Manger sainement (1)

Comment se nourrir correctement à notre époque ?

 

Comme disait Tyler Durden dans Fight Club : « On est des sous-produits d’un mode de vie devenu une obsession ». Notre vie n’a aucun sens à part nous faire produire et consommer les merdes que nous fabriquons. Nous habitons majoritairement dans des villes polluées, coupés de la nature et à l’abri de ses dangers, sédentarisés par la nécessité de trimer pour manger (du poison). Tous les jours, nous sommes exposés à des produits nocifs pour la santé.

 

Depuis un siècle, notre alimentation est principalement le fruit d’une industrie soucieuse d’être rentable. La production et la distribution ne sont pas faites en fonction des réels besoins mais du commerce et de la vente massive de marchandises. J’entends déjà les malthusiens de tout bord brailler que sans l’industrie on ne pourrait pas nourrir neuf milliards de personnes. Je les invite donc à regarder les reportages de Marie-Monique Robin (c’est pas une révolutionnaire mais les solutions qu’elles avancent sont cohérentes) : « Notre poison quotidien » et « Les moissons du futur »1. Et après on en reparle.

 

Notre alimentation est caractérisée par : trop de calories, de viandes, de sucres, de céréales et de farines raffinés, trop d’acide gras trans et hydrogénés, trop de sel ; et pas assez de végétaux, de vitamines, d’antioxydants, d’oligoéléments, de fibres, d’acide gras oméga 3. Sans oublier les OGM, les pesticides, les métaux lourds, les conservateurs… On ne s’étonne donc pas de voir exploser actuellement les maladies dites de civilisation : cancer, obésité, diabète, allergies, maladies cardio-vasculaires et auto-immunes.2

 
Le mode de vie capitaliste n’est pas tenable. Ce sont les mêmes industriels de l’agro-alimentaire en lien avec leurs copains de la pharmacie et de la médecine qui voudraient nous vendre des remèdes à leur alimentation néfaste. Il faudrait prendre des produits chimiques pour soigner les conséquences de l’industrie chimique. Le business ne s’arrête jamais. On marche sur la tête.

 

Je vais vous éviter le couplet sur les conditions désastreuses d’élevages, de chasse et de pêche des animaux et la cruauté que cela engendre. Je vous laisse chercher sur internet, il y a de quoi être dégoûté à vie. J’en arrive ainsi à ma première question : comment survivre en milieu hostile ? Outre la nécessité impérieuse de se battre pour la révolution prolétarienne mondiale qui permettra l’abolition des classes et de l’État, et l’avènement d’une société communiste, donc une société d’égalité et de partage basée sur le respect de l’environnement ; on peut d’ores et déjà essayer de se nourrir correctement avec ce qu’on a sous la main.

 

Y a une solution toute simple à nos problèmes c’est le régime méditerranéen. Je sais j’invente rien mais apparemment beaucoup d’humains en s’éloignant de la cuisine de mémé l’ont payé très cher, donc on va y retourner tout en prenant en compte les dernières avancées gastronomiques. Vous me direz tout le monde ne vit pas au bord de la mer Méditerranée. C’est exact. Heureusement d’ailleurs. Il existe d’autres diètes du même type ou s’en approchant : les régimes Okinawa, Indien, végétarien ; mais aussi la cuisine qu’on pourrait appeler « traditionnelle » ou « ancestrale » qu’elle que soit la région où l’on vit. Les anciens mangeaient beaucoup plus de produits frais et de légumes que nous, et leurs aliments n’avaient pas la même qualité nutritionnelle que ceux que nous avalons actuellement du fait des traitements, de la pollution et des pesticides (« 80 % des fruits et des légumes issus des modes productivistes sont pauvres en fer, magnésium, cuivre, vitamine C, bêtacarotène », « il faudrait 10 de nos oranges et 26 de nos pêches d’aujourd’hui par exemple pour rivaliser avec le contenu d’un seul représentant de leur espèce de 1951 »3)

Une méthode récente mixe ces régimes : la méthode flexitarienne4. Il s’agit d’un recours à une alimentation non transformée à dominante végétale. Le flexitarien est un végétarien qui mange occasionnellement de la viande.5 En lisant ça, les végétaliens vont me chier à la gueule et les beaufs vont me traiter de pédé-bobo-écolo. C’est dire l’époque merveilleuse que nous vivons. Pour les premiers je suis désolé mais je ne me priverai pas de belles sardines au barbecue. Pour les beaufs qui vont me dire que l’homme a toujours manger de la viande, je leur conseillerai de lire l’article sur le site Hominidés « Alimentation dans la préhistoire »6.

 

La deuxième question se pose naturellement : quoi manger ? Voici les recommandations de base du faux docteur – pas nutritionniste non plus – Remito, évidemment vous les adaptez à votre état de santé, à vos intolérances et allergies, chacun doit apprendre à écouter son corps et à comprendre ce qui est bon ou pas pour l’humanité et l’environnement. Comme disait l’autre, nous sommes ce que nous mangeons7 :

– manger de la viande rouge et blanche une fois par semaine

– manger du poisson (petits de préférences car ils contiennent moins de métaux lourds : sardines, anchois, maquereaux, hareng…), des crustacés et des œufs, une fois par semaine

– attention au saumon d’élevage, ils sont gavés de bouffe chargée en pesticides (diflubenzuron)8

– manger des légumes et des fruits de saisons à chaque repas9 (cuits ou crus)

– manger des céréales tous les jours (complètes de préférence sinon du riz asiatique type basmati, pâtes de qualité ou semi-complètes, polenta, boulgour, kamut…) ou des légumineuses (quinoa, lentilles, pois chiches…)

– manger une petite poignée de graines tous les jours (amande, noix, noisette…)

– manger principalement de l’huile d’olive extra vierge première pression à froid (varier pour les salades avec l’huile de noix ou de noisette et pour les cuissons le mélange tournesol et colza)

– respecter le principe du hara hachi bu (à la fin des repas, l’estomac n’est rassasié qu’a 80 %)10

– respecter les saisons dans le choix des aliments

– mâcher lentement et manger dans un endroit calme et convivial

– mettre des épices dans les plats (curcuma, gingembre, poivre, cumin…) et des herbes (thym, romarin, basilic, sarriette, sauge, laurier…)

– manger des oignons, de l’ail, du persil

– boire du thé (vert, rouge, blanc ou noir) et des tisanes en dehors des repas

– éviter l’alcool, vin rouge et bière modérés

– supprimer les pâtisseries, les produits de boulangerie et confiseries (sauf les jours de fête…)

– supprimer le sucre blanc raffiné, préférer le sucre brut, le sirop d’agave, le miel ou la mélasse en petite quantité (surtout ne pas remplacer le sucre par de l’aspartame ou l’acésulfame K, présents dans les produits étiquetés « light » une vraie escroquerie)

– supprimer les produits laitiers (beurre, crème, lait, yaourt) (voir mon article « Le lait c’est laid »)

– manger un peu de fromage, par exemple sur les pizzas et les gratins de légumes

– privilégier les boissons, crèmes et yaourts végétaux (tofu, soja11, avoine, riz, amande) pour remplacer les produits laitiers dans les sauces, gratins, gâteaux et desserts

– supprimer tous les produits transformés, raffinés, industriels

– supprimer les plats préparés

– supprimer les sodas, les fast-foods, le grignotage devant la télé

– supprimer la menace blanche : pain blanc, riz rond, farines industrielles

– attention au sel (trop présent dans les bouillons cube, conserves et plats préparés)

Voilà je vous ai bien calmé là. Pour résumer : manger plus de végétal, moins d’animal, pas de produits transformés, faites la bouffe vous-même avec des vrais produits.

 

Bien sûr je conseille de manger bio autant que possible. Mais cela a un prix. C’est même un sacré business d’enfoiré. Donc soit on a un peu de moyens, soit on vole (j’appellerai plutôt cela de la réappropriation) et/ou soit on s’organise collectivement pour manger correctement et sans argent. Il n’y a pas si longtemps les prolos avaient accès à des jardins ouvriers qui permettaient d’avoir des légumes et des fruits frais… grâce au paternalisme des connards de patrons et curetons c’est vrai.

 

L’alimentation renvoie à la gestion de l’environnement, du territoire, à la question du partage, au mode de vie que nous voulons. Pourquoi devrions-nous subir un système qui détruit des forêts primaires pour cultiver du soja et du maïs destinés aux élevages bovins, qui répand des pesticides et des semences modifiées qui détruisent la biodiversité, qui exploite des millions d’ouvriers dans des conditions désastreuses ? L’alimentation c’est la survie de l’humanité, et si la production et la distribution sont entre les mains des capitalistes, c’est la famine pour certains, la malbouffe pour d’autres. Des pistes de réflexions pour une société communiste ont été amorcés dans ce communiqué : http://garap.org/communiques/communique15.php

Dernière chose, oubliez le commerce équitable, c’est vraiment de l’escroquerie, un nouveau marché pour les requins du capital. Voir à ce sujet le documentaire « Le business du commerce équitable » sur Arte

http://www.arte.tv/guide/fr/047127-000/le-business-du-commerce-equitable

Dans les prochains articles, je m’attarderais sur les mouvements altermondialistes qui prônent la décroissance, la vente directe et les produits locaux ; sur le business des semences ; sur le sucre.

 

Liens Régime Méditerranéen (ou Crétois)

Wikipedia

Passeport Santé

Thierry Souccar

A lire (en gardant son esprit critique)

Penser avant d’ouvrir la bouche

http://penseravantdouvrirlabouche.com/

Atelier Énergies et Santé http://www.ateliersante.ch/nutrition.htm

Plantes médicinales http://mr-ginseng.com/

Des idées de recettes

https://flexitarisme.wordpress.com/

http://laflexitarienne.blogspot.fr/

http://vegemiam.fr/

http://liliskitchen.com/

 

3Cf « Petit dictionnaire énervé des aliments toxiques » du Dr Franck Gigon

8Cf « Petit dictionnaire énervé des aliments toxiques » du Dr Franck Gigon

11Le soja, en France, est un aliment controversé. Quand on voit la puissance de propagande de Danone et Nestlé pour ne pas perdre une part de marché en faveur de cette plante, on comprend mieux pourquoi des gens (que ce soit des prolos ou des nutritionnistes) en arrivent à dire que le soja c’est pas bon, faut faire attention. Alors qu’en est-il du milliard d’asiatiques qui en bouffent depuis 6000 ans ? Bien sûr je conseille de le manger bio et non OGM.