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Témoignage d'un camarade qui militait dans la fraction de Lutte Ouvrière, L’Etincelle.

Par Partigiano :: 24/04/2007 à 16:35 :: Textes divers

Un camarade qui militait dans la fraction de Lutte Ouvrière, L’Etincelle, m’a transmis sa récente lettre de démission qui établit clairement la politique et le fonctionnement de cette organisation se réclamant du trotskisme.

Je vous invite à la lire attentivement et à voir les ressemblances avec ce que j’ai pu écrire au sujet du Courant Communiste Internationaliste du Parti des Travailleurs.

 

 

 

Salut XXXXXX,

 

 

            Je vais essayer d’être bref : après mûre réflexion, j’ai décidé d’arrêter immédiatement toute activité politique dans votre groupe. Je vais t’en exposer les raisons, comme ça, ce sera dit, et ça évitera d’éventuelles spéculations sur ce qui motive ce choix.

 

 

1°) Des mots d’ordre très clairement réformistes

 

            Nul besoin d’inventer quoique ce soit pour voir du réformisme dans le programme de Lutte Ouvrière : il suffit de savoir lire. Ainsi, pour prendre un exemple récent, dans le supplément gratuit au no 2018 de LO, on peut lire, en vrac : «  ce programme […] n’a rien de révolutionnaire en ce sens qu’il ne prévoit ni l’expropriation du capital, ni la transformation de la propriété privée de l’ensemble des grandes entreprises en propriété collective, en propriété d’Etat. Ce programme rétablit, un peu (sic !), l’équilibre entre [la classe capitaliste] et les travailleurs. […] Il ne s’agit même pas d’un partage des richesses, il s’agit seulement que tout le monde participe [équitablement ????] à l’effort nécessaire pour compenser les inégalités les plus criantes. […] Il faut contrôler les délocalisations, leurs buts, leur réalité ( ????), afin de les réglementer (sic !). […] Il ne s’agit ni d’exproprier ni de nationaliser les entreprises, mais simplement de les contrôler et de les rendre transparentes. » Quant à la « gauche » – c’est-à-dire, en l’occurrence, à la catholique Marie-Ségolène Royal –, elle ne serait pas, contrairement à la droite, « aux ordres de la grande bourgeoisie » : sont seul défaut serait de ne pas vouloir l’affronter !.... Une telle affirmation, combinée aux souhaits affichés de voir la droite battue, contribue à entretenir et – pire ! à recréer – des illusions autour du Parti dit  « socialiste ». Certes, il s’agit là des positions de la majo et l’Etincelle les désapprouve partiellement. Mais les divergences entre la majo et la tendance minoritaire ne semblent pas rédhibitoires, puisque cette dernière demande régulièrement l’intégration de ses militants à LO, vend la même presse que la majo, diffuse la même propagande, etcetera.

 

            D’ailleurs, pour revenir aux propos extraits du récent supplément gratuit, il conviendrait de préciser que, même s’il s’agit de réformisme, il s’agit uniquement d’un réformisme « soft », puisqu’on n’y trouve quasiment plus aucune allusion à l’objectif final : le communisme, l’abolition des classes sociales. Quant aux moyens de parvenir à cet objectif final (révolution, donc guerre civile et violence révolutionnaire de la classe progressiste: dictature du prolétariat), ils sont également passés sous silence. On s’égarerait en songeant au fait qu’un célèbre réformiste français des années 30, traître notoire à la classe ouvrière (Trotsky le qualifiait d’ « engeance politique »…), pouvait se permettre de déclarer : « Aussitôt que nous possèderons le pouvoir, nous détruirons et remplacerons par les nôtres les cadres de l'armée, de la magistrature, de la police et nous procèderons à l'armement du prolétariat ; nous pourrons alors construire la société collectiviste ou communiste. Tout le reste n'est que littérature ! »  L’état d’esprit du prolétariat n’est plus le même aujourd’hui, me dira-t-on…il n’est plus aussi combatif et conscient de ses intérêts propres… Certes ! Mais ce ne sont sûrement pas les politiques menées par les trois principales organisations qui se réclament de Léon Trotsky (LO, LCR, PT) – et, d’ailleurs, hélas ! de manière de plus en plus épisodique – qui vont contribuer à faire que les grèves et affrontements quotidiens mènent à une remise en cause fondamentale du système capitaliste, par le renversement de la bourgeoisie.

 

            Quant au mot d’ordre d’interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits, il apparaît être insuffisant dans l’actuelle situation. Certes, il présente l’avantage (théorique) d’être facile à populariser, puisque les plans de licenciements annoncés par les très grands groupes qui font des profits records choquent une large majorité de la population.  Cela étant, ce mot d’ordre conduit à une impasse si l’on n’explique pas simultanément les raisons pour lesquelles les patrons licencient. Ces plans de licenciements ne sont pas la conséquence d’un quelconque sadisme de la part du patronat, il ne s’agit pas non plus pour eux d’un passe temps : si les patrons licencient, c’est parce que la survie du système capitaliste l’exige, tout simplement. Et, pour mettre fin aux licenciements, la seule solution est de jeter par-dessus bord le patronat, d’en finir avec le salariat... Sûrement pas de tenter d’infléchir la position du patronat dans un sens « plus social » – c’est-à-dire, in fine, de réformer le capitalisme (ça, c’est le credo des « altermondialistes », une  vieille lune réactionnaire : prôner le retour à l’Etat-Providence, au keynésianisme, au « bon » vieux capitalisme du temps de De Gaulle).

            D’ailleurs, que doit-on dire, dès à présent, aux salariés qui se font virer, ou bien sont menacés de l’être et doivent accepter de se serrer la ceinture, parce que l’usine, la société, le commerce, dans lequel ils travaillent ne réalise plus de profits ? Qu’ils n’ont pas de chance ? Que s’ils avaient travaillé dans une grande entreprise qui réalise des profits gigantesques, leurs récriminations auraient été plus légitimes ?

            De plus, le système capitaliste se caractérise, comme chacun sait, par ses crises à répétition, durant lesquelles les entreprises connaissent des difficultés de trésorerie grandissantes (cf. la Grande Dépression de 1929). Quelle influence aura, dans une telle période de crise, une organisation qui aura axé toute sa propagande, des années (décennies ?) durant, sur le fait qu’il faut se battre pour interdire les licenciements dans les entreprises qui réalisent des profits ? Sachant que ces crises (qu’elles soient larvées, comme aujourd’hui en France, ou ouvertes, comme en Argentine en 2001-2002) sont inhérentes au capitalisme, pourquoi LO n’explique-t-elle pas – systématiquement, scrupuleusement et sans détour – que leur issue ne peut être favorable aux exploités que si ceux-ci remettent victorieusement en cause le système basé sur la propriété privée des moyens de production ?

 

            A titre personnel, je ne veux me battre ni pour « réglementer » les délocalisations, ni pour « que tout le monde participe à l’effort nécessaire pour rétablir les inégalités les plus criantes » (on dirait presque que LO va chercher ses mots d’ordre chez les partisans du « christianisme social » !) – ni d’ailleurs pour défendre la  police « de proximité », comme le fait LO… Les flics cesseraient-ils d’être des chiens de garde de la bourgeoisie une fois qu’on les a labellisés « de proximité » ?… Ces combats-là ne m’intéressent pas, je ne veux pas servir d’idiot utile de la bourgeoisie. En conséquence, je ne peux pas continuer à diffuser de la propagande en faveur de LO et de ses candidats, ni pour la prochaine échéance électorale…ni pour les suivantes, puisqu’il n’y aucun changement à attendre de la part de la direction de LO, si ce n’est pour orienter l’organisation dans un sens encore plus réformiste.

 

2°) Un fonctionnement complètement opaque

 

            Si, sur la ligne politique défendue, je viens de faire un certain nombre de constats assez navrants, j’en ai aussi à faire sur le fonctionnement de l’organisation…ou, plus précisément, sur le peu qu’on a bien voulu m’en dire. La minorité est-elle également censée fonctionner sur le modèle du « centralisme démocratique » ? Si tel est le cas, je me demande : Où est le centralisme ? Où est la démocratie ? La vaste majorité des sympathisants, dont je faisais partie*, ignorent tout de l’existence d’une éventuelle direction. Comment les décisions sont-elles prises ? Par qui ? Personne, à part les militants eux-mêmes, ne sait qui est militant (qui est « organisé », comme vous dites). Par contre, certains sympathisants, payent leur cotisation mensuelle… sans contrepartie aucune. Combien de temps peut-on cotiser avant d’être militant ? Le temps qu’il faut pour être « formé » (formaté ?)…Il faut faire ses preuves avant, m’a-t-on dit… Sur quels critères ? Qui décide ? Mystère… Et comme le temps joue contre nous, je n’avais pas envie d’attendre l’horizon 2040 pour avoir la réponse à ces questions, me rendre compte que LO n’est pas réformable et en tirer les conséquences qui s’imposent.

 

                                                          

                                                                                                                                 Cordialement

 

            XXXXX

 

 

 

* N’ayant jamais eu mon avis à donner sur la ligne politique, je ne peux me définir autrement que comme un « sympathisant ». La plupart de ceux qui gravitent autour de la minorité sont, d’ailleurs, dans le même cas que moi.

 

 

 

 

A la lecture de ce texte, il apparaît clairement que le réformisme est la syphilis du mouvement ouvrier, comme disent certains. Les partis en France qui se réclament du trotskisme ne sont pas redressables, et ce serait une perte de temps de s’y essayer. Ils sont gangrenés par le bureaucratisme, le sectarisme et l’opportunisme face aux partis bourgeois de gauche.

 

Encore une fois, un rassemblement, sur un programme et une ligne politique corrects, de tous les militants révolutionnaires devient nécessaire. Reste à savoir comment, et quelle structure adopter ? Il devient urgent d’organiser, au-delà des étiquettes personnelles, un groupe qui se donne comme objectif principal : la révolution prolétarienne mondiale. Rémi.

 

 

 

 

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