique. Ils ferment les écoles dans les villages et petites villes de France. Ils surchargent les classes au détriment de notre enseignement et des professeurs. Et en même temps, ils construisent des portes avions et autres chars d’assaut, pour les conflits qu’ils créent eux-mêmes en Afrique et au Proche-Orient. C’est la guerre permanente sur la planète.

 

« Le conditionnement est si parfait, tellement accepté, que certains attendent qu’on leur dise de penser. »[5]

 

Ils osent dire que la France a eu un rôle positif dans la colonisation. Ils suppriment des lits dans les hôpitaux au nom du pacte de stabilité imposé par l’Union Européenne. Ils donnent plus de pouvoir à la police. Ils réduisent le nombre d’inspecteur du travail déjà en sous-nombre pour que les patrons puissent tranquillement exploiter leurs salariés. Ils ont montés de toute pièce la Confédération Européenne des Syndicats pour imposer le corporatisme, pour que les syndicats deviennent les tampons entre le patronat et le prolétariat. Ils nous parlent de démocratie[6] mais aucun élu ne rend de compte au peuple et aucun n’a jamais été révoqué. Ils laissent en ruine nos immeubles et laissent circuler la drogue et les armes dans nos quartiers pour que les jeunes s’entretuent. Ils polluent la terre avec l’agriculture intensive et nous font bouffer de la merde.

 

Ils nous endorment avec leur programme télévisé abrutissant mais tellement regardé. Tous les jours je lave mon cerveau avec la télé. La propagande médiatique est sûrement la meilleure arme pour affaiblir l’esprit critique de chaque prolétaire. Pour imposer la réussite individuelle comme une marque de respect et de progrès. Pour imposer la consommation comme nécessaire et utile. Ils nous bombardent de foot, de religion et de télés réalités pour nous écarter de la vie politique. Comme si cette dernière devait être au-dessus de la masse, quelque chose d’intouchable et réservée à une élite.

 

Ce monde est insupportable pour des millions de personne. Ce monde capitaliste ne peut plus durer. Il détruit notre environnement et nos enfants. Vive la révolution prolétarienne mondiale !

 



[1] Crise de surproduction : perturbation profonde de l’équilibre entre la production et la consommation.

[2] Les plus gros vendeurs d’armes sont les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU : Russie, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Chine. Voir à ce sujet le film Lord of War.

[3] D'après l'Organisation Mondiale de la Santé, le trafic de drogue est, en dollars, le troisième commerce en importance dans le monde derrière le pétrole et l'alimentation, juste avant celui des armes et des médicaments. Les estimations du chiffre d'affaires étaient de 400 milliards de dollars par an en 1995.

[4] Extrait de « 1984 » de George Orwell

[5] IAM dans « libère mon imagination »

[6] Démocratie : système politique, forme de gouvernement dans lequel la souveraineté appartient au peuple.

MILITANT (chapitre 8)

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 12:35 :: Militant

8-CONCLUSION

 

Après une année de réflexions, il faut tirer des conclusions de cette expérience. Quand je suis rentré au parti, j’étais tellement motivé et inconscient que je pensais que j’adhérais à vie ou au moins jusqu’à la révolution. Mes illusions se sont évaporées et je pense avoir désormais un œil beaucoup plus critique sur tout. Le PT ne nous emmènera pas à l’émancipation des travailleurs car il n’est pas dirigé par des travailleurs, mais par une caste bien fermée qui tire les fils des cadres militants. Il faut donc trouver une solution à la crise de la direction révolutionnaire du prolétariat. Il faut aider le prolétariat à élever sa conscience révolutionnaire.

 

Militant :

1. Adj. Qui agit en combattant. Politique militante.

2. n. Adhérent actif d’un parti, d’une organisation. Les militants d’un parti. Dictionnaire Hachette 1992.

 

Voilà l’adjectif qu’on peut appliquer à une partie de ma vie. J’ai été militant au sein du Parti des Travailleurs car je pensais que c’était cette organisation qui me conviendrait le mieux. Mais je me suis trompé. L’erreur est humaine à ce qui parait… Après tout, j’en ressors avec plus d’expérience pour éviter de me faire baiser à l’avenir. Maintenant je ne vais pas m’amuser à essayer de « redresser » ce parti dans la bonne voie. Ce serait une sacrée perte de temps. Mais de quelle voie parle-t-on au juste ? Chacun a la sienne mais chacun voudrait imposer la sienne. Moi je parle de la révolution mondiale prolétarienne et rien d’autre. Le but à atteindre est le communisme. Point. Quels sont les moyens pour y arriver, ça reste à discuter. Mais je ne peux supporter qu’un parti qui se prétend « ouvrier », dont la moitié des militants se disent « trotskystes », appelle à « la reconquête de la démocratie ». De qui se moque-t-on camarade ?

 

Logiquement quand on se dit « trotskyste », on s’inspire du programme de transition de Léon Trotsky. On connaît l’histoire et les écrits majeurs du marxisme révolutionnaire. Enfin, on ne combat pas pour sauvegarder la démocratie « bourgeoise », ni pour une « assemblée constituante souveraine ». Logiquement, on devrait se battre pour la dictature du prolétariat, pour un gouvernement ouvrier et paysan et pour le pouvoir aux conseils ouvriers (ou soviets), non ? Ai-je tort ou raison ? En tout cas, beaucoup trop de militants du Parti des Travailleurs, me diront, après lecture, que je suis un gauchiste et retourneront dans leur troupeau de révolutionnaire en carton, en appliquant à la lettre toutes les sottises que peut inventer sa direction nationale. Pour faire court, le Parti des Travailleurs est un parti réformiste. Et le réformisme, est à mes yeux de jeune rebelle, le pire ennemi de notre classe ouvrière. Les trotskystes dirigeants qui construisent ce parti (dont la plupart sont issus du Parti Communiste Internationaliste) représentent la droite du mouvement ouvrier et sont complètement déconnecté de la réalité du prolétariat. Ils sont un obstacle et ce parti est un obstacle à la révolution. Le problème est qu’il n’y a plus de parti révolutionnaire dans ce monde.

 

Les textes qui suivent doivent servir à la discussion et sont des résumés de mes idées sur l’organisation du prolétariat dans la société capitaliste.

 

Pour un parti[1] révolutionnaire

Le but des années à venir pour le prolétariat conscient de la situation catastrophique mondiale est de construire le parti révolutionnaire qui prendra le pouvoir et instaurera le communisme international, organisera l’expropriation de la bourgeoisie capitaliste et de tous les oppresseurs détenant le pouvoir, la terre, les moyens de productions et les médias.

Le but du parti révolutionnaire sera de servir les intérêts immédiats du prolétariat. Sans jamais dévier de cet objectif. Abolir le salariat et le patronat. Abolir l’exploitation de l’homme par l’homme. Abolir la propriété privée des moyens de productions. Détruire toutes les institutions bourgeoises capitalistes. Détruire les Etats et les gouvernements bourgeois régis par leur pseudo démocratie, parlementaire, participative ou représentative. Instaurer la république des conseils ouvriers. Tout le pouvoir aux soviets.

 

L’organisation du parti révolutionnaire reste à définir. Il doit être international. Il doit être géré par les prolétaires eux-mêmes. Par les prolétaires conscients des enjeux futurs et du sort atroce réservé à nos enfants si rien n’est fait dans le sens de la révolution mondiale prolétarienne. Le parti ne doit compter que sur ses propres forces et ressources.

Il faut absolument éviter qu’une caste de bureaucrates se créée au sommet du parti. Il faut éviter les membres permanents qui prendront leurs sales petites habitudes au sein de l’organisation et finiront par ressembler aux petits-bourgeois sociaux-démocrates. En aucun cas une direction au dessus des militants ne doit imposer sa volonté. Il faut éviter de construire un parti de vieux, l’espoir renaissant se trouve dans la jeunesse.

Il faut une organisation fédérée présente dans chaque ville, village et entreprise, constituée en soviets ouvriers. Une organisation qui repose sur un programme révolutionnaire commun simple en dix points par exemple. Sur un projet de société servant les intérêts de la majorité donc du prolétariat.

Il faut que le parti soit suffisamment organisé pour défendre le prolétariat contre les chiens de garde des Etats qui sont la police et l’armée. A l’instar des Blacks Panthers, le parti révolutionnaire mondial doit s’armer pour l’autodéfense. Le parti révolutionnaire devra adopter une discipline de fer pour lutter contre la bourgeoisie, qui elle est largement opérationnelle pour contre-attaquer tout soulèvement prolétarien.

 

A l’heure actuelle du capitalisme impérialiste et pourrissant, les organisations du prolétariat qui s’affirment révolutionnaires ne sont que des traîtres alter mondialistes ou des réformistes masqués collaborant en bon valet de la bourgeoisie. Le but du parti révolutionnaire n’est pas de s’allier et de créer des fronts uniques sur des revendications précises avec ce genre d’organisation de « gauche » et « d’extrême gauche ». Ces organisations corrompues doivent être traitées en ennemi.

Il y a dans tous les pays des milliers de jeunes inorganisés politiquement mais conscient de la situation dramatique de notre planète. Ces jeunes pour la plupart n’attendent qu’une chose : pouvoir passer à l’action révolutionnaire. Le parti doit être un outil pour cette jeunesse en lutte. Un outil au service du prolétariat. Un outil de contre-pouvoir face aux médias bourgeois. Le parti doit être un lieu d’échanges et d’idées au sein de ses soviets ouvriers. Il doit être un lieu de formation à la révolution permanente.

 

Le parti doit s’inspirer et tirer des leçons de l’histoire du mouvement ouvrier pour avancer dans la voie de la révolution mondiale prolétarienne. Les militants doivent s’informer et se cultiver, échanger les informations entre eux, afin de ne pas répandre de fausses vérités sur notre histoire. Le parti doit étudier toutes les composantes du mouvement ouvrier, aussi bien le marxisme que l’anarchisme, et en faire la synthèse. Un des problèmes de la jeunesse, aujourd’hui, est le fait qu’elle ne se raccroche à aucune idéologie directrice. Le mot communisme possède une connotation totalitaire du fait de l’histoire de la Russie ou de la Chine. Ces erreurs de langage, dû au novlangue créé par la classe bourgeoise capitaliste et par les sociaux-démocrates, doivent être rectifiées au sein du parti et répandu dans la population. Il faut relire les textes fondamentaux du marxisme que sont « Le manifeste du Parti Communiste » et « Le Capital ». Il faut relire aussi « Le programme de Transition ». Le communisme mondial est notre but ultime à atteindre pour l’époque.

 

La construction d’un parti révolutionnaire pour notre époque n’est pas chose facile. Il faut bien s’en rendre compte et ne pas se décourager face aux épreuves que cette tâche incombe. Il existe beaucoup d’organisations politiques se réclamant de gauche et du peuple, et les prolétaires ne savent pas forcément auxquelles croire et accorder leur confiance. C’est pourquoi le parti ne peut être une élite se permettant de prêcher la bonne parole au prolétariat en bon guide suprême. Laissons cela aux curés de toute sorte. C’est donc pourquoi le parti ne peut participer aux spectacles électoraux et médiatiques auxquels les autres s’adonnent. Les militants du parti doivent se confondre avec la masse prolétarienne : « ils sont issus du peuple et le peuple les connaît ».

 

Sincèrement

Là d’où je viens, là où j’ai grandi, on n’en a rien à foutre de la République avec un grand R et de la Nation avec un grand N. Nos parents sont tous des travailleurs, des prolétaires, des gens de la classe ouvrière qu’ils soient à l’usine ou fonctionnaire. Avec mes potes, on a bien compris que le système dans lequel nous survivons n’est pas bon pour nous et nos familles. On a bien compris que les riches nous exploitent et n’ont pas les mêmes intérêts que notre classe sociale.

 

On n’en a rien à foutre de la République et de la Nation. On a défini notre but très tôt durant l’adolescence. Abattre ce système de merde pour construire une nouvelle société. Une société sans argent car on a vu que l’argent est la source des problèmes dans la rue et à la maison. Quand deux frères se tapent dehors pour deux cent francs. Quand les factures pleuvent dans la boite aux lettres. Une société sans classe sociale. On ne veut plus baver sur les riches car nous aussi on veut une maison originale et non avoir la même maison que mille de tes voisins dans une cité dortoir, ou vivre dans une cage à lapins avec des poules et des rats sur quinze étages.

 

La démocratie, on ne la connaît pas. On en a entendu parler à l’école mais en dehors on ne l’a jamais pratiquée. Dans ce système de merde, la démocratie est un terme utilisé par la bourgeoisie pour nous faire croire qu’on participe à la vie de ce pays à travers les élections, et ça depuis deux cent ans.

 

Si je taggais « nique l’état » sur les murs, c’est pas pour faire joli. C’est pas pour remplacer l’état bourgeois par un autre état quel qu’il soit. L’état est notre ennemi. La bourgeoisie est notre ennemi. Le capitalisme est notre ennemi. Que ce soit bien clair. Notre programme c’est la libération de l’humanité, et en premier lieu du prolétariat, de l’exploitation capitaliste. Ca ne peut plus durer. Et l’Etat est le fruit de cette exploitation pour nous contenir et nous réprimer à travers la police. Notre but est donc une société sans Etat, ni classe sociale. Une société communiste.

 

A force de lecture et de rencontre, j’ai compris que l’idéal communiste était inconsciemment inscrit dans nos têtes de fils de prolos. Ta façon de penser dépend de ta condition, de ton environnement et de ton éducation. Notre condition, c’est d’être des prolétaires depuis des générations. Notre environnement, c’est la classe ouvrière et les quartiers populaires. Notre éducation, c’est nos parents syndiqués et la rue.

 

Il n’y pas d’autres alternatives possibles, socialisme ou barbarie comme disait l’autre, on y revient toujours.

 

Socialisme ou barbarie[2]

Au moment où je finis d’écrire ce long texte, nous venons de passer en 2007, et la campagne médiatique pour l’élection présidentielle s’intensifie de jour en jour. Personnellement je ne voterais pas. Je connais beaucoup de gens qui ne savent pas à qui donner leur voie alors je leur répond : « dans le doute, on s’abstient ! » Mais ça ne passe pas forcément bien. Quoi qu’il en soit, le spectacle dans lequel se vautrent les candidats de la porcherie bourgeoise gauchère ou droitière me donne envie, une fois encore, de tout cramer.

 

En tout cas, à tous ceux qui mettent leur espoir de changement dans une élection en démocratie bourgeoise, je leur dit de se retirer le balai qu’ils ont dans le cul. Plus le temps passe plus la destruction du capitalisme s’approche inévitablement. Cela me fait penser à tout ce qui se passe en Amérique Latine et me conforte dans l’espoir d’une société juste et égale pour nos enfants qui n’ont pas choisi ce monde pourri.

 

Je voudrais rajouter aussi, qu’il ne faut pas sous-estimer le rôle négatif ou positif qu’a pu avoir les prises de positions du PT ces dernières années sur le mouvement ouvrier. Les Trotskystes de ce parti se prétendent l’avant-garde du prolétariat mais depuis plus de 20 ans déjà, ils n’ont pas su organiser plus de 6000 adhérents sur toute la France, ni avoir un impact important au sein de ce même prolétariat. On peut donc se poser la question : pourquoi ?

 

La direction du PT se sert du prétexte qu’ils sont censurés par les médias bourgeois pour jouer les Calimero et ne cherchent pas à nouer des contacts avec les médias indépendants, comme j’avais pu le faire. La possibilité de se faire connaître existe et il faut la saisir mais apparemment les dirigeants de ce parti ne veulent pas de cette idée. Ils restent donc une sorte de groupuscule lié à certaines autres organisations et cela leur suffit pour continuer leur routine quotidienne. Tous les ans, ils ressortent les mêmes genres de campagnes politiques sous des noms différents, ils occupent les militants en répétant « rupture avec Maastricht » à longueur de temps.

 

La barbarie est plus proche de nous qu’on pourrait le croire, et les organisations comme le PT ont une part de responsabilités dans le fait que la condition du prolétariat ne change pas et va en se dégradant. Quand on voit la direction du PT se cacher derrière le soutien à la candidature de Schivardi, le maire de Mailhac anciennement au PS, pour l’élection présidentielle, on comprend bien que le PT est passé du côté du soutien indirect à la bourgeoisie.

 

Citation de Schivardi extraite de son site Internet : « Vous avez pu lire et écouter les médias qui ont annoncé ma candidature à l’élection présidentielle de 2007. Cette candidature n’est pas, comme les médias essaient de le faire croire, une candidature politique de Parti ou une candidature présentée par l’extrême gauche ! C’est simplement une candidature voulue par de nombreux Maires de notre Pays. »

C’est une candidature ne se réclamant d’aucun parti mais une candidature voulue par quelques maires (dont on ne connaît pas la tendance politique). Question : est-ce que les maires représentent la volonté du prolétariat ?



[1] J’utilise le mot « parti » même si je sais qu’il va faire grincer les dents des camarades anarchistes. J’aurais pu utiliser le terme « organisation », cela ne change pas le contenu et la finalité de ce texte.

[2] Il est à noter que j’emploie les mots « socialisme » et « communisme » comme des synonymes dans le cas où je parle du but émancipateur du prolétariat.

MILITANT (chapitre 7)

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 12:35 :: Militant

7-DEMISSION

 

Lettre et réponses

J’ai envoyé ma démission du CCI par mail à mes camarades, le mardi 3 janvier 2006, j’avais écrit :

 

Chers camarades,

 

Je voulais vous écrire avant mais je n’ai pas eu accès au net durant ces vacances…après réflexions, j’ai pris la décision de ne pas continuer de militer au sein du Courant Communiste Internationaliste du Parti des Travailleurs. Je ne me sens vraiment plus à ma place dans ce courant. En un an de militantisme parmis vous, j’ai beaucoup appris d’un point de vue théorique et aussi pratique et j’ai rencontré des camarades vraiment sincères et dévoués. J’ai aussi été déçu par certaines positions ou réactions de quelques uns jeunes ou moins jeunes mais ce n’est pas ce qui me fait partir, et je dirais même que c’est « normal », je ne peux pas m’entendre avec tous. Je continue JR et le PT, en sachant que le combat dans la jeunesse est primordial.

                                                          

C

 

A ce moment-là, je ne voulais pas tout arrêter d’un coup et je pensais pouvoir continuer de militer au sein de JR et du PT. Mais je me suis voilé la face en faisant cela. J’ai eu des réponses écrites de G et M, et ils souhaitaient avoir une discussion avec moi. R m’avait contacté par téléphone et nous avons discuté aussi.

 

A chaque discussion, je voyais les mêmes réactions et je me demandais si après plusieurs années dans le même parti, les militants ne devenaient pas conditionnés ou formatés pour répéter les mêmes phrases. Outre le fait que seul M m’a dit en face clairement que j’étais un gauchiste, j’ai eu droit à « il n’y a pas d’autre issue ! » et à « que proposes-tu de mieux ? ».

 

Conséquences

Les mois qui ont suivis ma démission ont été une période de remise en cause de mon engagement politique, et je me suis rendu compte que tout était lié au CCI. A partir de ce moment-là, petit à petit, je n’ai plus eu de nouvelles du comité éditorial du journal jeune. On ne me demandait plus de venir aux réunions, ni d’envoyer des articles. Je continuais pourtant JR tant bien que mal mais forcément, je n’avais plus les orientations politiques du CCI à mettre en œuvre. J’étais donc mis de côté en quelque sorte.

J’ai cotisé au PT et à JR jusqu’au mois de juin et j’ai vraiment tout arrêté ensuite, même l’abonnement à IO. Je suis parti en vacances au mois d’août et j’ai pris du recul face à mon « désengagement politique ». En fait, j’ai noué d’autres liens et contacts avec d’autres militants.

 

Raisons

A la fin du mois de juin j’ai écrit à différents contacts militants expliquant les raisons pour lesquelles j’avais décidé de quitter le CCI-PT :

 

Premièrement, il y a d'abord les rapports humains, j'avais vraiment du mal à supporter et à m'entendre avec certains camarades, t'as beau être dans un parti pour militer avant tout et combattre pour la même cause il n'en reste pas moins que nous sommes des hommes avec un coeur (ou pas) et le côté humain n'existe pas dans une telle organisation, l'esprit de camaraderie et de fraternité n'est pas très présent non plus...

 

deuxièmement, ce qui s'appelle le centralisme démocratique...en entrant dans le parti et dans le cci on m'a vanté les bienfaits du centralisme démocratique et je me suis vite rendu compte de ses limites...pour résumé si tu constates un problème ou si tu veux défendre un autre point de vue que la majorité, tu peux faire remonter l'info jusqu'au bureau national en passant par la fédération etc. mais la réponse à tes questions elle ne redescend que très rarement et dans la plupart des cas si t'es pas d'accord avec la direction on te dit que tu es un gauchiste ou un petit-bourgeois, en clair trop de militants ont une confiance aveugle en cette caste qu'est la direction nationale du parti...

 

troisièmement, je ne peux pas soutenir une organisation qui appelle à voter SPD en Allemagne, je ne peux pas soutenir un parti réformiste comme le PT pour comprendre il suffit de lire la plate forme d'action politique du parti, je ne veux pas d'une assemblée constituante souveraine... je me bat pour la révolution prolétarienne, on pourrait me dire que je suis trop pressé parce que je voudrais la révolution tout de suite mais je vois mal comment on peut passer d'une assemblée constituante à une société communiste au sens Marxiste du terme, c'est un débat que j'ai déjà eu avec des camarades et on m'a traité de gauchiste tout simplement...

Le pire a été la campagne pour la victoire du vote non le 29 mai, dans informations ouvrières on pouvait lire des trucs du genre "voter non c'est la reconquête de la démocratie, c'est un coup d'arrêt contre la politique de l'union européenne". No comment - ça n'a rien changé, c'était juste pour donner des illusions aux bons moutons que nous sommes... je l'avais déjà dit à l'époque mais ça passait pas...

 

quatrièmement, dans la jeunesse, je ne veux jeter la pierre à personne mais beaucoup de jeunes militants de Jeunesse Révolution sont au cci et donc répète les mêmes méthodes et les mêmes principes que les vieux du cci...c'est dommage car c'est un sacré cadre pour construire dans la jeunesse... je faisais parti du comité éditorial du journal et le jour où j'ai quitté le cci je n'ai plus eu de nouvelles des responsables... j'avais écrit un article une fois sur le livre de ?? et on me l'avait refusé car trop anarchiste !

 

Pour finir, je dirais : je n'ai pas de solutions miracles pour que ça aille mieux, je ne regarde pas de haut et je ne suis pas meilleur que la direction du PT et ses cadres, mon expérience dans cette organisation m'a apporté et m'a fait comprendre beaucoup de choses, dans l'ensemble j'en ressort avec un bilan aussi bien positif que négatif même si j'ai été quand même sacrément déçu à un moment, maintenant ça va mieux...

 

Chère camarade

Au mois de septembre, j’ai envoyé ce mail à mon ancienne camarade de JR, B, qui fait le point sur mon engagement politique :

 

Le 20 septembre,

 

Chère camarade,

 

J’espère que ça va bien depuis hier. Je t'écris ce mail pour clarifier quelques trucs quand à mon engagement politique. J'ai passé beaucoup de temps à réfléchir cette année sur ça et sur mon expérience au parti, que je suis en train de mettre par écrit d'ailleurs. A un moment j'avoue j'étais paumé, je ne savais plus quoi faire mais j'ai pris du recul et les vacances m'ont fait du bien. Donc je vais essayer d'être clair dans mes positions :

 

Je n'ai vraiment plus envie de militer au CCI ni au PT. Pour faire simple, le CCI dirige le PT. Les membres du bureau national du PT sont quasiment les mêmes que la direction du CCI. On nous dit qu'il y a quatre courants au PT mais si tu te rappelles bien, j'avais demandé plusieurs fois en UB des nouvelles des autres courants, je ne n'avais pas eu de réponse. Sont-ils fictifs ? Non il y a bien des gens qui militent dans les autres courants mais qui sont ultra-minoritaires. De plus j'ai appris récemment que ces quatre courants ont été auto-proclamés par la direction du PCI quand ce dernier a créé le PT (en passant par le MPPT) en 1991 pour accepter des militants qui ont des nuances avec le CCI.

 

Je ne sais pas si tu as lu la plate forme d'action politique du PT, mais elle est on ne peut plus réformiste. Pas une seule fois il est question de la révolution pour atteindre le socialisme. Il parle de mouvement de millions de personne mais pas de révolution prolétarienne. Et ça me gène énormément. Donc en fait le CCI construit un parti ouvrier réformiste mais le CCI s'affirme révolutionnaire et pour la dictature du prolétariat ? On me dira c'est dans un cadre de front unique avec toutes les composantes du mouvement ouvrier que le PT existe. Bien. En fait le PT récupère les déçus du PCF, du PS et de la CNT dans les autres courants pour gonfler ses rangs ? Je ne veux pas construire un parti ouvrier bourgeois, il existe déjà. Mon but en rentrant au parti était de construire une organisation révolutionnaire.

 

Finalement les militants du CCI sont éparpillés et cotisent dans pas mal de cadre: CCI-IVème Internationale, PT, JR pour les jeunes, Entente Internationale, CVSE pour les étudiants, abos IO, La Vérité... Je pense sincèrement que c'est de l'éparpillement et que ça fatigue les militants les plus sincères plus qu'autre chose. En y réfléchissant j'aurais préféré construire un Parti Communiste Internationaliste (avec différentes tendances et son organisation de jeunesse) plutôt qu'un CCI.

 

Pour ce qui est des positions politiques adoptées par le CCI, voici mes divergences: je ne veux pas d’une assemblé constituante et d’une reconquête de la démocratie bourgeoise instauré en 1789. Comme écrivait Trotsky : « Pour ce qui est du capitalisme avancé, il a non seulement dépassé depuis longtemps les anciennes formes de propriété mais aussi l'Etat national et par conséquent aussi la démocratie bourgeoise. C'est en cela précisément que consiste la crise fondamentale de la civilisation contemporaine. La démocratie impérialiste pourrit et se désagrège. Le programme de la "défense de la démocratie" pour les pays avancés est un programme de réaction. La seule tâche progressiste est ici la préparation de la révolution socialiste internationale. Son but est de briser les cadres du vieil Etat national et d'édifier la société selon les conditions géographiques et techniques, sans douanes ni impôts médiévaux. Cela ne signifie pas, encore une fois, une attitude d'indifférence envers les méthodes politiques actuelles de l'impérialisme : dans tous les cas où les forces contre-révolutionnaires tentent de revenir, de l'Etat "démocratique" pourrissant, ou arriéré, vers le particularisme provincial, vers la monarchie, la dictature militaire, le fascisme, le prolétariat révolutionnaire, sans prendre sur lui la moindre responsabilité pour la "défense de la démocratie" (elle n'est pas défendable) opposera à ces forces contre-révolutionnaires une résistance armée, pour, en cas de succès, diriger son offensive contre la "démocratie" impérialiste. »

Je me bats pour la révolution mondiale prolétarienne, pour être clair. Donc quand j’entends dans les rangs du CCI qu’il faut construire des comités de reconquête des droits et de la démocratie, je dis non. Je dis qu’il faut créer des « soviets » partout où c’est possible qui convergent en un contre pouvoir révolutionnaire et non en une assemblée constituante dans laquelle les bourgeois pourraient être élu !

 

J’en ai déjà discuté avec M, et il m’a dit que j’étais un gauchiste et que je voulais aller trop vite. Ok c’est son avis. Mais le problème c’est que quand tu n’est pas d’accord avec ce qui dit la direction du CCI, on te dit que tu un gauchiste ou un petit-bourgeois. C’est quand même le comble pour un mec comme moi…

Rappelle-toi la contribution qu’on avait écrite pour notre UB en juin. Elle disait ceci :

1- Le 26 juin aura lieu une rencontre nationale des groupes Jeunesse Révolution. Ce sera un point d’appui sérieux pour la construction d’une organisation révolutionnaire de la jeunesse.

Pour l’instant, la direction de JR est assurée par la Commission Jeune du CCI. Aussi nous pensons qu’il devient nécessaire dans cette étape de construction, que se constitue une direction centralisée élue par les militants eux-mêmes.

Dans ce cas, l’existence de la Commission Jeune ne doit pas se substituer à la direction de JR, tout comme l’UB ne se substitue pas à l’assemblée du PT par exemple. Tous les membres de JR ne sont pas forcément TK, donc les décisions prises par la Commission Jeune doivent jouer un rôle d’impulsion et de discussion au sein des groupes JR.

Sinon, il faut dire clairement que JR est l’organisation des jeunes du CCI et, dans ce cas, la Commission Jeune peut jouer le rôle de direction.

2- JR doit reposer sur une structure organisée pour construire dans la jeunesse. Par conséquent la direction ne doit pas reposer sur quelques personnes. Il faut une répartition des tâches, et pour cela il faut un bureau national.

Proposition de schéma structurel pour JR à discuter:

- constitution d’un bureau national qui propose des directions politiques à toutes les sections, comprenant au minimum un trésorier et des portes-paroles lycéen, étudiant et jeune travailleur

(ouverture d’un compte d’association).

- désignation d’un comité éditorial qui assure la publication régulière du journal comprenant au minimum un rédacteur en chef, des correspondants en province et en région parisienne, un groupe de mise en page et un trésorier (obtention d’un code ISSN).

- chaque section doit compter un secrétaire et un trésorier. Les sections se réunissent régulièrement pour apprécier la situation politique avec l’aide du bureau national et pour préparer des plans d’actions locaux.

Nous n’avons jamais eu de réponse venant d’en haut. A l’époque j’ai laissé passer…Tout comme le code ISSN du journal… JR s’est doté d’un comité éditorial et d’un comité de liaison. Et j’ai été content de cette avancée dans la construction. Mais JR est toujours dirigé par la commission jeune du CCI. Donc j’en reviens encore une fois à mon éparpillement des militants…et aux positions que défendent les jeunes trotskystes au sein de JR.

 

J’aimerais sincèrement construire une organisation de jeunes révolutionnaires avec toi et avec l’aide de camarades comme R qui savent écouter et comprendre. Par contre, je n’ai pas envie de rendre de compte à des militants comme M, ou P pour les jeunes. Disons que je veux bien continuer mais je sais déjà ce qui va se passer et comment ça se passe. Je l’ai compris le jour où j’ai quitté le CCI et que j’ai été écarté du comité éditorial de JR et que je n’ai plus eu de nouvelles d’eux… On pourra dire ce qu’on veut mais au parti j’ai passé plus de temps à me battre contre des camarades que contre la bourgeoisie.

 

Voilà pour l’essentiel, j’espère que j’ai été clair et que tu me répondras. Tu peux transmettre à qui tu veux, ça ne me dérange pas. Il y aurait d’autres choses à discuter mais c’est déjà assez long comme ça pour l’instant.

 

A bientôt camarade

 

Elle m’a répondu quelques jours après :

 

Je ne réponds que maintenant, désolé mais comme à mon habitude, je cours partout. Je trouve ça dommage que tu sois parti du CCI. Je comprends à peu près pourquoi et je trouve dommage que la discussion avec M ai tournée comme ça. Je ne vais pas te répondre par mail sur la question de la politique du PT que tu trouves réformiste. Je préfèrerais qu'on en parle de vive voix, je ne suis pas à l'aise avec les mails! En tout cas je pense qu'on peut se mettre d'accord tout les deux sur JR. Au moins essayer. Bref faudrait qu'on se voit pour en parler. Moi j'ai des idées sur ce qu'on pourrait faire et je n'ai pas envie de t'exclure parce que tu n'es pas d'accord avec le CCI. Je n'ai pas de crédit donc je ne t'appellerai pas mais un coup de fil de toi sera le bienvenu! Biz

 

A ce jour, il n’y a pas eu de suite à cette discussion.

MILITANT (chapitre 6)

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 12:34 :: Militant

6-LA CONSÉCRATION

 

Contribution

Nous avions écrit une contribution avec B pour notre cellule du 15 juin, suite aux discussions que j’avais eues avec G et R, sur les problèmes d’organisation dans la jeunesse et sur les liens réels entre le CCI et JR.

 

Contribution des camarades B et C à l’UB K du 15 juin

 

1- Le 26 juin aura lieu une rencontre nationale des groupes Jeunesse Révolution. Ce sera un point d’appui sérieux pour la construction d’une organisation révolutionnaire de la jeunesse.

Pour l’instant, la direction de JR est assurée par la Commision Jeune du CCI. Aussi nous pensons qu’il devient nécessaire dans cette étape de construction, que se constitue une direction centralisée élue par les militants eux-mêmes.

Dans ce cas, l’existence de la Commission Jeune ne doit pas se substituer à la direction de JR, tout comme l’UB ne se substitue pas à l’assemblée du PT par exemple. Tous les membres de JR ne sont pas forcément TK, donc les décisions prises par la Commission Jeune doivent jouer un rôle d’impulsion et de discussion au sein des groupes JR.

Sinon, il faut dire clairement que JR est l’organisation des jeunes du CCI et, dans ce cas, la Commission Jeune peut jouer le rôle de direction.

 

2- JR doit reposer sur une structure organisée pour construire dans la jeunesse. Par conséquent la direction ne doit pas reposer sur quelques personnes. Il faut une répartition des tâches, et pour cela il faut un bureau national.

Proposition de schéma structurel pour JR à discuter :

- constitution d’un bureau national qui propose des directions politiques à toutes les sections, comprenant au minimum un trésorier et des portes-paroles lycéen, étudiant et jeune travailleur

(ouverture d’un compte d’association).

- désignation d’un comité éditorial qui assure la publication régulière du journal comprenant au minimum un rédacteur en chef, des correspondants en province et en région parisienne, un groupe de mise en page et un trésorier (obtention d’un code ISSN [1]).

- chaque section doit compter un secrétaire et un trésorier. Les sections se réunissent régulièrement pour apprécier la situation politique avec l’aide du bureau national et pour préparer des plans d’actions locaux.

 

3- Nous constatons aussi un manque de tracts à diffuser. Qui s’en occupe et qui les rédige ?

Peut-on mettre en place un comité de rédaction des tracts ?

 

Mon responsable de cellule m’a dit à l’époque qu’il avait fait remonter l’information au secteur. Je n’ai jamais eu de réponse écrite. J’ai eu une réponse orale me disant que la Commission Jeune du CCI joue seulement un rôle d’impulsion au sein de JR…On m’a même dit que je n’étais pas clair dans mes propos… ( !) La  rencontre nationale du 26 juin m’apportera d’autres réponses.

 

Rencontre nationale du 26 juin

Voici le compte-rendu succinct que j’en avais fait dans mon rapport mensuel :

 

Rencontre nationale des groupes Jeunesse Révolution de 10h à 17h au 87.

Rapport introductif par L. Discussion suivie des décisions finales :

-Adoption d’un appel issu de cette rencontre

-Perspective d’une manifestation après une prochaine rencontre début novembre

-Election d’un noyau de comité de rédaction du journal

-Adoption d’une pétition pour l’arrêt immédiat des poursuites contre les lycéens

-Proposition de charte pour l’IRJ à discuter dans chaque section

-Proposition d’un compte-rendu dans une réunion locale

-Adhésion de X à la section JR de notre ville

 

Durant la discussion j’ai lu des extraits et j’ai posé les questions soulevées de la contribution qu’on avait écrite avec B. J’ai été élu responsable de la page culture du journal. L’organisation commençait à prendre forme même si je pensais que ce n’était pas assez. La commission jeune du CCI avait encore la mainmise sur la direction de JR. Les personnes élues au comité éditorial sont des jeunes trotskystes.

 

Trois cellules

Depuis début juin, je remplaçais R dans son rôle de responsable de cellule pour le dégager des nombreuses tâches de militants qu’il occupait, et « pour qu’un jeune prenne la relève ». J’allais donc tous les lundis soirs à 19 heures au 87 à la réunion de secteur, en compagnie de M et de la responsable de notre secteur I. On rendait compte de nos activités de cellule et on discutait des nouvelles actualités de la lutte de classe. A la fin de la réunion, on prenait bien sûr de nouveaux objectifs pour chaque membre de notre cellule.

Ma cellule se tenait le mercredi soir après dîner chez G, et il fallait que je prépare le rapport introductif ainsi que le plan de la réunion. Je passais chez R avant pour qu’il m’emmène et pour discuter de ce que j’avais préparer. Ce n’était pas évident surtout avec un vieux loup comme G à l’affût de la moindre faille dans mon rapport. Mon emploi du temps était bien occupé par mes activités militantes.

Durant le mois de juin, le nombre de trotskystes sur notre ville est passé de treize à quinze (sur une section PT de 36 adhérents). Notre secteur nous a donc proposé de former trois cellules sur notre ville avec G, M et moi en responsable de cellule. Les trois nouvelles cellules s’appelleront donc G, M et C à partir de la rentrée de septembre.

 

Cellules regroupées

Le mercredi 24 août se tenait une réunion chez G avec tous les trotskystes de notre ville. Voici un extrait de la discussion rédigé par G :

 

Après un bref rappel du rapport de la précédente UB avec les attaques généralisées de l’impérialisme, et de la résistance qui ouvre des crises révolutionnaires au Pérou et en Bolivie, je présente la lettre de la Vérité en précisant d’une part, que l’actualité se focalise sur les élections du 18 septembre en Allemagne et d’autre part, que l’appel à Sedov est complémentaire du développement sur l’Allemagne. 10 camarades sur 11 ont lu cette lettre et je leur demande de s’exprimer en laissant une plage de 50 mn pour cela.

 

D : Je suis d’accord mais les raisons de cet appel ne sont pas suffisamment expliquées. Pour moi, la raison est trop courte.

F : Je suis d’accord avec cet appel.. Le SPD n’est pas de même nature que le PS. Le SPD est profondément enraciné dans la classe ouvrière allemande. On ne peut pas accepter que Schröeder détruise le SPD de la même manière qu’on ne peut pas accepter que Lula détruise le PT. Le seul problème est de faire le FUO avec des sociaux démocrates qui veulent rester sociaux démocrates.

Q : Je suis d’accord avec F. Pour les masses allemandes, le SPD, c’est leur parti. C’est la base de toutes les conquêtes sociales. On a vu que le KPD n’a pas pu se relever du nazisme mais le SPD, c’est différent. Il est la base pour la reconquête de tous les acquis, y compris en Allemagne de l’est. Il faut défendre le SPD car on ne peut pas se diluer dans n’importe quoi.

: Je ne comprenais pas pourquoi on donnait notre soutien au SPD mais maintenant c’est clair.

B : Cet appel me surprend mais je manque de bases historiques. Je ne comprends pas pourquoi on donne notre soutien tant que Schröeder sera là. Le 22 janvier, il y avait une femme du SPD qui dénonçait la politique de Schröeder et ne lui accordait aucun soutien.

C : Moi je suis contre. Je suis contre un soutien à des sociaux démocrates. Je ne soutiendrai jamais des sociaux démocrates car ils sont contre la révolution.

E : Moi, je suis embêtée. C’est vrai, le SPD a permis à la classe ouvrière de gagner toutes ses conquêtes…mais aujourd’hui…il faut appeler à voter SPD ? Je sais bien qu’en Allemagne il n’y a pas de parti comme le PT (français) et qu’il n’y a pas d’alternative. Mais sur quelle base cet appel à voter SPD ?

G : E, tu avais l’air étonnée par mon introduction très courte pour laisser les camarades s’exprimer sur la lettre de la Vérité. Cette discussion s’avère très utile. Je laisserai la parole à D qui a participé à la commission sur l’Allemagne mais, pour en revenir à la discussion, je suis d’accord avec Q quand elle rappelle la base historique du SPD et son rôle dans la classe ouvrière allemande. F a eu raison de faire le parallèle avec Lula au Brésil. Dans son intervention sur France inter, Daniel Gluckstein a souligné 2 choses : d’une part, les TK ne peuvent pas participer à un gouvernement qui détruit les acquis ouvriers et refuse de donner la terre aux paysans, d’autre part, il a insisté sur le fait que notre rôle de TK c’est de défendre partout les organisations ouvrières, syndicats et partis, car ces organisations sont indispensables à la classe ouvrière pour la lutte de classes.

M : La question n’est que partiellement allemande. Tout parti qui se soumet en arrive à la destruction. En Allemagne, le prolétariat est le mieux organisé du monde. Même aux USA, l’AFL-CIO a été divisé sans raison mais malgré ses pertes, le DGB reste le plus fort des syndicats. Notre campagne c’est de chasser Schröeder et de sauver le SPD. Lafontaine a fait alliance avec les staliniens (rappel de l’effondrement du KPD). Je suis en désaccord avec C. Quand Mitterrand a dit qu’il voulait rompre avec le capitalisme, nous avons appelé à voter pour lui. Idem dans un syndicat. Faut-il quitter un syndicat parce qu’on se heurte à des bureaucrates ? Sûrement pas, tout TK doit être syndiqué // interruption de C « Moi je le suis pas ! » // Tu as tort de ne pas être syndiqué et il faudra en discuter. La position de E et C est gauchiste en refusant de voter pour des sociaux démocrates : c’est la question du FUO. D’ailleurs le texte se termine par un point d’interrogation ce qui veut dire qu’il reste ouvert au dialogue. La situation est tragique quand il n’y a pas de parti comme le nôtre et la réponse n’est pas évidente. Je prédis que les stals vont monter à ces élections et qu’ils sont d’accord pour abattre le SPD et pour aider à liquider tous les acquis comme par exemple la loi Volkswagen de 1954 qui interdit la privatisation. Mais partout, que ce soit en Bolivie, au Venezuela, au Brésil ou en Europe, l’appel au vote dépend des circonstances, il est déterminé par un vote de classe.

G : B, le 22 janvier, Eva, membre du SPD, a attaqué Schröeder parce que le SPD appartient à ses adhérents : elle refuse la politique de Schröeder et la destruction du SPD. Flasha, tu te poses la question du FUO avec des sociaux démocrates mais je ne sais pas si les adhérents du SPD veulent rester ceci ou cela, c’est la bataille pour la défense du SPD qui en décidera.

D : C’est la question qui se pose pour beaucoup de partis SD en Europe comme au Danemark ou pour le PSOE. A travers le SPD, nous défendons toutes les conquêtes ouvrières et tous ceux qui veulent défendre ces conquêtes. Il y a une difficulté au Royaume-Uni parce qu’il y en a de plus en plus qui veulent désaffilier leur syndicat du Labour party. Ce n’est pas une campagne menée seulement par les pabs et les stals, il y a aussi des syndicalistes honnêtes qui en ont ras le bol et pour qui « chasser Blair » devient prioritaire.

 

Il faut préciser qu’à ce moment-là, je n’étais pas encore titulaire dans mon travail. Par conséquent, R m’avait dit d’attendre ma titularisation pour me syndiquer.

Il est intéressant de voir que je suis un gauchiste car je refuse de soutenir un parti social-démocrate. Je suis désolé mais si ce gros con de Schröeder est à la tête de ce parti, c’est bien parce que des militants du SPD ont voté pour lui, à faible majorité ou pas. Ce parti est en train d’anéantir la classe ouvrière allemande par des contre-réformes, et il faudrait le soutenir ? Je pense qu’il faut être plus radical que ça. Ce parti a voté les crédits de la première guerre mondiale tout comme le parti socialiste français. Il a envoyé les travailleurs allemands à l’abattoir et on me demande de le soutenir ?

Le Front Unique Ouvrier dont parle D ne peut se faire qu’avec des organisations honnêtes et non avec des social-traîtres ou des valets de la bourgeoisie.

 

Camp jeune de la IVème Internationale

Le camp jeune de la IV avait lieu du samedi 27 août au lundi 29 août dans un centre de loisirs à côté de Melun en Seine-et-Marne. Nous étions cinq participants de notre ville, et on avait réussi à financer les 80 euros par personne nécessaire.

Le camp commençait le samedi matin au cimetière de Thiais pour une commémoration des victimes du stalinisme sur la tombe de Léon Sedov. Ensuite direction le centre de loisirs en train de banlieue.

L’emploi du temps et le cadre du camp étaient tranquilles. Je dois dire que j’y ai passé un bon moment et rencontré des personnes très agréables. On était quatre en moyenne par chambre et la bouffe était convenable.

Les journées étaient réparties entre exposé théorique et discussion en petits groupes pour approfondir les sujets traités. Les organisateurs du camp m’avaient désigné pour diriger un groupe. Les exposés portaient sur les classiques du marxisme ainsi que sur l’actualité du combat de la jeunesse dans la lutte de classe. Le dimanche soir on a fait la fête jusqu’à tard dans la nuit avec son lot de jeunes qui ne tiennent pas l’alcool.


 

Responsable de cellule

J’ai donc été responsable d’une cellule durant les mois de septembre et octobre. Nous étions cinq camarades dont deux jeunes. Tout se passait bien mais nos résultats, selon notre secteur, étaient trop faibles.

 

C’est durant ces deux mois que j’ai compris ce que voulait dire « être débordé ». Heureusement, j’avais la chance de ne pas avoir un boulot contraignant au niveau des horaires. Mais le militantisme me prenait une très grande partie de mon temps libre. Je comprends mieux maintenant pourquoi ce sont en majorité des fonctionnaires qui militent au PT. Un ouvrier avec des enfants, qui bosse dans le privé, n’aurait pas le temps de faire cela.

 

Exemple d’emploi du temps militant :

 

Lundi

Mardi

Mercredi

Jeudi

Vendredi

Samedi

Dimanche

Comité éditorial du journal jeune (soir)

Diffusion publique (matin ou soir)

Réunion Secteur (soir)

Réunion de Cellule (soir)

Diffusion publique (matin ou soir)

AG du PT ou réunion Jeunes (après-midi)

 

 

Il faut compter aussi le temps de rédaction des comptes-rendus et de préparation des réunions. Au final on passe beaucoup trop de temps en réunion à discuter et re-discuter des mêmes choses.

 

Trop de tâches

Durant le mois d’octobre j’ai donc envoyé un mail à mon secteur et à mes camarades de cellule, pour leur dire que j’avais trop de tâches à assumer et que je préférais me consacrer à l’organisation des jeunes.

Le secteur a donc proposé à un autre camarade de notre ville de reprendre ma cellule et par la même il y a eu réorganisation des trois cellules sur notre ville.

 

Comité éditorial

Le comité de rédaction s’était élargi depuis le mois de juin. Les responsables du journal siégeaient pour la plus part à la Commission Jeune du CCI. Comme j’étais responsable de la page culture, je proposais tous les mois des articles.

 

Mais il s’est passé un truc qui m’a poussé à arrêter le comité éditorial. J’avais écrit un article sur un livre que j’aime beaucoup. Un responsable du journal m’avait interpellé au 87 pour me dire que ce n’était pas possible de publier un article sur un anarchiste selon ses termes. Je lui ai dit que je n’étais pas d’accord.

 

Mais je lui ai quand même proposé un autre article, et la semaine qui a suivi sa publication, des échos sont remontés jusqu’à mes oreilles comme quoi durant une réunion de la Commission Jeune du CCI, des vieux se seraient plaints du contenu de mon article. Je me pose la question qui rédige le journal et qui choisit les articles, la CJ ou le comité de rédaction ?

 

Convention nationale

Le dimanche 16 octobre se tenait la première Convention nationale gracieusement accueillie par la mairie stalinienne d’Ivry-sur-Seine. C’est la suite logique du Comité national pour la victoire du vote non et de la stratégie de Front Unique organisée par le PT.

Cette Convention a rassemblé des délégués mandatés de toute la France (principalement des militants syndicalistes FO ou CGT et politiques du PS, PCF, MRC et PT) pour dire : reconquête de la démocratie et de nos droits, rupture avec l’Union Européenne. En décision finale, il a été décidé de créer des comités départementaux, un bureau permanent du Comité national pour la reconquête de la démocratie, ainsi que la rédaction d’une lettre au premier ministre lui demandant de recevoir une délégation.

Extrait de la lettre : « Réunis dans cette convention nationale, nous avons décidé de nous adresser à vous, parce que, dans une situation aussi terrible, il faut trouver des solutions et qu’il n’est pas possible que des choses aussi dramatiques se poursuivent ».

Il est clair que Villepin va nous aider à trouver des solutions, c’est évident… ! Comment peut-on faire croire aux gens que écrire des lettres aux bourgeois va résoudre le moindre petit problème social ?

MILITANT (chapitre 5)

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 12:33 :: Militant

5-LA CAMPAGNE POUR LA VICTOIRE DU VOTE NON

 

Meeting pour la victoire du vote non

Le 16 avril avait lieu le meeting pour la victoire du vote non au référendum sur la Constitution Européenne dans la grande salle de la Mutualité. Ce meeting était organisé par le Comité national pour la victoire du vote non à la Constitution Européenne. Ce comité a été créé par la direction nationale du Parti des Travailleurs afin de rassembler des forces de gauche dans un cadre de Front Unique. C’est la suite logique du Comité de Défense des Communes créé en réaction contre la régionalisation et l’intercommunalité imposées par l’Union Européenne.

 

Le prélude à ce meeting a été la manifestation nationale, pour la victoire du vote non au référendum, à Paris le samedi 22 janvier, allant de la Place de la République à la Place de la Nation. Mes parents étaient venus et j’avais invité J. On était quatre jeunes de notre ville dans le cortège jeune. A la fin de la manifestation, des militants ont distribués le « Serment de la Place de la République ». Il s’agit en fait d’un résumé des positions et des discours du Comité National qui ont été prononcés juste avant le départ de la manifestation.

 

(Extrait du) Serment de la place de la République (adopté à Paris, le 22 janvier)

 

“Pour la République une et indivisible, pour la démocratie, pour l’égalité des droits, nous jurons de mobiliser toutes les forces pour la victoire du vote NON à la Constitution européenne”

 

Nous sommes aujourd’hui plus de 10 000 rassemblés à Paris, mandatés par 40 000 élus, travailleurs des villes et des campagnes, jeunes, chômeurs, retraités, mères de famille, militants de toutes tendances du mouvement ouvrier, démocratique, républicain. Nous sommes plus de 10 000, mandatés par 40 000, qui avons répondu à l’appel du Comité national pour la victoire du vote NON à la Constitution européenne. Nous sommes plus de 10 000 qui avons entendu les prises de parole de nos amis et camarades venus de France et de tous les pays d’Europe, qui ont dit avec nous : non à la Constitution européenne, oui à la souveraineté des nations libres d’Europe, oui à l’union libre des nations souveraines d’Europe : Gérard Schivardi, maire socialiste de Mailhac, conseiller général de Ginestas, Aude (France) ;Eva Gürster, médecin hospitalier, syndicaliste, membre du SPD (Allemagne) ; Alain Pecel, conseiller général PCF de la Loire (France) ; Jean-Maurice Dehousse, ex-vice-président du groupe socialiste au Parlement européen (Belgique) ; Yannick Sybelin, syndicaliste, (France) ; José Manuel Toledo, conseiller municipal socialiste de Leoia (Espagne) ; Pierre Compain, “Jeunes pour le NON à la Constitution européenne”, (France) ; Alexandre Anor, député du Parti socialiste suisse de Genève (Suisse) ; Daniel Gluckstein, secrétaire national du Parti des travailleurs (France).

Nous sommes plus de 10 000 qui avons entendu les messages envoyés par nos camarades et amis d’Italie, de Roumanie, de Turquie, d’Ukraine de Grande-Bretagne, d’Autriche.

 

Ce serment a été imprimé bien avant la manifestation, vu le nombre important d’exemplaires distribués à la fin. On peut constater que les sociaux-démocrates sont très présents dans le Comité. Au parti, on m’a toujours répété qu’il y a des militants de base du PS et du PCF qui sont sincères et qui combattent vraiment pour la classe ouvrière. Il faut rappeler que la direction nationale du PS avait appelé à voter oui au référendum. Mais alors je me pose la question, que font-ils dans des organisations complètement pourrie au service de la bourgeoisie ? Je constate que les intervenants à la manifestation et au meeting aussi, ne sont pas que des simples militants de base mais que certains ont des postes à responsabilité dans ces deux organisations. Par conséquent, je me méfie de ces personnages aux discours réformistes et petits bourgeois, et me demande ce que les militants trotskystes et la classe ouvrière ont à gagner de créer des comités avec eux.

 

Un relevé de discussion et de décisions du Comité Directeur CCI 93 du 14 mars revient sur la stratégie adoptée :

 

« Bien entendu, intervention dans la lutte de classe et campagne politique pour le vote non ne s’opposent pas, bien au contraire. Nous devons donc chercher à chaque étape, à articuler ces deux pans de notre activité : l’intervention sur le terrain direct de la lutte de classe, et la mise en œuvre d’une politique indépendante qui permette d’ouvrir cette issue. Cette politique indépendante s’incarne aujourd’hui dans la victoire du vote non au referendum du 29 mai : il nous revient d’organiser la mobilisation de la majorité des travailleurs sur le vote non, à partir des questions concrètes – donc des revendications – en lien avec la situation réelle dans laquelle les travailleurs et les jeunes cherchent à combattre. Une étape dans ce combat : le meeting du 16 avril. »

 

Je n’ai jamais approuvé cette stratégie de la direction nationale pour nous faire croire que la victoire du vote non, c’est-à-dire déposer un bulletin dans une urne, apporterait un point de départ pour un quelconque changement. Les propos de Daniel Gluckstein sur ce sujet, lors du meeting du 16 avril, sont très clairs et n’ont rien d’un militant révolutionnaire :

 

« Alors camarades, le vote non, ça veut dire que c’est le point de départ de la reconquête de la démocratie, le point de départ de la reconquête de l’ensemble des acquis démocratiques de notre pays. Et c’est pour cela qu’il faut l’unité. »(…)

« Si le non l’emporte le 29 mai, le changement est possible. Il restera à construire. »(…)

« Mais la Révolution française, la grande Révolution française, celle qui a établi en droit l’égalité entre les citoyens, celle qui a porté les idéaux d’émancipation et d’égalité entre tous les peuples, celle-là, elle a été un point d’appui pour les luttes d’émancipation des travailleurs et des peuples du monde entier. Et si en 1905 et en 1917 encore, en Russie, les révolutions se sont faites au son de la Marseillaise, c’est parce que la Révolution française a ouvert une voie pour les peuples du monde entier, nous pouvons ouvrir cette voie le 29 mai. »

 

Le vote non, point de départ de la reconquête de quelle démocratie ? La démocratie bourgeoise ?

 

(Extrait du) Tract issu du meeting du 16 avril

 

Faisons entendre la voix du non.

 

Rassemblés le 16 avril à l’initiative du Comité national pour la victoire du vote non, nous lançons un appel à la mobilisation générale. Les semaines qui viennent seront décisives. Pour sauver la démocratie, il est impératif que le non l’emporte. C’est ce qui a été exprimé avec force et diversité par les orateurs de toute sensibilité de notre meeting :

• Jean-Maurice Dehousse, ex-vice-président du groupe socialiste

au Parlement européen et ancien député de Belgique

• Marc Dolez, député socialiste du Nord

• Gérard Schivardi, maire de Mailhac, conseiller général de Ginestas (Aude)

• Dr Nicole Delépine, pédiatre cancérologue

• Jean-Charles Marquiset, syndicaliste

• Daniel Gluckstein, secrétaire national du Parti des travailleurs

• Une lycéenne pour le Comité des jeunes pour le NON

• Un cheminot pour le comité d’Achères pour le NON mandaté par 500 cheminots.

 

La démocratie politique est en danger. La République une, indivisible et laïque est en danger. Toutes les conquêtes sociales et démocratiques arrachées par les générations précédentes sont en danger. A toutes et à tous nous disons : vous êtes contre la Constitution, alors, le 29 mai, votez non, faites voter non !

Utilisons le suffrage universel, arme de la démocratie, pour la défendre.

 

Je pense qu’il y a une grosse différence entre les acquis (« conquêtes sociales et démocratiques arrachées par les générations précédentes ») et le cadre (« la république une et indivisible ») dans lequel ces acquis ont été gagnés. Se battre pour défendre la république aussi démocratique qu’elle soit n’est pas la même chose que se battre pour le socialisme. Autrement dit, le combat pour abattre la société de classe n’est pas à l’ordre du jour dans ce genre de comité, ni même dans les rangs du PT.

 

La victoire du vote non le 29 mai

Après des discussions dans ma cellule sur le pourquoi aller voter, après avoir coller des affiches dans toutes les rues de notre ville avec R, je me suis dit et je pense toujours que ça m’a fait « plaisir » que le non l’emporte. Je me suis dit que ça leur mettrait une bonne claque à tous ces bourgeois et ces travailleurs que j’avais rencontrés et qui allaient voter oui. A l’époque j’avais écrit :

 

« Ceux qui disent non ils sont égoïstes envers les pays de l’Est. Voilà ce que tu entends tous les jours dans les médias. Et le pire, c’est que les gens le répètent bêtement. Autre argument du « oui » : ce traité n’est pas parfait mais il permet de progresser dans la construction européenne. Celui-là il est bien dit hein ? Ca c’est du mec qui se réclame de gauche mais qui suce les patrons et la commission européenne. »

 

En prenant du recul, ce n’est pas le fait d’aller voter à ce référendum qui m’a gêné mais le fait, que des dirigeants politiques soi-disant révolutionnaires bernent les militants d’illusions en carton en disant que le « non » allait changer quoi que ce soit et que tout resterait à construire.

 

Et j’ai commencé à comprendre que quelque chose clochait en lisant la déclaration du bureau national du 29 mai au soir.

 

 

DÉCLARATION DU BUREAU NATIONAL DU PARTI DES TRAVAILLEURS

 

« Une victoire du peuple français

Le peuple français vient de se prononcer. Le fort taux de participation montre que, lorsqu’il est au service d’un véritable choix démocratique, le suffrage universel est une arme dont le peuple est prêt à se servir. » (…)

« Le 29 mai, il y a, dans notre pays, des vainqueurs et des vaincus (…)

Ne sont-ils pas vainqueurs aussi les peuples du monde ? La victoire du non en France signifie qu’un coup d’arrêt peut être porté à la politique de destruction mise en oeuvre dans le monde entier par le régime failli de la propriété privée des moyens de production. » (…)

« Dans les grands moments de l’histoire, il apparaît que la force de la masse, la force de millions d’anonymes peut l’emporter sur la toute-puissance apparente de ceux qui contrôlent les institutions politiques, financières, et les médias. Ce 29 mai 2005 restera comme l’un de ces grands moments où la force du peuple peut submerger la puissante coalition de ceux qui dominent et servent le régime de la propriété privée des moyens de production. »

 

Rappel des résultats du référendum : 55% de vote non avec 30% d’abstention. Je ne pense pas qu’un coup d’arrêt puisse être porté par le résultat d’un référendum. Pour l’histoire, j’ai voté chez moi et le résultat a été à plus de 60% de non. Avec mes amis d’enfance, si on a voté pour cet évènement, c’est pour foutre une claque aux bourgeois, mais on n’a jamais rien attendu d’un vote sous un régime bonapartiste. Notre but étant l’abolition de la société capitaliste.

 

Pour que la démocratie politique se rétablisse sur ses pieds, n’est-il pas indispensable que soit convoquée une Assemblée constituante souveraine, disposant de tous les moyens pour refonder la démocratie politique ? Car c’est au peuple de définir la forme que devraient prendre des institutions authentiquement démocratiques.

 

L’Assemblée constituante fait désormais partie du programme du PT. On ne parle plus de prolétariat mais de peuple. La campagne du 29 mai s’est fait sous une prise de position électoraliste digne de n’importe quel autre parti politique. Le Parti des Travailleurs est bien un parti ouvrier bourgeois qui voudrait refaire la révolution française en tenant le rôle des jacobins.

 

« Les dirigeants devront répondre à ces questions

La victoire du vote non signifie, chacun le comprend, que des questions majeures ont été posées ce 29 mai. Elles appellent des réponses auxquelles personne ne pourra déroger. Elles appellent des réponses que les dirigeants devront fournir. »

 

Personnellement je n’attends rien des dirigeants de ce pays. Le bureau national attend des réponses des bourgeois et, quelques lignes plus loin dans la déclaration, écrit « Travailleurs, militants, jeunes, ne comptez que sur vos propres forces ». N’y a-t-il pas contradiction ?

 

Je crois qu’il faut être clair dans ses propos, la question qui se pose c’est pourquoi le PT n’a pas appelé à une mobilisation le 29 mai au soir ? Comment concrétiser ce vote si ce n’est dans la mobilisation immédiate ? C’est bien on a voté, on a fait notre bonne action de l’année maintenant on retourne se coucher, demain il faut aller bosser… Faut pas déconner ! La direction du PT parlait de coup d’arrêt mais au mois de juin, la bourgeoisie en a profité pour redoubler d’effort dans la destruction de nos acquis.

 

Il faut bien comprendre que la plus part des gens qui ont voté non au référendum ne sont pas organisés politiquement ni syndicalement car ils sont déçus ou n’ont pas confiance envers les dirigeants politique de gauche. Alors si le PT n’est pas capable de proposer quelque chose de mieux que les autres partis de gauche et d’extrême gauche, le PT est finalement au service de la bourgeoisie.

 

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