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Partigiano Le blog en lien avec les militants révolutionnaires. Des textes, des photos et des articles de Remito sur notre monde, sur la musique, sur la politique, sur l'art, sur les livres...

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MILITANT (chapitre 8)

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 12:35 :: Militant

8-CONCLUSION

 

Après une année de réflexions, il faut tirer des conclusions de cette expérience. Quand je suis rentré au parti, j’étais tellement motivé et inconscient que je pensais que j’adhérais à vie ou au moins jusqu’à la révolution. Mes illusions se sont évaporées et je pense avoir désormais un œil beaucoup plus critique sur tout. Le PT ne nous emmènera pas à l’émancipation des travailleurs car il n’est pas dirigé par des travailleurs, mais par une caste bien fermée qui tire les fils des cadres militants. Il faut donc trouver une solution à la crise de la direction révolutionnaire du prolétariat. Il faut aider le prolétariat à élever sa conscience révolutionnaire.

 

Militant :

1. Adj. Qui agit en combattant. Politique militante.

2. n. Adhérent actif d’un parti, d’une organisation. Les militants d’un parti. Dictionnaire Hachette 1992.

 

Voilà l’adjectif qu’on peut appliquer à une partie de ma vie. J’ai été militant au sein du Parti des Travailleurs car je pensais que c’était cette organisation qui me conviendrait le mieux. Mais je me suis trompé. L’erreur est humaine à ce qui parait… Après tout, j’en ressors avec plus d’expérience pour éviter de me faire baiser à l’avenir. Maintenant je ne vais pas m’amuser à essayer de « redresser » ce parti dans la bonne voie. Ce serait une sacrée perte de temps. Mais de quelle voie parle-t-on au juste ? Chacun a la sienne mais chacun voudrait imposer la sienne. Moi je parle de la révolution mondiale prolétarienne et rien d’autre. Le but à atteindre est le communisme. Point. Quels sont les moyens pour y arriver, ça reste à discuter. Mais je ne peux supporter qu’un parti qui se prétend « ouvrier », dont la moitié des militants se disent « trotskystes », appelle à « la reconquête de la démocratie ». De qui se moque-t-on camarade ?

 

Logiquement quand on se dit « trotskyste », on s’inspire du programme de transition de Léon Trotsky. On connaît l’histoire et les écrits majeurs du marxisme révolutionnaire. Enfin, on ne combat pas pour sauvegarder la démocratie « bourgeoise », ni pour une « assemblée constituante souveraine ». Logiquement, on devrait se battre pour la dictature du prolétariat, pour un gouvernement ouvrier et paysan et pour le pouvoir aux conseils ouvriers (ou soviets), non ? Ai-je tort ou raison ? En tout cas, beaucoup trop de militants du Parti des Travailleurs, me diront, après lecture, que je suis un gauchiste et retourneront dans leur troupeau de révolutionnaire en carton, en appliquant à la lettre toutes les sottises que peut inventer sa direction nationale. Pour faire court, le Parti des Travailleurs est un parti réformiste. Et le réformisme, est à mes yeux de jeune rebelle, le pire ennemi de notre classe ouvrière. Les trotskystes dirigeants qui construisent ce parti (dont la plupart sont issus du Parti Communiste Internationaliste) représentent la droite du mouvement ouvrier et sont complètement déconnecté de la réalité du prolétariat. Ils sont un obstacle et ce parti est un obstacle à la révolution. Le problème est qu’il n’y a plus de parti révolutionnaire dans ce monde.

 

Les textes qui suivent doivent servir à la discussion et sont des résumés de mes idées sur l’organisation du prolétariat dans la société capitaliste.

 

Pour un parti[1] révolutionnaire

Le but des années à venir pour le prolétariat conscient de la situation catastrophique mondiale est de construire le parti révolutionnaire qui prendra le pouvoir et instaurera le communisme international, organisera l’expropriation de la bourgeoisie capitaliste et de tous les oppresseurs détenant le pouvoir, la terre, les moyens de productions et les médias.

Le but du parti révolutionnaire sera de servir les intérêts immédiats du prolétariat. Sans jamais dévier de cet objectif. Abolir le salariat et le patronat. Abolir l’exploitation de l’homme par l’homme. Abolir la propriété privée des moyens de productions. Détruire toutes les institutions bourgeoises capitalistes. Détruire les Etats et les gouvernements bourgeois régis par leur pseudo démocratie, parlementaire, participative ou représentative. Instaurer la république des conseils ouvriers. Tout le pouvoir aux soviets.

 

L’organisation du parti révolutionnaire reste à définir. Il doit être international. Il doit être géré par les prolétaires eux-mêmes. Par les prolétaires conscients des enjeux futurs et du sort atroce réservé à nos enfants si rien n’est fait dans le sens de la révolution mondiale prolétarienne. Le parti ne doit compter que sur ses propres forces et ressources.

Il faut absolument éviter qu’une caste de bureaucrates se créée au sommet du parti. Il faut éviter les membres permanents qui prendront leurs sales petites habitudes au sein de l’organisation et finiront par ressembler aux petits-bourgeois sociaux-démocrates. En aucun cas une direction au dessus des militants ne doit imposer sa volonté. Il faut éviter de construire un parti de vieux, l’espoir renaissant se trouve dans la jeunesse.

Il faut une organisation fédérée présente dans chaque ville, village et entreprise, constituée en soviets ouvriers. Une organisation qui repose sur un programme révolutionnaire commun simple en dix points par exemple. Sur un projet de société servant les intérêts de la majorité donc du prolétariat.

Il faut que le parti soit suffisamment organisé pour défendre le prolétariat contre les chiens de garde des Etats qui sont la police et l’armée. A l’instar des Blacks Panthers, le parti révolutionnaire mondial doit s’armer pour l’autodéfense. Le parti révolutionnaire devra adopter une discipline de fer pour lutter contre la bourgeoisie, qui elle est largement opérationnelle pour contre-attaquer tout soulèvement prolétarien.

 

A l’heure actuelle du capitalisme impérialiste et pourrissant, les organisations du prolétariat qui s’affirment révolutionnaires ne sont que des traîtres alter mondialistes ou des réformistes masqués collaborant en bon valet de la bourgeoisie. Le but du parti révolutionnaire n’est pas de s’allier et de créer des fronts uniques sur des revendications précises avec ce genre d’organisation de « gauche » et « d’extrême gauche ». Ces organisations corrompues doivent être traitées en ennemi.

Il y a dans tous les pays des milliers de jeunes inorganisés politiquement mais conscient de la situation dramatique de notre planète. Ces jeunes pour la plupart n’attendent qu’une chose : pouvoir passer à l’action révolutionnaire. Le parti doit être un outil pour cette jeunesse en lutte. Un outil au service du prolétariat. Un outil de contre-pouvoir face aux médias bourgeois. Le parti doit être un lieu d’échanges et d’idées au sein de ses soviets ouvriers. Il doit être un lieu de formation à la révolution permanente.

 

Le parti doit s’inspirer et tirer des leçons de l’histoire du mouvement ouvrier pour avancer dans la voie de la révolution mondiale prolétarienne. Les militants doivent s’informer et se cultiver, échanger les informations entre eux, afin de ne pas répandre de fausses vérités sur notre histoire. Le parti doit étudier toutes les composantes du mouvement ouvrier, aussi bien le marxisme que l’anarchisme, et en faire la synthèse. Un des problèmes de la jeunesse, aujourd’hui, est le fait qu’elle ne se raccroche à aucune idéologie directrice. Le mot communisme possède une connotation totalitaire du fait de l’histoire de la Russie ou de la Chine. Ces erreurs de langage, dû au novlangue créé par la classe bourgeoise capitaliste et par les sociaux-démocrates, doivent être rectifiées au sein du parti et répandu dans la population. Il faut relire les textes fondamentaux du marxisme que sont « Le manifeste du Parti Communiste » et « Le Capital ». Il faut relire aussi « Le programme de Transition ». Le communisme mondial est notre but ultime à atteindre pour l’époque.

 

La construction d’un parti révolutionnaire pour notre époque n’est pas chose facile. Il faut bien s’en rendre compte et ne pas se décourager face aux épreuves que cette tâche incombe. Il existe beaucoup d’organisations politiques se réclamant de gauche et du peuple, et les prolétaires ne savent pas forcément auxquelles croire et accorder leur confiance. C’est pourquoi le parti ne peut être une élite se permettant de prêcher la bonne parole au prolétariat en bon guide suprême. Laissons cela aux curés de toute sorte. C’est donc pourquoi le parti ne peut participer aux spectacles électoraux et médiatiques auxquels les autres s’adonnent. Les militants du parti doivent se confondre avec la masse prolétarienne : « ils sont issus du peuple et le peuple les connaît ».

 

Sincèrement

Là d’où je viens, là où j’ai grandi, on n’en a rien à foutre de la République avec un grand R et de la Nation avec un grand N. Nos parents sont tous des travailleurs, des prolétaires, des gens de la classe ouvrière qu’ils soient à l’usine ou fonctionnaire. Avec mes potes, on a bien compris que le système dans lequel nous survivons n’est pas bon pour nous et nos familles. On a bien compris que les riches nous exploitent et n’ont pas les mêmes intérêts que notre classe sociale.

 

On n’en a rien à foutre de la République et de la Nation. On a défini notre but très tôt durant l’adolescence. Abattre ce système de merde pour construire une nouvelle société. Une société sans argent car on a vu que l’argent est la source des problèmes dans la rue et à la maison. Quand deux frères se tapent dehors pour deux cent francs. Quand les factures pleuvent dans la boite aux lettres. Une société sans classe sociale. On ne veut plus baver sur les riches car nous aussi on veut une maison originale et non avoir la même maison que mille de tes voisins dans une cité dortoir, ou vivre dans une cage à lapins avec des poules et des rats sur quinze étages.

 

La démocratie, on ne la connaît pas. On en a entendu parler à l’école mais en dehors on ne l’a jamais pratiquée. Dans ce système de merde, la démocratie est un terme utilisé par la bourgeoisie pour nous faire croire qu’on participe à la vie de ce pays à travers les élections, et ça depuis deux cent ans.

 

Si je taggais « nique l’état » sur les murs, c’est pas pour faire joli. C’est pas pour remplacer l’état bourgeois par un autre état quel qu’il soit. L’état est notre ennemi. La bourgeoisie est notre ennemi. Le capitalisme est notre ennemi. Que ce soit bien clair. Notre programme c’est la libération de l’humanité, et en premier lieu du prolétariat, de l’exploitation capitaliste. Ca ne peut plus durer. Et l’Etat est le fruit de cette exploitation pour nous contenir et nous réprimer à travers la police. Notre but est donc une société sans Etat, ni classe sociale. Une société communiste.

 

A force de lecture et de rencontre, j’ai compris que l’idéal communiste était inconsciemment inscrit dans nos têtes de fils de prolos. Ta façon de penser dépend de ta condition, de ton environnement et de ton éducation. Notre condition, c’est d’être des prolétaires depuis des générations. Notre environnement, c’est la classe ouvrière et les quartiers populaires. Notre éducation, c’est nos parents syndiqués et la rue.

 

Il n’y pas d’autres alternatives possibles, socialisme ou barbarie comme disait l’autre, on y revient toujours.

 

Socialisme ou barbarie[2]

Au moment où je finis d’écrire ce long texte, nous venons de passer en 2007, et la campagne médiatique pour l’élection présidentielle s’intensifie de jour en jour. Personnellement je ne voterais pas. Je connais beaucoup de gens qui ne savent pas à qui donner leur voie alors je leur répond : « dans le doute, on s’abstient ! » Mais ça ne passe pas forcément bien. Quoi qu’il en soit, le spectacle dans lequel se vautrent les candidats de la porcherie bourgeoise gauchère ou droitière me donne envie, une fois encore, de tout cramer.

 

En tout cas, à tous ceux qui mettent leur espoir de changement dans une élection en démocratie bourgeoise, je leur dit de se retirer le balai qu’ils ont dans le cul. Plus le temps passe plus la destruction du capitalisme s’approche inévitablement. Cela me fait penser à tout ce qui se passe en Amérique Latine et me conforte dans l’espoir d’une société juste et égale pour nos enfants qui n’ont pas choisi ce monde pourri.

 

Je voudrais rajouter aussi, qu’il ne faut pas sous-estimer le rôle négatif ou positif qu’a pu avoir les prises de positions du PT ces dernières années sur le mouvement ouvrier. Les Trotskystes de ce parti se prétendent l’avant-garde du prolétariat mais depuis plus de 20 ans déjà, ils n’ont pas su organiser plus de 6000 adhérents sur toute la France, ni avoir un impact important au sein de ce même prolétariat. On peut donc se poser la question : pourquoi ?

 

La direction du PT se sert du prétexte qu’ils sont censurés par les médias bourgeois pour jouer les Calimero et ne cherchent pas à nouer des contacts avec les médias indépendants, comme j’avais pu le faire. La possibilité de se faire connaître existe et il faut la saisir mais apparemment les dirigeants de ce parti ne veulent pas de cette idée. Ils restent donc une sorte de groupuscule lié à certaines autres organisations et cela leur suffit pour continuer leur routine quotidienne. Tous les ans, ils ressortent les mêmes genres de campagnes politiques sous des noms différents, ils occupent les militants en répétant « rupture avec Maastricht » à longueur de temps.

 

La barbarie est plus proche de nous qu’on pourrait le croire, et les organisations comme le PT ont une part de responsabilités dans le fait que la condition du prolétariat ne change pas et va en se dégradant. Quand on voit la direction du PT se cacher derrière le soutien à la candidature de Schivardi, le maire de Mailhac anciennement au PS, pour l’élection présidentielle, on comprend bien que le PT est passé du côté du soutien indirect à la bourgeoisie.

 

Citation de Schivardi extraite de son site Internet : « Vous avez pu lire et écouter les médias qui ont annoncé ma candidature à l’élection présidentielle de 2007. Cette candidature n’est pas, comme les médias essaient de le faire croire, une candidature politique de Parti ou une candidature présentée par l’extrême gauche ! C’est simplement une candidature voulue par de nombreux Maires de notre Pays. »

C’est une candidature ne se réclamant d’aucun parti mais une candidature voulue par quelques maires (dont on ne connaît pas la tendance politique). Question : est-ce que les maires représentent la volonté du prolétariat ?



[1] J’utilise le mot « parti » même si je sais qu’il va faire grincer les dents des camarades anarchistes. J’aurais pu utiliser le terme « organisation », cela ne change pas le contenu et la finalité de ce texte.

[2] Il est à noter que j’emploie les mots « socialisme » et « communisme » comme des synonymes dans le cas où je parle du but émancipateur du prolétariat.

MILITANT (chapitre 7)

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 12:35 :: Militant

7-DEMISSION

 

Lettre et réponses

J’ai envoyé ma démission du CCI par mail à mes camarades, le mardi 3 janvier 2006, j’avais écrit :

 

Chers camarades,

 

Je voulais vous écrire avant mais je n’ai pas eu accès au net durant ces vacances…après réflexions, j’ai pris la décision de ne pas continuer de militer au sein du Courant Communiste Internationaliste du Parti des Travailleurs. Je ne me sens vraiment plus à ma place dans ce courant. En un an de militantisme parmis vous, j’ai beaucoup appris d’un point de vue théorique et aussi pratique et j’ai rencontré des camarades vraiment sincères et dévoués. J’ai aussi été déçu par certaines positions ou réactions de quelques uns jeunes ou moins jeunes mais ce n’est pas ce qui me fait partir, et je dirais même que c’est « normal », je ne peux pas m’entendre avec tous. Je continue JR et le PT, en sachant que le combat dans la jeunesse est primordial.

                                                          

C

 

A ce moment-là, je ne voulais pas tout arrêter d’un coup et je pensais pouvoir continuer de militer au sein de JR et du PT. Mais je me suis voilé la face en faisant cela. J’ai eu des réponses écrites de G et M, et ils souhaitaient avoir une discussion avec moi. R m’avait contacté par téléphone et nous avons discuté aussi.

 

A chaque discussion, je voyais les mêmes réactions et je me demandais si après plusieurs années dans le même parti, les militants ne devenaient pas conditionnés ou formatés pour répéter les mêmes phrases. Outre le fait que seul M m’a dit en face clairement que j’étais un gauchiste, j’ai eu droit à « il n’y a pas d’autre issue ! » et à « que proposes-tu de mieux ? ».

 

Conséquences

Les mois qui ont suivis ma démission ont été une période de remise en cause de mon engagement politique, et je me suis rendu compte que tout était lié au CCI. A partir de ce moment-là, petit à petit, je n’ai plus eu de nouvelles du comité éditorial du journal jeune. On ne me demandait plus de venir aux réunions, ni d’envoyer des articles. Je continuais pourtant JR tant bien que mal mais forcément, je n’avais plus les orientations politiques du CCI à mettre en œuvre. J’étais donc mis de côté en quelque sorte.

J’ai cotisé au PT et à JR jusqu’au mois de juin et j’ai vraiment tout arrêté ensuite, même l’abonnement à IO. Je suis parti en vacances au mois d’août et j’ai pris du recul face à mon « désengagement politique ». En fait, j’ai noué d’autres liens et contacts avec d’autres militants.

 

Raisons

A la fin du mois de juin j’ai écrit à différents contacts militants expliquant les raisons pour lesquelles j’avais décidé de quitter le CCI-PT :

 

Premièrement, il y a d'abord les rapports humains, j'avais vraiment du mal à supporter et à m'entendre avec certains camarades, t'as beau être dans un parti pour militer avant tout et combattre pour la même cause il n'en reste pas moins que nous sommes des hommes avec un coeur (ou pas) et le côté humain n'existe pas dans une telle organisation, l'esprit de camaraderie et de fraternité n'est pas très présent non plus...

 

deuxièmement, ce qui s'appelle le centralisme démocratique...en entrant dans le parti et dans le cci on m'a vanté les bienfaits du centralisme démocratique et je me suis vite rendu compte de ses limites...pour résumé si tu constates un problème ou si tu veux défendre un autre point de vue que la majorité, tu peux faire remonter l'info jusqu'au bureau national en passant par la fédération etc. mais la réponse à tes questions elle ne redescend que très rarement et dans la plupart des cas si t'es pas d'accord avec la direction on te dit que tu es un gauchiste ou un petit-bourgeois, en clair trop de militants ont une confiance aveugle en cette caste qu'est la direction nationale du parti...

 

troisièmement, je ne peux pas soutenir une organisation qui appelle à voter SPD en Allemagne, je ne peux pas soutenir un parti réformiste comme le PT pour comprendre il suffit de lire la plate forme d'action politique du parti, je ne veux pas d'une assemblée constituante souveraine... je me bat pour la révolution prolétarienne, on pourrait me dire que je suis trop pressé parce que je voudrais la révolution tout de suite mais je vois mal comment on peut passer d'une assemblée constituante à une société communiste au sens Marxiste du terme, c'est un débat que j'ai déjà eu avec des camarades et on m'a traité de gauchiste tout simplement...

Le pire a été la campagne pour la victoire du vote non le 29 mai, dans informations ouvrières on pouvait lire des trucs du genre "voter non c'est la reconquête de la démocratie, c'est un coup d'arrêt contre la politique de l'union européenne". No comment - ça n'a rien changé, c'était juste pour donner des illusions aux bons moutons que nous sommes... je l'avais déjà dit à l'époque mais ça passait pas...

 

quatrièmement, dans la jeunesse, je ne veux jeter la pierre à personne mais beaucoup de jeunes militants de Jeunesse Révolution sont au cci et donc répète les mêmes méthodes et les mêmes principes que les vieux du cci...c'est dommage car c'est un sacré cadre pour construire dans la jeunesse... je faisais parti du comité éditorial du journal et le jour où j'ai quitté le cci je n'ai plus eu de nouvelles des responsables... j'avais écrit un article une fois sur le livre de ?? et on me l'avait refusé car trop anarchiste !

 

Pour finir, je dirais : je n'ai pas de solutions miracles pour que ça aille mieux, je ne regarde pas de haut et je ne suis pas meilleur que la direction du PT et ses cadres, mon expérience dans cette organisation m'a apporté et m'a fait comprendre beaucoup de choses, dans l'ensemble j'en ressort avec un bilan aussi bien positif que négatif même si j'ai été quand même sacrément déçu à un moment, maintenant ça va mieux...

 

Chère camarade

Au mois de septembre, j’ai envoyé ce mail à mon ancienne camarade de JR, B, qui fait le point sur mon engagement politique :

 

Le 20 septembre,

 

Chère camarade,

 

J’espère que ça va bien depuis hier. Je t'écris ce mail pour clarifier quelques trucs quand à mon engagement politique. J'ai passé beaucoup de temps à réfléchir cette année sur ça et sur mon expérience au parti, que je suis en train de mettre par écrit d'ailleurs. A un moment j'avoue j'étais paumé, je ne savais plus quoi faire mais j'ai pris du recul et les vacances m'ont fait du bien. Donc je vais essayer d'être clair dans mes positions :

 

Je n'ai vraiment plus envie de militer au CCI ni au PT. Pour faire simple, le CCI dirige le PT. Les membres du bureau national du PT sont quasiment les mêmes que la direction du CCI. On nous dit qu'il y a quatre courants au PT mais si tu te rappelles bien, j'avais demandé plusieurs fois en UB des nouvelles des autres courants, je ne n'avais pas eu de réponse. Sont-ils fictifs ? Non il y a bien des gens qui militent dans les autres courants mais qui sont ultra-minoritaires. De plus j'ai appris récemment que ces quatre courants ont été auto-proclamés par la direction du PCI quand ce dernier a créé le PT (en passant par le MPPT) en 1991 pour accepter des militants qui ont des nuances avec le CCI.

 

Je ne sais pas si tu as lu la plate forme d'action politique du PT, mais elle est on ne peut plus réformiste. Pas une seule fois il est question de la révolution pour atteindre le socialisme. Il parle de mouvement de millions de personne mais pas de révolution prolétarienne. Et ça me gène énormément. Donc en fait le CCI construit un parti ouvrier réformiste mais le CCI s'affirme révolutionnaire et pour la dictature du prolétariat ? On me dira c'est dans un cadre de front unique avec toutes les composantes du mouvement ouvrier que le PT existe. Bien. En fait le PT récupère les déçus du PCF, du PS et de la CNT dans les autres courants pour gonfler ses rangs ? Je ne veux pas construire un parti ouvrier bourgeois, il existe déjà. Mon but en rentrant au parti était de construire une organisation révolutionnaire.

 

Finalement les militants du CCI sont éparpillés et cotisent dans pas mal de cadre: CCI-IVème Internationale, PT, JR pour les jeunes, Entente Internationale, CVSE pour les étudiants, abos IO, La Vérité... Je pense sincèrement que c'est de l'éparpillement et que ça fatigue les militants les plus sincères plus qu'autre chose. En y réfléchissant j'aurais préféré construire un Parti Communiste Internationaliste (avec différentes tendances et son organisation de jeunesse) plutôt qu'un CCI.

 

Pour ce qui est des positions politiques adoptées par le CCI, voici mes divergences: je ne veux pas d’une assemblé constituante et d’une reconquête de la démocratie bourgeoise instauré en 1789. Comme écrivait Trotsky : « Pour ce qui est du capitalisme avancé, il a non seulement dépassé depuis longtemps les anciennes formes de propriété mais aussi l'Etat national et par conséquent aussi la démocratie bourgeoise. C'est en cela précisément que consiste la crise fondamentale de la civilisation contemporaine. La démocratie impérialiste pourrit et se désagrège. Le programme de la "défense de la démocratie" pour les pays avancés est un programme de réaction. La seule tâche progressiste est ici la préparation de la révolution socialiste internationale. Son but est de briser les cadres du vieil Etat national et d'édifier la société selon les conditions géographiques et techniques, sans douanes ni impôts médiévaux. Cela ne signifie pas, encore une fois, une attitude d'indifférence envers les méthodes politiques actuelles de l'impérialisme : dans tous les cas où les forces contre-révolutionnaires tentent de revenir, de l'Etat "démocratique" pourrissant, ou arriéré, vers le particularisme provincial, vers la monarchie, la dictature militaire, le fascisme, le prolétariat révolutionnaire, sans prendre sur lui la moindre responsabilité pour la "défense de la démocratie" (elle n'est pas défendable) opposera à ces forces contre-révolutionnaires une résistance armée, pour, en cas de succès, diriger son offensive contre la "démocratie" impérialiste. »

Je me bats pour la révolution mondiale prolétarienne, pour être clair. Donc quand j’entends dans les rangs du CCI qu’il faut construire des comités de reconquête des droits et de la démocratie, je dis non. Je dis qu’il faut créer des « soviets » partout où c’est possible qui convergent en un contre pouvoir révolutionnaire et non en une assemblée constituante dans laquelle les bourgeois pourraient être élu !

 

J’en ai déjà discuté avec M, et il m’a dit que j’étais un gauchiste et que je voulais aller trop vite. Ok c’est son avis. Mais le problème c’est que quand tu n’est pas d’accord avec ce qui dit la direction du CCI, on te dit que tu un gauchiste ou un petit-bourgeois. C’est quand même le comble pour un mec comme moi…

Rappelle-toi la contribution qu’on avait écrite pour notre UB en juin. Elle disait ceci :

1- Le 26 juin aura lieu une rencontre nationale des groupes Jeunesse Révolution. Ce sera un point d’appui sérieux pour la construction d’une organisation révolutionnaire de la jeunesse.

Pour l’instant, la direction de JR est assurée par la Commission Jeune du CCI. Aussi nous pensons qu’il devient nécessaire dans cette étape de construction, que se constitue une direction centralisée élue par les militants eux-mêmes.

Dans ce cas, l’existence de la Commission Jeune ne doit pas se substituer à la direction de JR, tout comme l’UB ne se substitue pas à l’assemblée du PT par exemple. Tous les membres de JR ne sont pas forcément TK, donc les décisions prises par la Commission Jeune doivent jouer un rôle d’impulsion et de discussion au sein des groupes JR.

Sinon, il faut dire clairement que JR est l’organisation des jeunes du CCI et, dans ce cas, la Commission Jeune peut jouer le rôle de direction.

2- JR doit reposer sur une structure organisée pour construire dans la jeunesse. Par conséquent la direction ne doit pas reposer sur quelques personnes. Il faut une répartition des tâches, et pour cela il faut un bureau national.

Proposition de schéma structurel pour JR à discuter:

- constitution d’un bureau national qui propose des directions politiques à toutes les sections, comprenant au minimum un trésorier et des portes-paroles lycéen, étudiant et jeune travailleur

(ouverture d’un compte d’association).

- désignation d’un comité éditorial qui assure la publication régulière du journal comprenant au minimum un rédacteur en chef, des correspondants en province et en région parisienne, un groupe de mise en page et un trésorier (obtention d’un code ISSN).

- chaque section doit compter un secrétaire et un trésorier. Les sections se réunissent régulièrement pour apprécier la situation politique avec l’aide du bureau national et pour préparer des plans d’actions locaux.

Nous n’avons jamais eu de réponse venant d’en haut. A l’époque j’ai laissé passer…Tout comme le code ISSN du journal… JR s’est doté d’un comité éditorial et d’un comité de liaison. Et j’ai été content de cette avancée dans la construction. Mais JR est toujours dirigé par la commission jeune du CCI. Donc j’en reviens encore une fois à mon éparpillement des militants…et aux positions que défendent les jeunes trotskystes au sein de JR.

 

J’aimerais sincèrement construire une organisation de jeunes révolutionnaires avec toi et avec l’aide de camarades comme R qui savent écouter et comprendre. Par contre, je n’ai pas envie de rendre de compte à des militants comme M, ou P pour les jeunes. Disons que je veux bien continuer mais je sais déjà ce qui va se passer et comment ça se passe. Je l’ai compris le jour où j’ai quitté le CCI et que j’ai été écarté du comité éditorial de JR et que je n’ai plus eu de nouvelles d’eux… On pourra dire ce qu’on veut mais au parti j’ai passé plus de temps à me battre contre des camarades que contre la bourgeoisie.

 

Voilà pour l’essentiel, j’espère que j’ai été clair et que tu me répondras. Tu peux transmettre à qui tu veux, ça ne me dérange pas. Il y aurait d’autres choses à discuter mais c’est déjà assez long comme ça pour l’instant.

 

A bientôt camarade

 

Elle m’a répondu quelques jours après :

 

Je ne réponds que maintenant, désolé mais comme à mon habitude, je cours partout. Je trouve ça dommage que tu sois parti du CCI. Je comprends à peu près pourquoi et je trouve dommage que la discussion avec M ai tournée comme ça. Je ne vais pas te répondre par mail sur la question de la politique du PT que tu trouves réformiste. Je préfèrerais qu'on en parle de vive voix, je ne suis pas à l'aise avec les mails! En tout cas je pense qu'on peut se mettre d'accord tout les deux sur JR. Au moins essayer. Bref faudrait qu'on se voit pour en parler. Moi j'ai des idées sur ce qu'on pourrait faire et je n'ai pas envie de t'exclure parce que tu n'es pas d'accord avec le CCI. Je n'ai pas de crédit donc je ne t'appellerai pas mais un coup de fil de toi sera le bienvenu! Biz

 

A ce jour, il n’y a pas eu de suite à cette discussion.

MILITANT (chapitre 6)

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 12:34 :: Militant

6-LA CONSÉCRATION

 

Contribution

Nous avions écrit une contribution avec B pour notre cellule du 15 juin, suite aux discussions que j’avais eues avec G et R, sur les problèmes d’organisation dans la jeunesse et sur les liens réels entre le CCI et JR.

 

Contribution des camarades B et C à l’UB K du 15 juin

 

1- Le 26 juin aura lieu une rencontre nationale des groupes Jeunesse Révolution. Ce sera un point d’appui sérieux pour la construction d’une organisation révolutionnaire de la jeunesse.

Pour l’instant, la direction de JR est assurée par la Commision Jeune du CCI. Aussi nous pensons qu’il devient nécessaire dans cette étape de construction, que se constitue une direction centralisée élue par les militants eux-mêmes.

Dans ce cas, l’existence de la Commission Jeune ne doit pas se substituer à la direction de JR, tout comme l’UB ne se substitue pas à l’assemblée du PT par exemple. Tous les membres de JR ne sont pas forcément TK, donc les décisions prises par la Commission Jeune doivent jouer un rôle d’impulsion et de discussion au sein des groupes JR.

Sinon, il faut dire clairement que JR est l’organisation des jeunes du CCI et, dans ce cas, la Commission Jeune peut jouer le rôle de direction.

 

2- JR doit reposer sur une structure organisée pour construire dans la jeunesse. Par conséquent la direction ne doit pas reposer sur quelques personnes. Il faut une répartition des tâches, et pour cela il faut un bureau national.

Proposition de schéma structurel pour JR à discuter :

- constitution d’un bureau national qui propose des directions politiques à toutes les sections, comprenant au minimum un trésorier et des portes-paroles lycéen, étudiant et jeune travailleur

(ouverture d’un compte d’association).

- désignation d’un comité éditorial qui assure la publication régulière du journal comprenant au minimum un rédacteur en chef, des correspondants en province et en région parisienne, un groupe de mise en page et un trésorier (obtention d’un code ISSN [1]).

- chaque section doit compter un secrétaire et un trésorier. Les sections se réunissent régulièrement pour apprécier la situation politique avec l’aide du bureau national et pour préparer des plans d’actions locaux.

 

3- Nous constatons aussi un manque de tracts à diffuser. Qui s’en occupe et qui les rédige ?

Peut-on mettre en place un comité de rédaction des tracts ?

 

Mon responsable de cellule m’a dit à l’époque qu’il avait fait remonter l’information au secteur. Je n’ai jamais eu de réponse écrite. J’ai eu une réponse orale me disant que la Commission Jeune du CCI joue seulement un rôle d’impulsion au sein de JR…On m’a même dit que je n’étais pas clair dans mes propos… ( !) La  rencontre nationale du 26 juin m’apportera d’autres réponses.

 

Rencontre nationale du 26 juin

Voici le compte-rendu succinct que j’en avais fait dans mon rapport mensuel :

 

Rencontre nationale des groupes Jeunesse Révolution de 10h à 17h au 87.

Rapport introductif par L. Discussion suivie des décisions finales :

-Adoption d’un appel issu de cette rencontre

-Perspective d’une manifestation après une prochaine rencontre début novembre

-Election d’un noyau de comité de rédaction du journal

-Adoption d’une pétition pour l’arrêt immédiat des poursuites contre les lycéens

-Proposition de charte pour l’IRJ à discuter dans chaque section

-Proposition d’un compte-rendu dans une réunion locale

-Adhésion de X à la section JR de notre ville

 

Durant la discussion j’ai lu des extraits et j’ai posé les questions soulevées de la contribution qu’on avait écrite avec B. J’ai été élu responsable de la page culture du journal. L’organisation commençait à prendre forme même si je pensais que ce n’était pas assez. La commission jeune du CCI avait encore la mainmise sur la direction de JR. Les personnes élues au comité éditorial sont des jeunes trotskystes.

 

Trois cellules

Depuis début juin, je remplaçais R dans son rôle de responsable de cellule pour le dégager des nombreuses tâches de militants qu’il occupait, et « pour qu’un jeune prenne la relève ». J’allais donc tous les lundis soirs à 19 heures au 87 à la réunion de secteur, en compagnie de M et de la responsable de notre secteur I. On rendait compte de nos activités de cellule et on discutait des nouvelles actualités de la lutte de classe. A la fin de la réunion, on prenait bien sûr de nouveaux objectifs pour chaque membre de notre cellule.

Ma cellule se tenait le mercredi soir après dîner chez G, et il fallait que je prépare le rapport introductif ainsi que le plan de la réunion. Je passais chez R avant pour qu’il m’emmène et pour discuter de ce que j’avais préparer. Ce n’était pas évident surtout avec un vieux loup comme G à l’affût de la moindre faille dans mon rapport. Mon emploi du temps était bien occupé par mes activités militantes.

Durant le mois de juin, le nombre de trotskystes sur notre ville est passé de treize à quinze (sur une section PT de 36 adhérents). Notre secteur nous a donc proposé de former trois cellules sur notre ville avec G, M et moi en responsable de cellule. Les trois nouvelles cellules s’appelleront donc G, M et C à partir de la rentrée de septembre.

 

Cellules regroupées

Le mercredi 24 août se tenait une réunion chez G avec tous les trotskystes de notre ville. Voici un extrait de la discussion rédigé par G :

 

Après un bref rappel du rapport de la précédente UB avec les attaques généralisées de l’impérialisme, et de la résistance qui ouvre des crises révolutionnaires au Pérou et en Bolivie, je présente la lettre de la Vérité en précisant d’une part, que l’actualité se focalise sur les élections du 18 septembre en Allemagne et d’autre part, que l’appel à Sedov est complémentaire du développement sur l’Allemagne. 10 camarades sur 11 ont lu cette lettre et je leur demande de s’exprimer en laissant une plage de 50 mn pour cela.

 

D : Je suis d’accord mais les raisons de cet appel ne sont pas suffisamment expliquées. Pour moi, la raison est trop courte.

F : Je suis d’accord avec cet appel.. Le SPD n’est pas de même nature que le PS. Le SPD est profondément enraciné dans la classe ouvrière allemande. On ne peut pas accepter que Schröeder détruise le SPD de la même manière qu’on ne peut pas accepter que Lula détruise le PT. Le seul problème est de faire le FUO avec des sociaux démocrates qui veulent rester sociaux démocrates.

Q : Je suis d’accord avec F. Pour les masses allemandes, le SPD, c’est leur parti. C’est la base de toutes les conquêtes sociales. On a vu que le KPD n’a pas pu se relever du nazisme mais le SPD, c’est différent. Il est la base pour la reconquête de tous les acquis, y compris en Allemagne de l’est. Il faut défendre le SPD car on ne peut pas se diluer dans n’importe quoi.

: Je ne comprenais pas pourquoi on donnait notre soutien au SPD mais maintenant c’est clair.

B : Cet appel me surprend mais je manque de bases historiques. Je ne comprends pas pourquoi on donne notre soutien tant que Schröeder sera là. Le 22 janvier, il y avait une femme du SPD qui dénonçait la politique de Schröeder et ne lui accordait aucun soutien.

C : Moi je suis contre. Je suis contre un soutien à des sociaux démocrates. Je ne soutiendrai jamais des sociaux démocrates car ils sont contre la révolution.

E : Moi, je suis embêtée. C’est vrai, le SPD a permis à la classe ouvrière de gagner toutes ses conquêtes…mais aujourd’hui…il faut appeler à voter SPD ? Je sais bien qu’en Allemagne il n’y a pas de parti comme le PT (français) et qu’il n’y a pas d’alternative. Mais sur quelle base cet appel à voter SPD ?

G : E, tu avais l’air étonnée par mon introduction très courte pour laisser les camarades s’exprimer sur la lettre de la Vérité. Cette discussion s’avère très utile. Je laisserai la parole à D qui a participé à la commission sur l’Allemagne mais, pour en revenir à la discussion, je suis d’accord avec Q quand elle rappelle la base historique du SPD et son rôle dans la classe ouvrière allemande. F a eu raison de faire le parallèle avec Lula au Brésil. Dans son intervention sur France inter, Daniel Gluckstein a souligné 2 choses : d’une part, les TK ne peuvent pas participer à un gouvernement qui détruit les acquis ouvriers et refuse de donner la terre aux paysans, d’autre part, il a insisté sur le fait que notre rôle de TK c’est de défendre partout les organisations ouvrières, syndicats et partis, car ces organisations sont indispensables à la classe ouvrière pour la lutte de classes.

M : La question n’est que partiellement allemande. Tout parti qui se soumet en arrive à la destruction. En Allemagne, le prolétariat est le mieux organisé du monde. Même aux USA, l’AFL-CIO a été divisé sans raison mais malgré ses pertes, le DGB reste le plus fort des syndicats. Notre campagne c’est de chasser Schröeder et de sauver le SPD. Lafontaine a fait alliance avec les staliniens (rappel de l’effondrement du KPD). Je suis en désaccord avec C. Quand Mitterrand a dit qu’il voulait rompre avec le capitalisme, nous avons appelé à voter pour lui. Idem dans un syndicat. Faut-il quitter un syndicat parce qu’on se heurte à des bureaucrates ? Sûrement pas, tout TK doit être syndiqué // interruption de C « Moi je le suis pas ! » // Tu as tort de ne pas être syndiqué et il faudra en discuter. La position de E et C est gauchiste en refusant de voter pour des sociaux démocrates : c’est la question du FUO. D’ailleurs le texte se termine par un point d’interrogation ce qui veut dire qu’il reste ouvert au dialogue. La situation est tragique quand il n’y a pas de parti comme le nôtre et la réponse n’est pas évidente. Je prédis que les stals vont monter à ces élections et qu’ils sont d’accord pour abattre le SPD et pour aider à liquider tous les acquis comme par exemple la loi Volkswagen de 1954 qui interdit la privatisation. Mais partout, que ce soit en Bolivie, au Venezuela, au Brésil ou en Europe, l’appel au vote dépend des circonstances, il est déterminé par un vote de classe.

G : B, le 22 janvier, Eva, membre du SPD, a attaqué Schröeder parce que le SPD appartient à ses adhérents : elle refuse la politique de Schröeder et la destruction du SPD. Flasha, tu te poses la question du FUO avec des sociaux démocrates mais je ne sais pas si les adhérents du SPD veulent rester ceci ou cela, c’est la bataille pour la défense du SPD qui en décidera.

D : C’est la question qui se pose pour beaucoup de partis SD en Europe comme au Danemark ou pour le PSOE. A travers le SPD, nous défendons toutes les conquêtes ouvrières et tous ceux qui veulent défendre ces conquêtes. Il y a une difficulté au Royaume-Uni parce qu’il y en a de plus en plus qui veulent désaffilier leur syndicat du Labour party. Ce n’est pas une campagne menée seulement par les pabs et les stals, il y a aussi des syndicalistes honnêtes qui en ont ras le bol et pour qui « chasser Blair » devient prioritaire.

 

Il faut préciser qu’à ce moment-là, je n’étais pas encore titulaire dans mon travail. Par conséquent, R m’avait dit d’attendre ma titularisation pour me syndiquer.

Il est intéressant de voir que je suis un gauchiste car je refuse de soutenir un parti social-démocrate. Je suis désolé mais si ce gros con de Schröeder est à la tête de ce parti, c’est bien parce que des militants du SPD ont voté pour lui, à faible majorité ou pas. Ce parti est en train d’anéantir la classe ouvrière allemande par des contre-réformes, et il faudrait le soutenir ? Je pense qu’il faut être plus radical que ça. Ce parti a voté les crédits de la première guerre mondiale tout comme le parti socialiste français. Il a envoyé les travailleurs allemands à l’abattoir et on me demande de le soutenir ?

Le Front Unique Ouvrier dont parle D ne peut se faire qu’avec des organisations honnêtes et non avec des social-traîtres ou des valets de la bourgeoisie.

 

Camp jeune de la IVème Internationale

Le camp jeune de la IV avait lieu du samedi 27 août au lundi 29 août dans un centre de loisirs à côté de Melun en Seine-et-Marne. Nous étions cinq participants de notre ville, et on avait réussi à financer les 80 euros par personne nécessaire.

Le camp commençait le samedi matin au cimetière de Thiais pour une commémoration des victimes du stalinisme sur la tombe de Léon Sedov. Ensuite direction le centre de loisirs en train de banlieue.

L’emploi du temps et le cadre du camp étaient tranquilles. Je dois dire que j’y ai passé un bon moment et rencontré des personnes très agréables. On était quatre en moyenne par chambre et la bouffe était convenable.

Les journées étaient réparties entre exposé théorique et discussion en petits groupes pour approfondir les sujets traités. Les organisateurs du camp m’avaient désigné pour diriger un groupe. Les exposés portaient sur les classiques du marxisme ainsi que sur l’actualité du combat de la jeunesse dans la lutte de classe. Le dimanche soir on a fait la fête jusqu’à tard dans la nuit avec son lot de jeunes qui ne tiennent pas l’alcool.


 

Responsable de cellule

J’ai donc été responsable d’une cellule durant les mois de septembre et octobre. Nous étions cinq camarades dont deux jeunes. Tout se passait bien mais nos résultats, selon notre secteur, étaient trop faibles.

 

C’est durant ces deux mois que j’ai compris ce que voulait dire « être débordé ». Heureusement, j’avais la chance de ne pas avoir un boulot contraignant au niveau des horaires. Mais le militantisme me prenait une très grande partie de mon temps libre. Je comprends mieux maintenant pourquoi ce sont en majorité des fonctionnaires qui militent au PT. Un ouvrier avec des enfants, qui bosse dans le privé, n’aurait pas le temps de faire cela.

 

Exemple d’emploi du temps militant :

 

Lundi

Mardi

Mercredi

Jeudi

Vendredi

Samedi

Dimanche

Comité éditorial du journal jeune (soir)

Diffusion publique (matin ou soir)

Réunion Secteur (soir)

Réunion de Cellule (soir)

Diffusion publique (matin ou soir)

AG du PT ou réunion Jeunes (après-midi)

 

 

Il faut compter aussi le temps de rédaction des comptes-rendus et de préparation des réunions. Au final on passe beaucoup trop de temps en réunion à discuter et re-discuter des mêmes choses.

 

Trop de tâches

Durant le mois d’octobre j’ai donc envoyé un mail à mon secteur et à mes camarades de cellule, pour leur dire que j’avais trop de tâches à assumer et que je préférais me consacrer à l’organisation des jeunes.

Le secteur a donc proposé à un autre camarade de notre ville de reprendre ma cellule et par la même il y a eu réorganisation des trois cellules sur notre ville.

 

Comité éditorial

Le comité de rédaction s’était élargi depuis le mois de juin. Les responsables du journal siégeaient pour la plus part à la Commission Jeune du CCI. Comme j’étais responsable de la page culture, je proposais tous les mois des articles.

 

Mais il s’est passé un truc qui m’a poussé à arrêter le comité éditorial. J’avais écrit un article sur un livre que j’aime beaucoup. Un responsable du journal m’avait interpellé au 87 pour me dire que ce n’était pas possible de publier un article sur un anarchiste selon ses termes. Je lui ai dit que je n’étais pas d’accord.

 

Mais je lui ai quand même proposé un autre article, et la semaine qui a suivi sa publication, des échos sont remontés jusqu’à mes oreilles comme quoi durant une réunion de la Commission Jeune du CCI, des vieux se seraient plaints du contenu de mon article. Je me pose la question qui rédige le journal et qui choisit les articles, la CJ ou le comité de rédaction ?

 

Convention nationale

Le dimanche 16 octobre se tenait la première Convention nationale gracieusement accueillie par la mairie stalinienne d’Ivry-sur-Seine. C’est la suite logique du Comité national pour la victoire du vote non et de la stratégie de Front Unique organisée par le PT.

Cette Convention a rassemblé des délégués mandatés de toute la France (principalement des militants syndicalistes FO ou CGT et politiques du PS, PCF, MRC et PT) pour dire : reconquête de la démocratie et de nos droits, rupture avec l’Union Européenne. En décision finale, il a été décidé de créer des comités départementaux, un bureau permanent du Comité national pour la reconquête de la démocratie, ainsi que la rédaction d’une lettre au premier ministre lui demandant de recevoir une délégation.

Extrait de la lettre : « Réunis dans cette convention nationale, nous avons décidé de nous adresser à vous, parce que, dans une situation aussi terrible, il faut trouver des solutions et qu’il n’est pas possible que des choses aussi dramatiques se poursuivent ».

Il est clair que Villepin va nous aider à trouver des solutions, c’est évident… ! Comment peut-on faire croire aux gens que écrire des lettres aux bourgeois va résoudre le moindre petit problème social ?

MILITANT (chapitre 5)

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 12:33 :: Militant

5-LA CAMPAGNE POUR LA VICTOIRE DU VOTE NON

 

Meeting pour la victoire du vote non

Le 16 avril avait lieu le meeting pour la victoire du vote non au référendum sur la Constitution Européenne dans la grande salle de la Mutualité. Ce meeting était organisé par le Comité national pour la victoire du vote non à la Constitution Européenne. Ce comité a été créé par la direction nationale du Parti des Travailleurs afin de rassembler des forces de gauche dans un cadre de Front Unique. C’est la suite logique du Comité de Défense des Communes créé en réaction contre la régionalisation et l’intercommunalité imposées par l’Union Européenne.

 

Le prélude à ce meeting a été la manifestation nationale, pour la victoire du vote non au référendum, à Paris le samedi 22 janvier, allant de la Place de la République à la Place de la Nation. Mes parents étaient venus et j’avais invité J. On était quatre jeunes de notre ville dans le cortège jeune. A la fin de la manifestation, des militants ont distribués le « Serment de la Place de la République ». Il s’agit en fait d’un résumé des positions et des discours du Comité National qui ont été prononcés juste avant le départ de la manifestation.

 

(Extrait du) Serment de la place de la République (adopté à Paris, le 22 janvier)

 

“Pour la République une et indivisible, pour la démocratie, pour l’égalité des droits, nous jurons de mobiliser toutes les forces pour la victoire du vote NON à la Constitution européenne”

 

Nous sommes aujourd’hui plus de 10 000 rassemblés à Paris, mandatés par 40 000 élus, travailleurs des villes et des campagnes, jeunes, chômeurs, retraités, mères de famille, militants de toutes tendances du mouvement ouvrier, démocratique, républicain. Nous sommes plus de 10 000, mandatés par 40 000, qui avons répondu à l’appel du Comité national pour la victoire du vote NON à la Constitution européenne. Nous sommes plus de 10 000 qui avons entendu les prises de parole de nos amis et camarades venus de France et de tous les pays d’Europe, qui ont dit avec nous : non à la Constitution européenne, oui à la souveraineté des nations libres d’Europe, oui à l’union libre des nations souveraines d’Europe : Gérard Schivardi, maire socialiste de Mailhac, conseiller général de Ginestas, Aude (France) ;Eva Gürster, médecin hospitalier, syndicaliste, membre du SPD (Allemagne) ; Alain Pecel, conseiller général PCF de la Loire (France) ; Jean-Maurice Dehousse, ex-vice-président du groupe socialiste au Parlement européen (Belgique) ; Yannick Sybelin, syndicaliste, (France) ; José Manuel Toledo, conseiller municipal socialiste de Leoia (Espagne) ; Pierre Compain, “Jeunes pour le NON à la Constitution européenne”, (France) ; Alexandre Anor, député du Parti socialiste suisse de Genève (Suisse) ; Daniel Gluckstein, secrétaire national du Parti des travailleurs (France).

Nous sommes plus de 10 000 qui avons entendu les messages envoyés par nos camarades et amis d’Italie, de Roumanie, de Turquie, d’Ukraine de Grande-Bretagne, d’Autriche.

 

Ce serment a été imprimé bien avant la manifestation, vu le nombre important d’exemplaires distribués à la fin. On peut constater que les sociaux-démocrates sont très présents dans le Comité. Au parti, on m’a toujours répété qu’il y a des militants de base du PS et du PCF qui sont sincères et qui combattent vraiment pour la classe ouvrière. Il faut rappeler que la direction nationale du PS avait appelé à voter oui au référendum. Mais alors je me pose la question, que font-ils dans des organisations complètement pourrie au service de la bourgeoisie ? Je constate que les intervenants à la manifestation et au meeting aussi, ne sont pas que des simples militants de base mais que certains ont des postes à responsabilité dans ces deux organisations. Par conséquent, je me méfie de ces personnages aux discours réformistes et petits bourgeois, et me demande ce que les militants trotskystes et la classe ouvrière ont à gagner de créer des comités avec eux.

 

Un relevé de discussion et de décisions du Comité Directeur CCI 93 du 14 mars revient sur la stratégie adoptée :

 

« Bien entendu, intervention dans la lutte de classe et campagne politique pour le vote non ne s’opposent pas, bien au contraire. Nous devons donc chercher à chaque étape, à articuler ces deux pans de notre activité : l’intervention sur le terrain direct de la lutte de classe, et la mise en œuvre d’une politique indépendante qui permette d’ouvrir cette issue. Cette politique indépendante s’incarne aujourd’hui dans la victoire du vote non au referendum du 29 mai : il nous revient d’organiser la mobilisation de la majorité des travailleurs sur le vote non, à partir des questions concrètes – donc des revendications – en lien avec la situation réelle dans laquelle les travailleurs et les jeunes cherchent à combattre. Une étape dans ce combat : le meeting du 16 avril. »

 

Je n’ai jamais approuvé cette stratégie de la direction nationale pour nous faire croire que la victoire du vote non, c’est-à-dire déposer un bulletin dans une urne, apporterait un point de départ pour un quelconque changement. Les propos de Daniel Gluckstein sur ce sujet, lors du meeting du 16 avril, sont très clairs et n’ont rien d’un militant révolutionnaire :

 

« Alors camarades, le vote non, ça veut dire que c’est le point de départ de la reconquête de la démocratie, le point de départ de la reconquête de l’ensemble des acquis démocratiques de notre pays. Et c’est pour cela qu’il faut l’unité. »(…)

« Si le non l’emporte le 29 mai, le changement est possible. Il restera à construire. »(…)

« Mais la Révolution française, la grande Révolution française, celle qui a établi en droit l’égalité entre les citoyens, celle qui a porté les idéaux d’émancipation et d’égalité entre tous les peuples, celle-là, elle a été un point d’appui pour les luttes d’émancipation des travailleurs et des peuples du monde entier. Et si en 1905 et en 1917 encore, en Russie, les révolutions se sont faites au son de la Marseillaise, c’est parce que la Révolution française a ouvert une voie pour les peuples du monde entier, nous pouvons ouvrir cette voie le 29 mai. »

 

Le vote non, point de départ de la reconquête de quelle démocratie ? La démocratie bourgeoise ?

 

(Extrait du) Tract issu du meeting du 16 avril

 

Faisons entendre la voix du non.

 

Rassemblés le 16 avril à l’initiative du Comité national pour la victoire du vote non, nous lançons un appel à la mobilisation générale. Les semaines qui viennent seront décisives. Pour sauver la démocratie, il est impératif que le non l’emporte. C’est ce qui a été exprimé avec force et diversité par les orateurs de toute sensibilité de notre meeting :

• Jean-Maurice Dehousse, ex-vice-président du groupe socialiste

au Parlement européen et ancien député de Belgique

• Marc Dolez, député socialiste du Nord

• Gérard Schivardi, maire de Mailhac, conseiller général de Ginestas (Aude)

• Dr Nicole Delépine, pédiatre cancérologue

• Jean-Charles Marquiset, syndicaliste

• Daniel Gluckstein, secrétaire national du Parti des travailleurs

• Une lycéenne pour le Comité des jeunes pour le NON

• Un cheminot pour le comité d’Achères pour le NON mandaté par 500 cheminots.

 

La démocratie politique est en danger. La République une, indivisible et laïque est en danger. Toutes les conquêtes sociales et démocratiques arrachées par les générations précédentes sont en danger. A toutes et à tous nous disons : vous êtes contre la Constitution, alors, le 29 mai, votez non, faites voter non !

Utilisons le suffrage universel, arme de la démocratie, pour la défendre.

 

Je pense qu’il y a une grosse différence entre les acquis (« conquêtes sociales et démocratiques arrachées par les générations précédentes ») et le cadre (« la république une et indivisible ») dans lequel ces acquis ont été gagnés. Se battre pour défendre la république aussi démocratique qu’elle soit n’est pas la même chose que se battre pour le socialisme. Autrement dit, le combat pour abattre la société de classe n’est pas à l’ordre du jour dans ce genre de comité, ni même dans les rangs du PT.

 

La victoire du vote non le 29 mai

Après des discussions dans ma cellule sur le pourquoi aller voter, après avoir coller des affiches dans toutes les rues de notre ville avec R, je me suis dit et je pense toujours que ça m’a fait « plaisir » que le non l’emporte. Je me suis dit que ça leur mettrait une bonne claque à tous ces bourgeois et ces travailleurs que j’avais rencontrés et qui allaient voter oui. A l’époque j’avais écrit :

 

« Ceux qui disent non ils sont égoïstes envers les pays de l’Est. Voilà ce que tu entends tous les jours dans les médias. Et le pire, c’est que les gens le répètent bêtement. Autre argument du « oui » : ce traité n’est pas parfait mais il permet de progresser dans la construction européenne. Celui-là il est bien dit hein ? Ca c’est du mec qui se réclame de gauche mais qui suce les patrons et la commission européenne. »

 

En prenant du recul, ce n’est pas le fait d’aller voter à ce référendum qui m’a gêné mais le fait, que des dirigeants politiques soi-disant révolutionnaires bernent les militants d’illusions en carton en disant que le « non » allait changer quoi que ce soit et que tout resterait à construire.

 

Et j’ai commencé à comprendre que quelque chose clochait en lisant la déclaration du bureau national du 29 mai au soir.

 

 

DÉCLARATION DU BUREAU NATIONAL DU PARTI DES TRAVAILLEURS

 

« Une victoire du peuple français

Le peuple français vient de se prononcer. Le fort taux de participation montre que, lorsqu’il est au service d’un véritable choix démocratique, le suffrage universel est une arme dont le peuple est prêt à se servir. » (…)

« Le 29 mai, il y a, dans notre pays, des vainqueurs et des vaincus (…)

Ne sont-ils pas vainqueurs aussi les peuples du monde ? La victoire du non en France signifie qu’un coup d’arrêt peut être porté à la politique de destruction mise en oeuvre dans le monde entier par le régime failli de la propriété privée des moyens de production. » (…)

« Dans les grands moments de l’histoire, il apparaît que la force de la masse, la force de millions d’anonymes peut l’emporter sur la toute-puissance apparente de ceux qui contrôlent les institutions politiques, financières, et les médias. Ce 29 mai 2005 restera comme l’un de ces grands moments où la force du peuple peut submerger la puissante coalition de ceux qui dominent et servent le régime de la propriété privée des moyens de production. »

 

Rappel des résultats du référendum : 55% de vote non avec 30% d’abstention. Je ne pense pas qu’un coup d’arrêt puisse être porté par le résultat d’un référendum. Pour l’histoire, j’ai voté chez moi et le résultat a été à plus de 60% de non. Avec mes amis d’enfance, si on a voté pour cet évènement, c’est pour foutre une claque aux bourgeois, mais on n’a jamais rien attendu d’un vote sous un régime bonapartiste. Notre but étant l’abolition de la société capitaliste.

 

Pour que la démocratie politique se rétablisse sur ses pieds, n’est-il pas indispensable que soit convoquée une Assemblée constituante souveraine, disposant de tous les moyens pour refonder la démocratie politique ? Car c’est au peuple de définir la forme que devraient prendre des institutions authentiquement démocratiques.

 

L’Assemblée constituante fait désormais partie du programme du PT. On ne parle plus de prolétariat mais de peuple. La campagne du 29 mai s’est fait sous une prise de position électoraliste digne de n’importe quel autre parti politique. Le Parti des Travailleurs est bien un parti ouvrier bourgeois qui voudrait refaire la révolution française en tenant le rôle des jacobins.

 

« Les dirigeants devront répondre à ces questions

La victoire du vote non signifie, chacun le comprend, que des questions majeures ont été posées ce 29 mai. Elles appellent des réponses auxquelles personne ne pourra déroger. Elles appellent des réponses que les dirigeants devront fournir. »

 

Personnellement je n’attends rien des dirigeants de ce pays. Le bureau national attend des réponses des bourgeois et, quelques lignes plus loin dans la déclaration, écrit « Travailleurs, militants, jeunes, ne comptez que sur vos propres forces ». N’y a-t-il pas contradiction ?

 

Je crois qu’il faut être clair dans ses propos, la question qui se pose c’est pourquoi le PT n’a pas appelé à une mobilisation le 29 mai au soir ? Comment concrétiser ce vote si ce n’est dans la mobilisation immédiate ? C’est bien on a voté, on a fait notre bonne action de l’année maintenant on retourne se coucher, demain il faut aller bosser… Faut pas déconner ! La direction du PT parlait de coup d’arrêt mais au mois de juin, la bourgeoisie en a profité pour redoubler d’effort dans la destruction de nos acquis.

 

Il faut bien comprendre que la plus part des gens qui ont voté non au référendum ne sont pas organisés politiquement ni syndicalement car ils sont déçus ou n’ont pas confiance envers les dirigeants politique de gauche. Alors si le PT n’est pas capable de proposer quelque chose de mieux que les autres partis de gauche et d’extrême gauche, le PT est finalement au service de la bourgeoisie.

 

MILITANT (chapitre 4)

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 12:32 :: Militant

4-LA MACHINE EST EN MARCHE

 

Trotskyste

Je suis officiellement devenu un trotskyste le 4 janvier. Comme tous les militants de cette organisation, je devais choisir un « blaze » et m’acquitter de « phalanges » mensuelles. J’ai choisi le blaze C, et j’ai fixé ma cotisation à dix euros.

Nous avons rejoint, avec B, l’Unité de Base (UB) « K » tenue par R, assez hétéroclite. Les discussions politiques étaient intéressantes et une fois par mois, nous nous réunissions avec l’autre UB de notre ville, qui s’appelle « D » et tenue par M.

Je posais pas mal de questions, notamment si on pouvait avoir des nouvelles des autres courants, car après tout on construit le même parti, non ? Mais je n’ai jamais eu de réponses. Je me demandais aussi pourquoi le PT se présentait aux élections présidentielles ? Pourquoi participer au jeu de la bourgeoisie ? Pourquoi gâcher de l’argent dans ce spectacle électoral ? Certains disaient pour se faire connaître, d’autres qu’on peut être amené à utiliser les élections comme un outil de la lutte de classe, il n’y a pas de règles prédéfinies…m’a-t-on répondu…

 

Congrès fédéral

Le dimanche 16 janvier, R et M m’avaient invité au congrès de ma fédération PT. J’étais là en temps qu’observateur, je n’avais pas le droit de vote. Chaque section locale a élu des représentants pour assister et prendre des décisions durant le congrès. Et après, chaque représentant doit rendre compte à sa section. C’est comme ça que ça fonctionne normalement.

Le congrès a commencé à 14h pour se terminer vers 20h. Le fait marquant de cette journée c’est l’attitude de Daniel Gluckstein durant cette réunion. Après que la discussion soit close, il a prit les sections une à une (il y en a au moins une trentaine) et il a pointé toutes les cotisations, abonnements et les revisites qui manquaient à coup de « pourquoi il manque une cotisation camarade… », « pourquoi cette personne n’a pas été revue camarade… ». Comme ça pendant deux heures. J’avais l’impression que le maître grondait ses élèves. Il était vraiment autoritaire et personne ne bronchait. J’avais franchement envie de me barrer.

 

L’entreprise politique

Les réunions de cellule (ou d’UB) se déroulaient toujours selon le même plan : résultats, rapport introductif de celui qui tient la cellule, discussion et tâches. Dans les résultats, la vente hebdomadaire du journal du parti, Informations Ouvrières, est primordiale. Comme disait G : c’est notre carte de visite ! Si tu venais à l’UB et que tu avais zéro vente de IO, c’était un problème politique et ça faisait l’objet d’une discussion. Pareil pour l’organe théorique du CCI, La Vérité. A la fin, on te faisait prendre de nouveaux objectifs pour la prochaine cellule avec un beau serment pour aller vendre. A un moment, je me suis demandé si j’étais un commercial qui vendait des tapis ou un militant révolutionnaire. Franchement, je sais que l’indépendance financière n’est pas facile à équilibrer, mais cette méthode « objectifs/résultats/pourquoi t’as pas vendu » ne fait que brimer les militants. Et je ne parle même pas des campagnes d’été pour faire abonner à IO…

Finalement, on reproduit les mêmes rapports à l’intérieur du parti que dans une Société Anonyme capitaliste. Il n’y a aucune différence, mise à part la façon de faire et l’idéologie marxiste défendue mais non appliquée. Il y a une hiérarchie très précise et des tâches « obligatoires » à accomplir.

 

Faisons les comptes

 

Quand on fait le compte de toutes mes cotisations, je me rends compte de l’escroquerie :

-abonnement Informations Ouvrières : 15,25 Euros pour 12 numéros

-cotisation mensuelle au Parti des Travailleurs : 10 Euros

-cotisation mensuelle à Jeunesse révolution : 15 Euros

-phalange mensuelle au Courant Communiste Internationaliste : 10 Euros

-revue La Vérité : 4 Euros tous les deux mois et 6 Euros le numéro spécial une fois par an

-journal JR : 0,50 Cents au début puis 0,70 Cents, en moyenne tous les deux mois

-TOTAL pour deux mois de militantisme : 89,75 Euros (589 Francs), sans compter les numéros spéciaux et différentes brochures en fonction de l’actualité, ainsi que les différentes campagnes politiques.

 

Certains vieux me reprochaient de ne pas payer assez au CCI… ceux qui me disaient cela donnaient au moins 150 Euros par mois…ou sinon certains me répétaient d’augmenter mes cotisations dès que j’aurais monter de grade dans mon boulot…

Tout ça me rappelle une photo dans le rapport du XIIIème congrès du PT, à la page 16, où l’on peut voir sur une table une pétition « la sécu elle est à nous », avec dessus une petite boite remplie de pièces de monnaies et une paire de main (d’un militant sûrement) tenant des billets de dix euros…

 

Les gardes

Comme j’étais dispo, on m’a proposé[1] de faire des « gardes ». Il s’agit en fait de surveiller le local du parti, le 87, toute la nuit en se relayant avec trois ou quatre autres camarades. La nuit est découpée en quatre tranches : 23h-1h, 1h-3h, 3h-5h et 5h-7h. La dernière tranche est réservée aux cadres du CCI qui tiennent une UB…Au début, je n’y croyais pas, je pensais que c’était une blague.

Et puis j’ai fait ma première garde le lundi 14 février (je n’avais pas de copine à cette époque) avec des camarades que je ne connaissais pas. J’ai découvert le dortoir dans lequel on doit partager les odeurs et les ronflements. Les draps sont fournis mais pas de bouffe le soir, ni de petit déjeuner. Chacun sa poire. A 23h, on a tiré au sort quelle tranche horaire chacun allait faire, et je suis tombé sur la deuxième, 1h-3h. J’ai eu de belles cernes en arrivant au boulot le lendemain matin. J’ai donc effectué ma garde avec un fond de radio, à mater les écrans de surveillance du local, devant lesquels je piquais du nez.

 

J’ai fait trois autres gardes par la suite durant l’année 2005, toujours des lundi soirs. Et toujours pas de bouffe commune et toujours la même tranche horaire à surveiller. Je pense sincèrement que ça fatigue des camarades pour rien. On m’a raconté des histoires d’incendies et d’intrusions pour justifier ces gardes, mais je reste convaincu que la direction nationale pourrait rémunérer cette tâche à des camarades au chômage…

 

Jeunesse Révolution

Au mois de mars, le groupe JR de notre ville comptait quatre jeunes. J’étais le trésorier et je faisais des rapports d’activités mensuels que je communiquais aux autres camarades de JR et du CCI. On faisait des diffusions hebdomadaires devant le lycée. Notre groupe fonctionnait bien et j’étais déterminé à construire une organisation solide.

Depuis le mois de février, on était en pleine période de mouvement lycéen pour le retrait de la loi Fillon et pour la défense du bac national…On avait récolté 270 signatures sur notre pétition. J’avais commencé à établir un fichier de contacts avec numéro de téléphone et mail. On avait rencontré des jeunes meneurs sur le lycée qui organisaient les blocages, les assemblées générales et les manifestations.

Je vendais entre quatre et sept exemplaires du journal à chaque parution, et partout où je sortais dans ma vie privée, je parlais et faisais de la publicité pour Jeunesse Révolution. La vie de militant me prenait presque tout mon temps.

J’ai commencé à écrire des articles pour le journal. A cette époque il n’y avait pas encore de comité éditorial bien défini. Quelques jeunes de la région parisienne, surtout des étudiants trotskystes, élaboraient le journal avec l’aide de O, le responsable de la jeunesse au CCI, dans les locaux d’Informations Ouvrières.

Je commençais à me poser la question de « qui dirige quoi ? ». J’étais décidé à vouloir structurer notre organisation de jeunesse afin que ce ne soit pas le Commission Jeune du CCI[2] qui dirige JR, mais les militants de JR eux-mêmes.



[1] Je ne dis pas « forcer » car tu as la possibilité de dire non pour n’importe quel motif. Mais cela donnera lieu à une discussion politique très sérieuse au sein de la cellule qui au final te mettra la pression.

[2] La Commission Jeune du CCI est composée de jeunes TK de la région parisienne ainsi que de la province, et de « vieux » TK en charge de l’organisation de la jeunesse.

MILITANT (chapitre 3)

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 12:31 :: Militant

3-LES PREMIERS PAS

 

Rencontre

L m’a donné rendez-vous à la sortie du métro Gare de l’Est en face du Quick, le samedi 21 août à 14h. Elle m’a ensuite emmené au local, dans la salle jeune de l’époque, au 87 rue du Faubourg Saint-Denis. Entrée surveillée avec caméra et double portail en fer s’il vous plait !

On a discuté pendant une heure. Elle m’a présenté l’organisation Jeunesse Révolution. Elle m’a dit qu’elle était trotskyste au sein du PT. Je lui ai dit que mes parents sont des militants, que j’avais lu récemment « Le manifeste du Parti Communiste » de Karl Marx, et que j’étais influencé par le Parti des Panthères Noires car j’avais lu beaucoup de textes à leur sujet.

Elle m’a donc proposé de participer à la rencontre internationale de l’IRJ. Cette rencontre durait sur trois jours : samedi, dimanche et lundi. Comme j’étais en période de préavis au boulot et que j’avais posé tous mes congés en juillet, je n’ai pas pu participer entièrement à cet évènement.

 

Adhésion

Je suis donc allé, avec ma collègue J, à la réunion qu’ils organisaient le samedi 28 août après-midi au 87, dans laquelle participaient des jeunes venus de pays différents. C’était très intéressant de voir et d’écouter des jeunes issus d’autres pays mais qui finalement veulent combattre le même ennemi : le système capitaliste. A la fin de cette réunion, j’ai adhéré officiellement à Jeunesse Révolution, en remplissant ma carte d’adhérent rouge, et en me fixant une cotisation mensuelle de quinze euros.

 

Détail de la carte d’adhérent JR :

 

« Qui sommes-nous ? Face à un monde qui s’effondre, nous nous organisons dans les Groupes Jeunesse Révolution pour dire : l’exploitation, la misère, le développement de la drogue, des guerres, la destruction du droit à l’instruction, au travail, aux loisirs… tout cela a une origine : le système capitaliste.

Les groupes JR ont été constitués à l’initiative de jeunes, dont certains sont membres de la Ivème Internationale, autour du journal JR, et pour agir : contre les guerres impérialistes et le pillage des peuples, contre la précarité et pour le droit à un vrai travail avec un vrai salaire, contre la drogue, pour le droit à une instruction laïque et gratuite et pour aider à construire un vrai syndicat étudiant.

Nous sommes révolutionnaires, c’est-à-dire que nous pensons qu’il y a une issue à ce système. Mais ce n’est ni la « débrouille individuelle », ni l’évasion dans les paradis artificiels avec la drogue.

Pour nous l’issue, c’est d’en finir avec ce système, pour construire un monde nouveau de justice, de paix. Ce combat est mondial, c’est pourquoi avec des jeunes de tous les pays nous combattons pour l’Internationale Révolutionnaire de la Jeunesse.

Pour cela, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes : nous sommes indépendants financièrement, et nous auto-finançons nos activités par le vente de JR, les cotisations des adhérents et le soutien financier.

Chaque mois, lisez, diffusez JR ! »

 

C’étaient les débuts de Jeunesse Révolution, on comptait environ cent cinquante adhérents sur toute la France à cette époque. Il n’y avait aucune structure. Ce sont les jeunes trotskystes qui organisent et qui décident de tout.

 

M

J’ai rencontré M par l’intermédiaire de L pas longtemps après en allant au 87. Elle avait dû lui parler de mon adhésion à JR, vu qu’ils étaient dans le même secteur CCI. Il milite depuis longtemps au parti. Il m’a demandé si j’étais trotskyste, je lui ai répondu que je n’étais pas fan de Trotsky et il m’a proposé de construire un groupe de jeunes sur notre ville avec l’aide des « vieux » du parti. Je lui ai dit que j’étais d’accord et il m’a donné les contacts de R (secrétaire de la section PT de notre ville) et P, un camarade trotskyste.

 

Septembre Rouge

Durant le mois de septembre qui a suivi mon adhésion à JR, il s’est passé deux choses importantes : je suis allé pour la première fois à la Fête de l’Humanité et je suis allé voir dans un petit cinéma à Bastille, le documentaire de Patricio Guzman « Salvador Allende ».

J avait des entrées gratuites à la Fête de l’Huma car l’entreprise où elle bossait à l’époque, avait un stand d’exposition dans le chapiteau « entreprises ». A vrai dire, cet évènement ne m’a pas emballé plus que ça. J’y ai vu mon ancien patron (chouette !) et j’ai claqué dix euros pour un CD de soutien à Mumia Abu-Jamal.

Par contre le documentaire sur la présidence de Salvador Allende au Chili de 1970 à 1973, m’a touché. En fait, Guzman nous transmet sa nostalgie de cette époque et de ce président socialiste, ainsi que sa haine envers les monstres Pinochet et CIA. C’est un beau film d’un partisan d’Allende, tout simplement.

Il faut comprendre qu’à ce moment-là, j’avais l’impression d’entrer dans la lutte pour le socialisme, et ce film, très bien arrangé, m’a donné des ailes pour aller de l’avant. Par la suite, je me suis documenté sur cette histoire, et j’ai perdu mes illusions sur Allende et le parti socialiste Chilien.

 

Octobre et novembre de plus en plus…rouge

J’ai commencé à participer régulièrement à des réunions JR à Paris au 87. A l’époque c’était A qui s’occupait des jeunes sur mon département.

J’ai rencontré R, et j’ai adhéré à la section de notre ville du Parti des Travailleurs, avec une cotisation de dix euros par mois.

M m’a appelé un dimanche après-midi et m’a donné les coordonnées d’une étudiante qui s’appelle B. Je l’ai donc appelée et nous avons pris rendez-vous le samedi 13 novembre au 87. Elle a adhéré à JR et nous avons décidé de construire une section JR sur notre ville.

 

Diffusion

Le 17 novembre, j’ai fait ma première diffusion publique avec L. On s’était posé à la sortie du RER, entre 18h et 19h, pour distribuer des tracts appelant à voter non au référendum sur la Constitution Européenne, et pour vendre des journaux JR. On a fait la meilleure vente du département ce soir là : 8 journaux JR et un IO spécial Constitution Européenne en une heure.

 

Groupe d’Etudes Révolutionnaires

J’ai commencé mon GER avec B le 24 novembre chez R. Le GER est, en fait, le prélude à l’entrée au CCI, dans lequel tu commences à verser une certaine somme d’argent en soutien au CCI. On avait rendez-vous une fois par semaine, le soir après manger, généralement, pour étudier les grands évènements du mouvement ouvrier révolutionnaire.

 

Planning du GER :

 

Mon GER a duré six séances, allant de une heure à deux heures, sur six semaines. Je me rends compte aujourd’hui que c’est peu pour une première approche théorique de la lutte de classe. Il y a tellement d’évènements à développer dans l’histoire du mouvement ouvrier…

Je l’ai fait avec ma nouvelle camarade, B, et nous étions encadrés par des trotskystes affûtés comme G, M et R. Tous les trois des « cadres » du CCI. M et R tenaient chacun une UB. Mon GER a donc été un survol des grandes lignes du marxisme à la sauce CCI du PT.

 

Première séance, le mercredi 24 novembre, présentation du GER, qu’est-ce que l’Etat ?

Deuxième séance, le jeudi 2 décembre, qu’est-ce que le marxisme ?

Troisième séance, le jeudi 9 décembre, les Internationales. Divisée en quatre chapitres :

-pourquoi une internationale ?

-social-démocratie et réformisme

-bolchevisme contre stalinisme

-quatrième internationale

On nous avait prêté un livre à lire concernant cette séance, de couleur bleu édité du temps de l’OCI, qui reprenait exactement ces thèmes et expliquait le rôle primordial des trotskystes.

Quatrième séance, le mercredi 15 décembre, la quatrième internationale.

Cinquième séance, le jeudi 23 décembre, l’organisation de la jeunesse (à la suite d’une réunion jeune)

Sixième séance, le mardi 4 janvier, les révolutions.

 

Anecdote : dans la troisième séance de mon GER, j’ai posé la question « que s’est-il passé à Cronstadt en 1921 » (sujet délicat entre trotskystes et anarchistes…) ? R m’a répondu qu’il ne savait pas trop et qu’il allait se renseigner. M m’a dit que c’était une contre-révolution qu’il fallait empêcher.

 

MILITANT (chapitre 1 et 2)

Par Partigiano :: 09/02/2007 à 12:30 :: Militant

1-PRESENTATION

 

J’ai milité au Parti des Travailleurs durant un an et demi. J’avais 21 ans en y entrant et autant d’espoir que d’illusions. Je vais d’abord raconter pourquoi j’ai choisi cette organisation politique. Ensuite je détaillerais chronologiquement les évènements de ma vie de militant trotskyste. Et je finirais par des conclusions et des leçons que j’ai appris de cette expérience, en donnant une nouvelle touche d’espoir pour l’avenir.

 

Pourquoi écrire mon expérience au sein du Parti des Travailleurs ? Parce qu’aujourd’hui je ressens le besoin de dire la vérité. J’aimerais que ce texte serve à éclairer les camarades et à construire une véritable organisation révolutionnaire du prolétariat. Je ne vais pas faire le procès de telle ou telle personne, loin de là, je critique les positions politiques et les méthodes utilisées dans le parti. J’explique aussi pourquoi je ne veux plus militer dans cette organisation.

 

Il est normal qu’il y ait des désaccords et des malentendus dans un parti politique. Cela reste avant tout une organisation composée d’ « humains ». Tout ce que je raconte, je l’ai dit et répété aux camarades, mais je  me suis vite rendu compte que finalement le parti est incritiquable et intouchable. Tu es vite qualifié de contre-révolutionnaire si tu ne vas pas dans le sens de la direction nationale. Ce parti soi-disant ouvrier est malheureusement gangrené par le réformisme petit-bourgeois.

 

Je voudrais saluer ici les camarades qui ont déjà écrit des textes sur ce parti afin de rétablir la réalité et que je vous invite à lire : Karim Landais  http ://zemadeleines.free.fr/ et Jean-Claude Tardieu http ://www.meltl.com .

 

Aussi, je voudrais remercier tous les camarades qui m’ont relu et corrigé, et qui m’ont poussé et motivé à écrire cet essai politique.

 

 

2-INTRODUCTION

 

Pour comprendre pourquoi j’ai choisi de militer au Parti des Travailleurs, il suffit de connaître ma famille. Mon père a milité au sein de l’Alliance des Jeunes pour le Socialisme (jeunesse de l’Organisation Communiste Internationaliste dirigée par Pierre Boussel dit Lambert). Il a milité ensuite au PCI, MPPT et PT dans différents endroits. Ma mère a suivi de plus ou moins près ces organisations au côté de mon père, mais elle a toujours eu une préférence pour les mouvements libertaires et anarchistes. J’ai donc vu toutes les semaines de mon enfance le journal hebdomadaire du PT : Informations Ouvrières, sur la table du salon. Il était donc logique que je sois attiré par ce parti.

 

Je me suis toujours intéressé aux problèmes sociaux et à la vie politique. Je n’ai pas arrêté de poser des questions à mes parents sur le monde dans lequel nous vivons. Je me suis mit à la lecture de IO vers l’âge de 14 ans afin d’en savoir plus. Je me suis par la suite abonné au journal dès que j’ai commencé à travailler. Militer pour la révolution mondiale prolétarienne est un des buts dans ma vie que j’ai toujours eu si je puis dire. J’ai commencé par travailler dans une petite entreprise qui a coulé au bout d’un an. Elle a été rachetée. J’ai démissionné un an après afin de rentrer dans la fonction publique. Je me suis dit que j’allais avoir plus de temps libre car les horaires sont moins contraignants et donc j’allais pouvoir faire ce que j’avais envie depuis longtemps : militer.

 

Dans un IO du mois d’août, j’ai lu que des jeunes de Jeunesse Révolution organisaient une rencontre internationale, du 28 au 30 août, en région parisienne. J’ai pris ma plume et je leur ai envoyé un courrier pour dire que j’étais intéressé par leur démarche et que j’aimerais les aider à préparer cette rencontre. Je leur ai donc donné mes coordonnées et quelques jours après, une certaine L m’a contacté.

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