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MILITANT (chapitre 5)

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 12:33 :: Militant

5-LA CAMPAGNE POUR LA VICTOIRE DU VOTE NON

 

Meeting pour la victoire du vote non

Le 16 avril avait lieu le meeting pour la victoire du vote non au référendum sur la Constitution Européenne dans la grande salle de la Mutualité. Ce meeting était organisé par le Comité national pour la victoire du vote non à la Constitution Européenne. Ce comité a été créé par la direction nationale du Parti des Travailleurs afin de rassembler des forces de gauche dans un cadre de Front Unique. C’est la suite logique du Comité de Défense des Communes créé en réaction contre la régionalisation et l’intercommunalité imposées par l’Union Européenne.

 

Le prélude à ce meeting a été la manifestation nationale, pour la victoire du vote non au référendum, à Paris le samedi 22 janvier, allant de la Place de la République à la Place de la Nation. Mes parents étaient venus et j’avais invité J. On était quatre jeunes de notre ville dans le cortège jeune. A la fin de la manifestation, des militants ont distribués le « Serment de la Place de la République ». Il s’agit en fait d’un résumé des positions et des discours du Comité National qui ont été prononcés juste avant le départ de la manifestation.

 

(Extrait du) Serment de la place de la République (adopté à Paris, le 22 janvier)

 

“Pour la République une et indivisible, pour la démocratie, pour l’égalité des droits, nous jurons de mobiliser toutes les forces pour la victoire du vote NON à la Constitution européenne”

 

Nous sommes aujourd’hui plus de 10 000 rassemblés à Paris, mandatés par 40 000 élus, travailleurs des villes et des campagnes, jeunes, chômeurs, retraités, mères de famille, militants de toutes tendances du mouvement ouvrier, démocratique, républicain. Nous sommes plus de 10 000, mandatés par 40 000, qui avons répondu à l’appel du Comité national pour la victoire du vote NON à la Constitution européenne. Nous sommes plus de 10 000 qui avons entendu les prises de parole de nos amis et camarades venus de France et de tous les pays d’Europe, qui ont dit avec nous : non à la Constitution européenne, oui à la souveraineté des nations libres d’Europe, oui à l’union libre des nations souveraines d’Europe : Gérard Schivardi, maire socialiste de Mailhac, conseiller général de Ginestas, Aude (France) ;Eva Gürster, médecin hospitalier, syndicaliste, membre du SPD (Allemagne) ; Alain Pecel, conseiller général PCF de la Loire (France) ; Jean-Maurice Dehousse, ex-vice-président du groupe socialiste au Parlement européen (Belgique) ; Yannick Sybelin, syndicaliste, (France) ; José Manuel Toledo, conseiller municipal socialiste de Leoia (Espagne) ; Pierre Compain, “Jeunes pour le NON à la Constitution européenne”, (France) ; Alexandre Anor, député du Parti socialiste suisse de Genève (Suisse) ; Daniel Gluckstein, secrétaire national du Parti des travailleurs (France).

Nous sommes plus de 10 000 qui avons entendu les messages envoyés par nos camarades et amis d’Italie, de Roumanie, de Turquie, d’Ukraine de Grande-Bretagne, d’Autriche.

 

Ce serment a été imprimé bien avant la manifestation, vu le nombre important d’exemplaires distribués à la fin. On peut constater que les sociaux-démocrates sont très présents dans le Comité. Au parti, on m’a toujours répété qu’il y a des militants de base du PS et du PCF qui sont sincères et qui combattent vraiment pour la classe ouvrière. Il faut rappeler que la direction nationale du PS avait appelé à voter oui au référendum. Mais alors je me pose la question, que font-ils dans des organisations complètement pourrie au service de la bourgeoisie ? Je constate que les intervenants à la manifestation et au meeting aussi, ne sont pas que des simples militants de base mais que certains ont des postes à responsabilité dans ces deux organisations. Par conséquent, je me méfie de ces personnages aux discours réformistes et petits bourgeois, et me demande ce que les militants trotskystes et la classe ouvrière ont à gagner de créer des comités avec eux.

 

Un relevé de discussion et de décisions du Comité Directeur CCI 93 du 14 mars revient sur la stratégie adoptée :

 

« Bien entendu, intervention dans la lutte de classe et campagne politique pour le vote non ne s’opposent pas, bien au contraire. Nous devons donc chercher à chaque étape, à articuler ces deux pans de notre activité : l’intervention sur le terrain direct de la lutte de classe, et la mise en œuvre d’une politique indépendante qui permette d’ouvrir cette issue. Cette politique indépendante s’incarne aujourd’hui dans la victoire du vote non au referendum du 29 mai : il nous revient d’organiser la mobilisation de la majorité des travailleurs sur le vote non, à partir des questions concrètes – donc des revendications – en lien avec la situation réelle dans laquelle les travailleurs et les jeunes cherchent à combattre. Une étape dans ce combat : le meeting du 16 avril. »

 

Je n’ai jamais approuvé cette stratégie de la direction nationale pour nous faire croire que la victoire du vote non, c’est-à-dire déposer un bulletin dans une urne, apporterait un point de départ pour un quelconque changement. Les propos de Daniel Gluckstein sur ce sujet, lors du meeting du 16 avril, sont très clairs et n’ont rien d’un militant révolutionnaire :

 

« Alors camarades, le vote non, ça veut dire que c’est le point de départ de la reconquête de la démocratie, le point de départ de la reconquête de l’ensemble des acquis démocratiques de notre pays. Et c’est pour cela qu’il faut l’unité. »(…)

« Si le non l’emporte le 29 mai, le changement est possible. Il restera à construire. »(…)

« Mais la Révolution française, la grande Révolution française, celle qui a établi en droit l’égalité entre les citoyens, celle qui a porté les idéaux d’émancipation et d’égalité entre tous les peuples, celle-là, elle a été un point d’appui pour les luttes d’émancipation des travailleurs et des peuples du monde entier. Et si en 1905 et en 1917 encore, en Russie, les révolutions se sont faites au son de la Marseillaise, c’est parce que la Révolution française a ouvert une voie pour les peuples du monde entier, nous pouvons ouvrir cette voie le 29 mai. »

 

Le vote non, point de départ de la reconquête de quelle démocratie ? La démocratie bourgeoise ?

 

(Extrait du) Tract issu du meeting du 16 avril

 

Faisons entendre la voix du non.

 

Rassemblés le 16 avril à l’initiative du Comité national pour la victoire du vote non, nous lançons un appel à la mobilisation générale. Les semaines qui viennent seront décisives. Pour sauver la démocratie, il est impératif que le non l’emporte. C’est ce qui a été exprimé avec force et diversité par les orateurs de toute sensibilité de notre meeting :

• Jean-Maurice Dehousse, ex-vice-président du groupe socialiste

au Parlement européen et ancien député de Belgique

• Marc Dolez, député socialiste du Nord

• Gérard Schivardi, maire de Mailhac, conseiller général de Ginestas (Aude)

• Dr Nicole Delépine, pédiatre cancérologue

• Jean-Charles Marquiset, syndicaliste

• Daniel Gluckstein, secrétaire national du Parti des travailleurs

• Une lycéenne pour le Comité des jeunes pour le NON

• Un cheminot pour le comité d’Achères pour le NON mandaté par 500 cheminots.

 

La démocratie politique est en danger. La République une, indivisible et laïque est en danger. Toutes les conquêtes sociales et démocratiques arrachées par les générations précédentes sont en danger. A toutes et à tous nous disons : vous êtes contre la Constitution, alors, le 29 mai, votez non, faites voter non !

Utilisons le suffrage universel, arme de la démocratie, pour la défendre.

 

Je pense qu’il y a une grosse différence entre les acquis (« conquêtes sociales et démocratiques arrachées par les générations précédentes ») et le cadre (« la république une et indivisible ») dans lequel ces acquis ont été gagnés. Se battre pour défendre la république aussi démocratique qu’elle soit n’est pas la même chose que se battre pour le socialisme. Autrement dit, le combat pour abattre la société de classe n’est pas à l’ordre du jour dans ce genre de comité, ni même dans les rangs du PT.

 

La victoire du vote non le 29 mai

Après des discussions dans ma cellule sur le pourquoi aller voter, après avoir coller des affiches dans toutes les rues de notre ville avec R, je me suis dit et je pense toujours que ça m’a fait « plaisir » que le non l’emporte. Je me suis dit que ça leur mettrait une bonne claque à tous ces bourgeois et ces travailleurs que j’avais rencontrés et qui allaient voter oui. A l’époque j’avais écrit :

 

« Ceux qui disent non ils sont égoïstes envers les pays de l’Est. Voilà ce que tu entends tous les jours dans les médias. Et le pire, c’est que les gens le répètent bêtement. Autre argument du « oui » : ce traité n’est pas parfait mais il permet de progresser dans la construction européenne. Celui-là il est bien dit hein ? Ca c’est du mec qui se réclame de gauche mais qui suce les patrons et la commission européenne. »

 

En prenant du recul, ce n’est pas le fait d’aller voter à ce référendum qui m’a gêné mais le fait, que des dirigeants politiques soi-disant révolutionnaires bernent les militants d’illusions en carton en disant que le « non » allait changer quoi que ce soit et que tout resterait à construire.

 

Et j’ai commencé à comprendre que quelque chose clochait en lisant la déclaration du bureau national du 29 mai au soir.

 

 

DÉCLARATION DU BUREAU NATIONAL DU PARTI DES TRAVAILLEURS

 

« Une victoire du peuple français

Le peuple français vient de se prononcer. Le fort taux de participation montre que, lorsqu’il est au service d’un véritable choix démocratique, le suffrage universel est une arme dont le peuple est prêt à se servir. » (…)

« Le 29 mai, il y a, dans notre pays, des vainqueurs et des vaincus (…)

Ne sont-ils pas vainqueurs aussi les peuples du monde ? La victoire du non en France signifie qu’un coup d’arrêt peut être porté à la politique de destruction mise en oeuvre dans le monde entier par le régime failli de la propriété privée des moyens de production. » (…)

« Dans les grands moments de l’histoire, il apparaît que la force de la masse, la force de millions d’anonymes peut l’emporter sur la toute-puissance apparente de ceux qui contrôlent les institutions politiques, financières, et les médias. Ce 29 mai 2005 restera comme l’un de ces grands moments où la force du peuple peut submerger la puissante coalition de ceux qui dominent et servent le régime de la propriété privée des moyens de production. »

 

Rappel des résultats du référendum : 55% de vote non avec 30% d’abstention. Je ne pense pas qu’un coup d’arrêt puisse être porté par le résultat d’un référendum. Pour l’histoire, j’ai voté chez moi et le résultat a été à plus de 60% de non. Avec mes amis d’enfance, si on a voté pour cet évènement, c’est pour foutre une claque aux bourgeois, mais on n’a jamais rien attendu d’un vote sous un régime bonapartiste. Notre but étant l’abolition de la société capitaliste.

 

Pour que la démocratie politique se rétablisse sur ses pieds, n’est-il pas indispensable que soit convoquée une Assemblée constituante souveraine, disposant de tous les moyens pour refonder la démocratie politique ? Car c’est au peuple de définir la forme que devraient prendre des institutions authentiquement démocratiques.

 

L’Assemblée constituante fait désormais partie du programme du PT. On ne parle plus de prolétariat mais de peuple. La campagne du 29 mai s’est fait sous une prise de position électoraliste digne de n’importe quel autre parti politique. Le Parti des Travailleurs est bien un parti ouvrier bourgeois qui voudrait refaire la révolution française en tenant le rôle des jacobins.

 

« Les dirigeants devront répondre à ces questions

La victoire du vote non signifie, chacun le comprend, que des questions majeures ont été posées ce 29 mai. Elles appellent des réponses auxquelles personne ne pourra déroger. Elles appellent des réponses que les dirigeants devront fournir. »

 

Personnellement je n’attends rien des dirigeants de ce pays. Le bureau national attend des réponses des bourgeois et, quelques lignes plus loin dans la déclaration, écrit « Travailleurs, militants, jeunes, ne comptez que sur vos propres forces ». N’y a-t-il pas contradiction ?

 

Je crois qu’il faut être clair dans ses propos, la question qui se pose c’est pourquoi le PT n’a pas appelé à une mobilisation le 29 mai au soir ? Comment concrétiser ce vote si ce n’est dans la mobilisation immédiate ? C’est bien on a voté, on a fait notre bonne action de l’année maintenant on retourne se coucher, demain il faut aller bosser… Faut pas déconner ! La direction du PT parlait de coup d’arrêt mais au mois de juin, la bourgeoisie en a profité pour redoubler d’effort dans la destruction de nos acquis.

 

Il faut bien comprendre que la plus part des gens qui ont voté non au référendum ne sont pas organisés politiquement ni syndicalement car ils sont déçus ou n’ont pas confiance envers les dirigeants politique de gauche. Alors si le PT n’est pas capable de proposer quelque chose de mieux que les autres partis de gauche et d’extrême gauche, le PT est finalement au service de la bourgeoisie.

 

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