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Partigiano Le blog en lien avec les militants révolutionnaires. Des textes, des photos et des articles de Remito sur notre monde, sur la musique, sur la politique, sur l'art, sur les livres...

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Le criminel, c'est l'électeur !

Par Partigiano :: 05/04/2012 à 8:21 :: Histoire







La domination masculine est-elle née avec les classes sociales ?

Par Partigiano :: 27/03/2012 à 8:16 :: Histoire

Une conférence très intéressante à écouter sur Smolny faite par Christophe Darmangeat qui est l'auteur du livre "Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était". Une nouvelle édition est parue :



Présentation de l’éditeur :

Lorsqu’en 1877, l’anthropologue Lewis Morgan publia sa Société archaïque, Marx et Engels s’enthousiasmèrent pour ce qui représentait selon eux la première analyse scientifique des sociétés primitives et, par extension, de la préhistoire des sociétés de classes. Dans son célèbre ouvrage L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, Engels en prolongeait les principales conclusions et établissait ainsi sur l’évolution de la famille et l’origine de l’oppression des femmes ce qui allait devenir la référence marxiste. Depuis lors, les matériaux ethnologiques et archéologiques se sont accumulés, et les fragments épars ont laissé place à une vaste fresque ; malheureusement les tentatives d’actualiser cette contribution sont restées bien rares.

Tel est bien l’objectif poursuivi par cet essai qui, tout en relevant sans complaisance les nombreuses conceptions dépassées de l’Origine de la famille, suggère que la méthode matérialiste et critique proposée par Marx et Engels pourrait bien rester la meilleure clé pour pénétrer le lointain passé des sociétés humaines et mettre à jour la racine de l’inégalité des sexes.


L’auteur :

Christophe Darmangeat enseigne l’économie à l’Université Paris 7 Denis Diderot depuis 1992. Au cours de ces dernières années, il a orienté ses recherches vers l’anthropologie sociale.







Histoire Domératoise (2)

Par Partigiano :: 27/02/2012 à 8:47 :: Histoire


Trouvé dans le journal municipal de Domérat, janvier 2012 :












Paul Mattick : Interview à Lotta Continua (1977)

Par Partigiano :: 23/02/2012 à 8:12 :: Histoire

CRISE ET INFLATION


L.C. : Tout semble indiquer que nous sommes entrés dans une période de grave crise économique et sociale. Quels en sont les traits nouveaux par comparaison avec la crise des années 1930 ?

P.M. : Les raisons fondamentales de la crise actuelle sont identiques à celles de toutes les crises précédentes du système capitaliste. Mais toutes les crises présentent aussi des caractères spécifiques en ce qui concerne leur apparition, les réactions qu’elles provoquent et leurs conséquences.

À l’origine de ces traits distinctifs se trouvent les transformations structurelles du capital. Une crise survient en général à la suite d’une période d’accumulation convenable, au cours de laquelle les profits produits et réalisés ont suffi à assurer le maintien d’un rythme d’expansion donné.

Cet état de prospérité capitaliste exige des gains de productivité constants et assez élevés pour contrebalancer le déclin relatif de rentabilité qu’entraînent les transformations structurelles du capital. La recherche du profit, que les capitaux individuels effectuent sous le fouet de la concurrence, donc à l’aveuglette, ne peut que se poursuivre sans tenir aucun compte des transformations intervenues dans le rapport capital/travail inhérent à la composition sociale du capital.

La crise fait irruption quand la disproportionnalité entre la fraction du profit destiné au capital social et le taux d’accumulation voulu interdit toute nouvelle expansion. Cette disparité de base, mais indéterminable par voie empirique, se fait sentir au niveau du marché sous forme d’un défaut de demande effective, lequel n’est qu’une autre expression pour désigner le défaut d’accumulation, de cette accumulation dont dépend la demande effective.

Avant 1930, on remédiait aux dépressions économiques par des procédés déflationnistes, autrement dit en laissant libre cours aux lois du marché dans l’espoir que la baisse d’activité aurait tôt ou tard pour effet de restaurer l’équilibre de l’offre et de la demande, et partant de rétablir la rentabilité du capital.

La crise de 1930 fut cependant trop profonde et trop dispensieuse pour qu’on pût s’en tenir au laisser faire traditionnel. On y fit face par des procédés inflationnistes, autrement dit par des interventions de l’État, appelées à déboucher sur la guerre, pour restructurer l’économie mondiale au moyen d’une centralisation à outrance, accomplie au détriment des capitaux nationaux les plus faibles, autant que d’une destruction systématique du capital sous ses formes à la fois monétaires et physiques. Financées comme elles l’étaient par le déficit budgétaire, c’est à dire par des techniques inflationnistes, ces interventions avaient des résultats encore et toujours déflationnistes, mais d’une tout autre ampleur qu’autrefois, quand on s’en remettait passivement aux lois du marché. La longue crise puis la Deuxième Guerre mondiale, et les destructions massives de capital qui les accompagnèrent, créèrent les conditions d’une période extraordinairement longue d’expansion dans les grandes puissances industrielles d’Occident.

Déflation et inflation aboutirent l’une et l’autre au même résultat, un nouvel essor du capital, et servirent de la sorte et tour à tour à sauvegarder la stabilité économique et sociale ainsi acquise. Le financement par le déficit budgétaire, par le crédit en d’autres termes, permet certes de stimuler une économie en stagnation. Mais il est impossible de maintenir le taux de profit de cette façon là et de perpétuer ce faisant les conditions de la prospérité. Ceci étant, le mécanisme déclencheur de crise inhérent à la production de capital était appelé à se remettre en place de lui même : simple question de temps.

À l’heure actuelle, il est manifeste que l’octroi de crédits destinés à relancer la production constitue non pas une solution définitive à la crise, mais une politique au coup par coup dont les effets positifs ne peuvent être que temporaires. Faute d’aboutir à un véritable, un évident essor fondé sur des profits accrus, cette politique est vouée à un échec dont elle contient en elle même le germe.

La médication keynésienne a tout bonnement engendré une nouvelle situation de crise, assortie d’inflation et de chômage également croissants, et l’un comme l’autre tout aussi préjudiciables au système capitaliste. La crise en cours n’a pas atteint jusqu’à présent l’ampleur dévastatrice de la précédente qui, pendant les années 1930, devait conduire de la dépression à la guerre.

Tout en étant incapables de mettre fin au marasme actuel, les mesures anticrises pallient jusqu’à un certain point la misère causée par la baisse d’activité. Mais, dans le cadre d’une économie capitaliste en stagnation, ces mesures deviennent elle mêmes autant d’éléments contribuant à détériorer celle ci par la suite. Ne rendent elles pas plus ardue la reconstitution d’une base de départ pour un nouvel essor ? De même, la dépression qui va croissant a pour conséquence de restreindre à proportion la part d’intégration internationale que l’économie capitaliste doit à des arrangements monétaires et à des politiques commerciales d’inspiration libérale. Et les tendances au protectionnisme aggravent encore l’état du marché mondial.

Étant donné que la crise ne peut être jugulée qu’aux dépens de la population laborieuse, la bourgeoisie se voit contrainte de mobiliser tous les moyens dont elle dispose, économiques aussi bien que politiques, pour réduire le niveau de vie des travailleurs. La montée du chômage, tout en pesant sur la situation, ne suffit pas à faire baisser les salaires autant que l’exige le rétablissement de la rentabilité du capital. Pour arriver à ce rétablissement, préalable obligé à la reprise de l’expansion, il faut comprimer les revenus des couches non capitalistes, diminuer le budget dit social, etc. Bien qu’une inflation accélérée ait cet effet là, pareille politique trouve aussi ses limites dans l’« anarchie » croissante de la production capitaliste et de la société en général. Bref, l’inflation comme politique permanente menace l’existence même du système.

GAUCHE ET EUROCOMMUNISME

L.C. : A ce propos, comment vois tu le rôle de la gauche, et plus particulièrement du Parti communiste ? Quelle est selon toi la signification de l’eurocommunisme ?

P.M. : II faut distinguer entre la gauche objective, c’est à dire le prolétariat comme tel, et la gauche organisée, qui n’est pas de nature strictement prolétarienne. Au sein de cette dernière, le Parti communiste, tout du moins en Italie, détient une position dominante. En ce moment ci, toujours en Italie, c’est lui qui le plus probablement détermine la politique de la gauche, malgré l’opposition des formations situées à sa gauche ou à sa droite. Mais le P.C. n’est pas une organisation communiste au sens traditionnel : depuis longtemps transformé en mouvement social démocrate, en parti réformiste, il vit en symbiose avec le capitalisme et donc s’offre à le servir.

Son objet pratique est de satisfaire les aspirations bourgeoises de son corps dirigeant, les besoins de sa bureaucratie, tout en faisant office de médiateur entre le travail et le capital en vue de maintenir le statu quo social. Le fait qu’il rencontre une adhésion massive en milieu ouvrier indique que les travailleurs ne sont pas prêts à renverser le système, ou n’y tiennent pas, et désirent à la place arriver à un accommodement avec lui. Illusion, assurément, mais qui va dans le sens de la politique opportuniste du P.C. Une dépression prolongée risquant de détruire le système, il est essentiel pour le Parti communiste, autant que pour les autres organisations réformistes, d’aider la bourgeoisie à en finir avec la crise. C’est pourquoi il s’efforce de couper court à des actions ouvrières susceptibles de freiner, voire d’empêcher, le redressement du capitalisme. Dès que ce dernier se trouve mis en danger par des mouvements de la classe ouvrière, que le système en proie à la crise ne saurait contenter, la politique réformiste et opportuniste du P.C. revêt un caractère ouvertement contre révolutionnaire.

L’eurocommunisme cher au P.C. est dépourvu de toute signification parce que le communisme est une catégorie non pas géographique mais sociale. Ce terme vide recouvre une tentative, de la part des P.C. européens, de différencier leurs attitudes actuelles d’avec leurs politiques passées. C’est une manière de proclamer que le vieux but capitaliste d’État depuis longtemps enterré en pratique a été abandonné au profit de l’économie mixte propre au capitalisme d’aujourd’hui. Eurocommunisme, cela signifie la recherche d’une reconnaissance officielle et d’une intégration totale au système en place, lesquelles impliquent naturellement une intégration aux divers États nationaux que compte le territoire européen. Une manière aussi de faire acte de candidature à des responsabilités accrues dans le cadre du système capitaliste et de son gouvernement, de s’engager en outre à respecter le degré limité de coopération atteint dans le contexte européen par les nations capitalistes et à s’abstenir de toute initiative risquant de compromettre le consensus apparent entre l’Est et l’Ouest.

II s’agit en l’occurrence non pas d’une rupture catégorique avec la partie capitaliste d’État du monde, mais de la consécration du fait que ce camp là, bien loin lui aussi de chercher à étendre par des moyens révolutionnaires l’aire du capitalisme d’État, vise à s’intégrer plus complètement au marché mondial, malgré les différences qui subsistent entre systèmes de capitalisme privé et de capitalisme d’État.

L’EFFICACITÉ RÉVOLUTIONNAIRE

L.C. : Quelles possibilités d’action révolutionnaire, ou d’action visant à préparer une révolution à venir, existe-t-il ? Quelles possibilités vois tu pour les travailleurs, les chômeurs, les étudiants, les formations gauchistes ?

P.M. : Les actions révolutionnaires sont dirigées contre le système comme un tout pour le renverser. Ce qui présuppose une dislocation du corps social, hors de tout contrôle politique. Jusqu’ici, pareilles actions ne sont produites qu’en liaison avec des catastrophes sociales, telles celles qu’engendrent des guerres perdues et l’état de désagrégation économique qui va de pair avec elles. Cela ne veut pas dire que ce genre de situation constitue un préalable absolu à la révolution, mais revient à constater l’ampleur de la désintégration sociale qui précède les soulèvements révolutionnaires. La révolution doit forcément impliquer la majorité de la population. Et c’est la nécessité, non l’idéologie, qui met les masses en mouvement. L’activité qui s’ensuit produit son idéologie révolutionnaire propre, en vue de discerner ce qu’il y a lieu de faire pour sortir victorieusement de la lutte contre les défenseurs du système. À l’heure actuelle, les possibilités d’action révolutionnaire sont extrêmement faibles, parce que les chances de succès sont quasi nulles.

Instruites par l’expérience, les classes dirigeantes s’attendent à des éruptions révolutionnaires et se sont armées en conséquence. Leur puissance militaire n’est jusqu’à présent nullement menacée de dissensions intestines ; politiquement, ces classes jouissent du soutien des grandes organisations ouvrières et de la majorité de la population. Elles n’ont pas encore épuisé les possibilités de manipuler l’économie qui s’offrent à elles ; malgré une concurrence internationale toujours plus âpre pour des profits en voie de contraction à l’échelle mondiale, elles demeurent unies dans le monde entier contre des soulèvements prolétariens partout où ils pourraient surgir. Les régimes soi disant socialistes participent eux aussi à ce front commun : pour sauvegarder les rapports de classe, les rapports d’exploitation qui leur servent de base. Au stade de développement où nous sommes, une révolution socialiste semble plus que douteuse. II n’en reste pas moins que toute activité des travailleurs visant à défendre leurs intérêts propres possède un caractère potentiellement révolutionnaire, étant donné que le capitalisme se trouve dans un état de délabrement susceptible de durer longtemps. Vu le manque de données utiles, personne ne saurait prévoir quelles dimensions la dépression est appelée à prendre. Mais chacun est confronté à la crise et doit y réagir : la bourgeoisie à sa manière, la classe ouvrière de façon opposée.

En période de relative stabilité économique, la lutte ouvrière elle même a pour effet d’accélérer l’accumulation du capital, en forçant la bourgeoisie à adopter des méthodes plus efficaces pour accroître la productivité du travail et conserver de la sorte le taux de profit voulu. Les salaires et les profits peuvent s’élever de conserve sans que cela nuise à l’expansion du capital. Mais une dépression met fin cependant à cette hausse simultanée (quoique inégale). Pour que le processus d’accumulation puisse redémarrer, il faut d’abord que la rentabilité du capital soit rétablie. Désormais, la lutte entre le travail et le capital met en cause l’existence même du système, liée qu’elle est à l’expansion continue de ce dernier.

Objectivement, les luttes économiques ordinaires revêtent des implications et donc des formes politiques, parce qu’une classe ne peut l’emporter qu’au détriment de l’autre. La classe ouvrière n’a nul besoin de concevoir sa lutte comme la voie de la révolution ; dans le cadre d’un capitalisme en déclin persistant, ses luttes prennent des connotations révolutionnaires, et cela complètement en dehors de toute prise de conscience. Bien sûr, il se peut que les travailleurs acceptent de se contenter d’une part diminuée, dans certaines limites, du produit social, serait-ce uniquement pour éviter les misères d’une lutte prolongée contre la bourgeoisie et son État. Mais voilà qui risque fort de ne pas être suffisant pour nourrir un nouvel essor économique et mettre un terme du même coup à la croissance du chômage. Tout en étant inhérente au système, la division entre travailleurs en activité et en sans travail se transforme en source de difficultés pour le capitalisme, dès lors qu’il y a montée constante du chômage dans un contexte de stagnation et de déclin économiques. Quant aux moyens de réagir à la crise, tout ce qu’on suggère aux travailleurs, c’est de s’unir tous tant qu’ils sont, avec ou sans travail, dans des organisations placées sous leur contrôle direct, et de se battre pour leurs besoins immédiats, sans tenir compte de l’état de l’économie ni de la collaboration de classe du mouvement ouvrier officiel. En d’autres termes : de mener leur lutte de classe avec autant d’acharnement que la bourgeoisie mène la sienne. Au grand moyen d’action de celle ci, son appareil d’État, il faut opposer une puissance plus considérable encore, ce qui ne peut se faire au début que par une dislocation continue du processus de production, base même de la puissance capitaliste et par une poussée implacable des sans travail visant à extorquer à la bourgeoisie leurs moyens d’existence.

Quant aux étudiants d’extrême gauche et aux groupes révolutionnaires, s’ils veulent avoir une efficacité quelconque, il leur faut s’immerger dans le mouvement des travailleurs et des chômeurs : non pour réaliser un programme à eux, mais pour mieux cerner le sens de la lutte de classe qui se profile à l’horizon et les directions qu’elle est appelée à prendre en raison des lois immanentes de la production de capital.

VIOLENCE ET ACTION DE CLASSE

L.C. : D’après toi, quel est le rôle de la violence, de la lutte armée en particulier, dans l’action militante.

P.M. : Ce n’est pas une question à laquelle on peut répondre en attribuant à la violence un rôle ou positif ou négatif. La violence est immanente au système et donc une nécessité pour le travail autant que pour le capital. De même que la bourgeoisie ne subsiste qu’en vertu de sa mainmise sur les moyens de production, de même il lui faut la défendre par des procédés également extra économiques, grâce à son monopole des moyens de répression. Un refus de travail suffit à priver de sens les moyens de production, car le profit capitaliste n’a pas d’autre origine que le processus du travail. Entre le travail et le capital, il n’est donc pas question de lutte purement économique : la bourgeoisie ne manquera pas de recourir à la violence chaque fois que cette lutte menacera son existence en risquant de compromettre sérieusement la rentabilité du capital.

Voilà qui interdit aux travailleurs toute espèce de choix entre la violence et la non violence dans la lutte des classes. C’est la bourgeoisie, en possession de l’appareil d’État, qui en décide ainsi. À la violence il n’est possible de répondre que par la violence, même s’il faut se battre avec des armes inégales à l’extrême. Il s’agit en l’occurrence non d’une question de principe, mais bien de la réalité, de la structure propre à la société de classes. Cependant, la question posée est de savoir si les éléments radicaux doivent ou non prendre l’initiative de la violence au cours des luttes anticapitalistes, au lieu de laisser à la bourgeoisie et à ses mercenaires le soin d’en décider.

Certes, il peut y avoir des situations auxquelles la bourgeoisie n’est pas prête à faire face et où un heurt violent avec ses forces armées se termine à l’avantage des révolutionnaires. Mais toute l’histoire des mouvements d’inspiration radicale montre avec la dernière netteté que des victoires aussi fortuites restent sans lendemain. La bourgeoisie finira toujours par avoir le dessus sur le plan militaire, sauf si le mouvement révolutionnaire prend une ampleur telle que l’appareil d’État lui-même en est affecté, ses forces armées se divisant ou se dissolvant. C’est seulement en conjonction avec de grands mouvements de masse, qui font littéralement voler en éclats l’édifice social, qu’il devient possible d’arracher aux classes dirigeantes les moyens de répression et du même coup les moyens de production. La futilité évidente de confrontations armées par trop inégales n’a pas empêché qu’il s’en produise. Qui plus est, dans certaines situations, pareilles confrontations peuvent déclencher des réactions en chaîne et déboucher sur des mouvements de masse du genre qui sert en général de préalable à la violence révolutionnaire. Voilà pourquoi il est si dangereux d’insister sur la non violence et de faire de la violence l’apanage de la classe dominante. Mais cela concerne des situations véritablement cruciales (non pas celles que les pays capitalistes connaissent actuellement) et aussi des forces suffisamment armées pour pouvoir tenir le coup pendant très longtemps. Dans le cas contraire, de telles actions reviennent à un suicide collectif pur et simple, chose dont la bourgeoisie s’accommode volontiers.

On peut les louer d’un point de vue moral, ou même esthétique, mais elles ne servent nullement la cause de la révolution prolétarienne ; tout su plus entrent elles un jour dans le folklore révolutionnaire. Psychologiquement, il est difficile sinon impossible pour des révolutionnaires de s’élever contre la futile mise en oeuvre de la justice de classe par des groupes ou des individus terroristes. Marx lui même, pourtant contempteur déclaré du nihilisme sous toutes ses formes, ne cachait pas son admiration pour les exploits terroristes du groupe russe de la Volonté du peuple. De fait, que le contre terrorisme de certains groupes révolutionnaires soit voué à la futilité est une chose, qu’il disparaisse pour autant en est une autre. Ses adeptes ne sont pas animés de la conviction que leurs actions déboucheront directement sur la transformation de la société ; ils ne se résignent pas à laisser sans réplique le perpétuel terrorisme de la bourgeoisie, voilà tout. Et une fois lancés dans le terrorisme illégal, le terrorisme légal les contraint à la fuite en avant jusqu’au dénouement tragique. Cette famille d’esprits est elle même un produit de la société en crise et une réponse à sa férocité toujours accrue. Se joindre au choeur des voix bourgeoises pour condamner également le terrorisme d’un point de vue prolétarien, ne rime à rien. Il vaut mieux constater sa futilité, et rechercher des moyens plus efficaces d’en finir avec la permanente terreur capitaliste par des actions de classe du prolétariat.




Source :

— Interview de Paul Mattick au journal italien Lotta Continua en octobre 1977, reprise dans la revue américaine Root & Branch, n° 5 (1978), publiée par Spartacus en octobre 1978 et mise en ligne par plusloin.org en 2002.

Collectif Smolny





Histoire domératoise (1)

Par Partigiano :: 05/01/2009 à 13:25 :: Histoire


Je lis avec amusement ces lignes dans le bouquin "L'Auvergne" aux éditions Ouest-France :


" Plusieurs musées de la vigne, quelques producteurs et surtout un état d'esprit témoignent encore de l'importance qu'a eue la vigne dans le Montluçonnais. D'une manière générale les vignerons sont réceptifs aux idées avancées. Ceux d'Auvergne ne font pas exception. Mais c'est autour de Montluçon, à Domérat en particulier, que l'anticléricalisme s'exprime avec le plus de vigueur comme en témoignent les énormes lettres RF sur l'église que garde une statue de Bacchus. A Prunet, Daniel Halévy venait en pèlerinage pour dialoguer avec des vignerons comme Jules Rougeron, créateur d'une vigne communiste."



La statue représentant Bacchus, dieu romain du vin.



" Erigé sous la première municipalité républicaine ouvrière de Domérat - 1889 "



L'église de Domérat (03410) avec les inititales RF - République Française



Métissage

Par Partigiano :: 18/12/2008 à 18:07 :: Histoire


A l’heure de la « mondialisation », le métissage paraît d’actualité ? Commençons par essayer de définir ce terme. Le Petit Larousse nous dit que le métissage est une « union féconde entre hommes et femmes de groupes humains présentant un certain degré de différenciation génétique ». Et que le métis est « issu de l’union de deux personnes de couleur de peau différente » (voir aussi l’article sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tis ).

 

Quand on entend métissage, on pense tout de suite à un couple blanc et noir. Mais le métissage peut aussi toucher les domaines socio-culturels et religieux. Les exemples de ce qu’on appelle communément les couples « mixtes » sont nombreux et variés, reflets des différents peuples de la Terre.

 

La carte ci-dessous représente la pigmentation de la peau des humains avant la dévastation de l’Amérique et la mise en place du commerce triangulaire par des européens.



Avec l’avènement du capitalisme colonialiste du 16ème siècle au 20ème siècle, les échanges commerciaux se sont développés ainsi que les migrations et les déplacements de population. Aujourd’hui la France a sûrement une moyenne de pigmentation plus foncé du fait de l’immigration des pays du pourtour méditerranéen (Italie, Espagne, Maghreb et Turquie) et de l’Afrique.

 

A la préhistoire, les hommes vivaient principalement en tribus sédentaires ou nomades et les échanges étaient moindres. Avec l’accroissement de la population dans les premières civilisations et le début du commerce sous forme de troc, le métissage entre les humains de différentes couleurs va s’opérer, surtout en Méditerranée et en Asie centrale.

 

Durant le moyen-âge, la prépondérance des religions monothéistes et de leurs dogmes va amener les peuples à moins se mélanger. La religion musulmane interdit aux femmes de se marier avec un non-musulman. La religion juive interdit aux hommes de se marier avec une non-juive, idem pour les chrétiens. Toutes les religions du livre interdisent le mariage avec des polythéistes ou des athées. La raison première invoquée est de ne pas dissoudre petit à petit la communauté de tels croyants avec d’autres.

 

Nous en venons donc à la première barrière imposée par des hommes sur les autres. Ces coutumes ont encore malheureusement la vie dure un peu partout. Beaucoup de gens ont encore du mal à accepter l’autre différent de soi. Comme les religions sont par nature intolérantes, si tout le monde les suivaient à la lettre, la Terre serait une multitude de monde renfermé sur eux-mêmes et en guerre permanente les uns contre les autres.

 

Il y a des pays où le métissage culturel et religieux serait très dur à mettre en pratique comme par exemple l’Arabie Saoudite, le Soudan ou l’Iran ; dans tous les pays où le pouvoir appartient aux religieux. Dans les pays capitalistes occidentaux, peu sont vraiment laïques et le métissage de la population dépend surtout de l’histoire de l’immigration. Des pays comme l’Italie ou l’Espagne, qui ont une histoire antique importante ont vu des brassages de populations intenses (entre Celtes, Arabes et Grecques par exemple). Mais durant le 20ème siècle, le fascisme a fermé ces pays et beaucoup des habitants ont émigrés, créant un métissage dans les pays d’accueil comme les Etats-Unis et l’Argentine.

 

« Premier fournisseur d’or, de diamants, de minerais stratégiques indispensables aux économies occidentales, première économie et première puissance militaire du continent, poste de surveillance stratégique du  trafic maritime entre les océans Indien et Atlantique, l’Afrique du Sud est le pays le plus peuplé d’Afrique australe. Ce fut également le pays de l’apartheid, où l’histoire a brassé les peuples, mais les a aussi dressés les uns contre les autres, particulièrement depuis les débuts de la colonisation. L’Afrique du sud moderne a longtemps perpétué l’inégalité coloniale en perfectionnant le système d’exclusion de la majorité non blanche, aussi bien dans ses méthodes de répression que dans ses buts. Vouloir séparer artificiellement des populations, certes hétérogènes, mais que l’économie associe irrémédiablement et à tout moment, a conduit à une situation politique compliquée, sinon explosive*. »

 

La deuxième barrière est bien évidemment le racisme et la xénophobie ainsi que les idées nationalistes. La soi-disant supériorité d’une race sur une autre n’a aucune valeur, ni morale ni scientifique. Si quelqu’un devait marcher du nord au sud de la planète, il pourrait rencontrer toutes les nuances de couleur de la peau, de l’homme le plus blanc au plus noir. Il n’y a pas de limites définies entre les couleurs de peau et le métissage mélange toutes les teintes dans les limites de la pigmentation humaine.

 

Le schéma ci-dessous nous montre la proportion d’humain en fonction de la pigmentation de la peau :



Grâce aux progrès de la recherche génétique, la notion de race dans l’espèce humaine est aujourd’hui obsolète. On sait aujourd’hui que ce sont les mélanines qui colorent notre peau et dont le rôle principal est la protection pigmentaire contre les radiations UV. Les différences génétiques minimes qui existent entre les humains ne peuvent pas donner lieu à une classification entre race ou espèce, contrairement à ce que pourrait penser cet abruti d’Éric Zemmour, voir sur : http://www.acrimed.org/article3003.html

 

Le nationalisme est aussi un frein au métissage des hommes. La fierté patriotique peut amener certaines personnes à ne rester qu’entre ressortissant d’un même pays ou d’une même région. On atteint par ce biais un niveau d’isolement qui peut avoir des conséquences comme l’inculture, la peur de son prochain et le racisme. Il faut casser ces vieilles barrières qui nous empêchent de vivre librement. Chacun devrait avoir le droit de vivre avec qui il veut, où il veut. Mais on pourrait me reprocher que le métissage amène à la destruction des cultures.

 

« C’est sans doute parce que la présence indigène était la plus forte dans l’actuel Guatemala face à une population créole partout peu nombreuse que la ségrégation raciale y a été la plus forte : asservissement d’une part, lorsque les cycles économiques exigeaient une main d’œuvre abondante, mais aussi transferts de population dans ce que l’on appelait les pueblos de reduccion. C’est peut-être aussi pour ces mêmes raisons que l’identité ethnique et la résistance à l’acculturation s’y sont maintenues avec le plus de vigueur. La différence entre ladinos et Indien perdure. Dans les autres pays, le métissage a prédominé et nulle part les fractures ne se situent aussi violemment en termes ethniques qu’au Guatemala. Dans la majorité des pays centraméricains, la main d’œuvre étant insuffisante, l’importation de Noirs des Antilles a contribué à diversifier cette société métisse*. »

 

La destruction ou le génocide d’un peuple par un autre, pour des raisons économiques ou religieuses, créée un repli sur soi de la communauté agressée. L’invasion de l’Amérique et le massacre des Amérindiens par des Européens est sans doute l’exemple le plus flagrant de résistance culturelle face à l’envahisseur. Le métissage ne peut s’effectuer dans ces conditions de domination d’un peuple sur l’autre.

 

Bien que le système capitaliste exploite aveuglément toutes les couleurs de peau, les différences ethniques et religieuses peuvent servir à la classe dominante à diviser le prolétariat pour mieux régner ; instaurer une rivalité entre exploités pour mieux les asservir. La révolution mondiale prolétarienne se doit d’abattre ces divisions pour unir la classe ouvrière dans la fraternité, le partage et la solidarité.

 

L’évolution de l’Homme passe par le métissage entre les différents peuples dans un cadre politique libéré de toute classe ou race. Comme disait la chanson d’Eugène Pottier, c’est la lutte finale, groupons nous et demain, l’internationale sera le genre humain !

 

 

 

 

* Encyclopédie Larousse Théma 1997

 

 

 

Méditerranée

Par Partigiano :: 07/03/2008 à 13:26 :: Histoire

 

Deux cartes réalisées avec Adobe Illustrator sur le thème de la Mer Méditerranée, berceau de nombreuses civilisations entre les continents : grecque, romaine, byzantine, arabe, perse etc...

 

Ci-dessous, carte illustrant les différentes subdivisions de la Méditerranée, en petites mers, golfes et autres passages importants comme les détroits de Gibraltar ou du Bosphore...:

 

 

 

Ci-dessous, les principaux ports et villes méditerranéens :



 

La Méditerranée c'est l'huile d'olive et les champs d'oliviers, les oranges et les citrons, le raisin, les nèfles, c'est la douceur des saisons, le chêne-liège et son écorce si spéciale, le pastis, l'ouzo et le raki, les plages aux eaux turquoises, les terres arides, les arbousiers et le mimosa...

 

 

 

 

Il y a 90 ans

Par Partigiano :: 31/10/2007 à 10:54 :: Histoire

 

Il y a 90 ans, survenait la révolution russe d'octobre. Dans la nuit du 6 novembre, les Bolchéviks renversaient le gouvernement provisoire de Kerensky pour installer la dictature du prolétariat ou la révolution communiste ?

 

 

 

A l'occasion de cette anniversaire, la chaîne de télévision Arte diffuse des émissions sur les points fort de cette révolution: http://www.arte.tv

 

Il existe beaucoup d'ouvrages et de textes sur "les" révolutions russes et en particulier sur celle d'octobre dont voici quelques extraits des plus connus :

 

Léon Trotsky

 

Histoire de la révolution russe

1930

"L'histoire de la révolution est pour nous, avant tout, le récit d'une irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées..."

 

"Lenine a répété plus d'une fois que les masses sont infiniment plus à gauche que le parti, de même que le parti est plus à gauche que son Comité central. Par égard à la révolution dans son ensemble, c'était absolument juste. Mais, même dans ces rapports réciproques, il y a de profondes oscillations intimes. En avril, en juin, particulièrement au début de juillet, les ouvriers et les soldats poussaient impatiemment le parti dans la voie des actes décisifs. Après l'écrasement de juillet, les masses étaient devenues plus prudentes. Comme auparavant et plus qu'avant, elles voulaient l'insurrection. Mais, s'étant fortement brûlé les doigts, elles craignaient un nouvel insuccès. Pendant le courant de juillet, d'août et de septembre, le parti, d'un jour à l'autre, retenait les ouvriers et les soldats que les korniloviens, par contre, provoquaient de toutes manières à sortir dans la rue. L'expérience politique des derniers mois avait fortement développé les centres modérateurs, non seulement chez les dirigeants, mais aussi chez les dirigés. Les incessants succès de l'agitation entretenaient, d'autre part, l'inertie des gens disposés à l'expectative. Pour les masses, il ne suffisait plus d'une nouvelle orientation politique : elles avaient besoin de se refaire psychologiquement. Plus les dirigeants du parti révolutionnaire commandent les événements, plus l'insurrection englobe les masses."

 

Rosa Luxemburg

 

La Révolution russe

1918

 

"Le parti de Lénine a été le seul qui ait compris le devoir d'un parti vraiment révolutionnaire, et qui, par son mot d'ordre : "Tout le pouvoir aux ouvriers et aux paysans !", a fait, presque du jour au lendemain, de ce parti minoritaire, persécuté, calomnié, "clandestin", dont les chefs étaient comme Marat, obligés de se cacher dans des caves, le maître absolu de la situation."

 

"Les bolcheviks ont, de même, posé immédiatement comme but à cette prise du pouvoir le programme révolutionnaire le plus avancé : non pas défense de la démocratie bourgeoise, mais dictature du prolétariat en vue de la réalisation du socialisme. Ils ont ainsi acquis devant l'histoire le mérite impérissable d'avoir proclamé pour la première fois le but final du socialisme comme un programme immédiat de la politique pratique."

 

 

Voline

 

La révolution inconnue

 

"La vraie révolution ne peut prendre son essor, évoluer, atteindre ses buts, que si elle a pour climat une libre circulation des idées révolutionnaires sur la voie à suivre et sur les problèmes à résoudre. Cette liberté est indispensable à la révolution comme l'air l'est à la respiration (2). C'est pourquoi, entre autres, la dictature d'un parti, dictature qui aboutit fatalement à la suppression de toute liberté de parole, de presse, d'organisation et d'action - même pour les courants révolutionnaires, sauf pour le parti au pouvoir - est mortelle pour la vraie Révolution."

" Tout le pouvoir aux Soviets ! " n'était donc au fond, selon les anarchistes, qu'une formule creuse, pouvant recouvrir plus tard n'importe quel contenu. Elle était même une formule fausse, hypocrite, trompeuse, " car, disaient les anarchistes, si le " pouvoir " doit appartenir réellement aux Soviets, il ne peut pas être au parti; et s'il doit être au parti, comme les bolcheviks l'envisagent, il ne peut appartenir aux Soviets ". C'est pourquoi les anarchistes, tout en admettant que les Soviets pouvaient remplir certaines fonctions dans l'édification de la nouvelle société, n'admettaient pas la formule sans réserve. Pour eux, le mot pouvoir la rendait ambiguë, suspecte, illogique et démagogique."

 

 

 

 

Sur la question kurde

Par Partigiano :: 30/10/2007 à 13:56 :: Histoire

 

Je vais essayer de donner quelques éléments clés historiques et géographiques sur la question kurde et l'histoire de ce peuple afin de mieux appréhender ce qui ce passe actuellement dans cette région et de ne pas gober tout ce que nous balancent les médias bourgeois français ou internationaux.

 

 

Première approche géographique du Kurdistan :

 

 

Le peuple kurde est partagé principalement entre quatre états : l'Irak, la Turquie, l'Iran et la Syrie. C'est une région de montagnes, de hauts et moyens plateaux. On trouve dans ces montagnes de grands lacs et une activité hydro-électrique très importante surtout en Turquie. Les deux fleuves historiques, le Tigre et l'Euphrate prennent leurs sources et coulent dans cette région. Ils alimentent avec leurs affluents des plaines très fertiles de Syrie et d’Irak.

 

Les Kurdes seraient de 27 à 37 millions dont 14 à 18 en Turquie, 4 à 6 en Irak, 5 à 7 en Iran et 1 à 3 en Syrie. Les Kurdes parlent des dialectes proches les uns des autres, tous issus du kurde, langue indo-européenne de la branche iranienne. La majorité des Kurdes est de religion musulmane sunnite, mais il existe d'autres communautés, alévie, yézidie, et dans une plus faible proportion, chiite et chrétienne, en Irak et en Iran.

 

 

Approche historique

 

Pour comprendre pourquoi ce peuple est partagé sur plusieurs états, il faut reprendre le fil de l’histoire.

 

Avant la première guerre mondiale, le Kurdistan est partie intégrante de l’Empire Ottoman. Ce dernier, allié de l’Allemagne, est un des « perdants » de la Grande Guerre, et se retrouve découpé en plusieurs provinces indépendantes ou sous contrôles des « gagnants » français, anglais et italien. C’est le Traité de Sèvres qui établira les frontières et les attributions territoriales, avec un « éventuel » état pour le peuple Kurde.

 

Découpage à la suite du Traité de Sèvres en 1920 :

 

En Turquie

De 1920 à 1923, Mustafa Kemal mène une guerre « républicaine » dans toute l’Anatolie. Le 24 juillet 1923, le Traité de Lausanne revient sur le Traité de Sèvres en attribuant toute l’Anatolie et la Thrace au jeune état Turc. Les minorités grecques et arméniennes sont repoussées au-delà des nouvelles frontières. Le Kurdistan est partagé entre la Turquie et les colonies syrienne et irakienne.

 

Le 29 octobre 1923, Mustafa Kemal fonde la République Turque et en devient le premier président. Les syndicats et l’opposition sont interdits par le parti unique au pouvoir, le Parti Républicain du Peuple. La Turquie devient un état laïc, et Mustafa Kemal veut « assimiler » toutes les minorités « ethnique » et « religieuse » dans la nouvelle république. En 1924 est votée une loi qui interdit l’usage du kurde dans les publications écrites et les écoles. En découlera une révolte kurde menée par le Cheikh Saïd qui soutiendra ouvertement l’ancien régime du Sultanat garant de l’autonomie kurde. Les insurgés sont réprimés par l’armée et pendus à Diyarbakir.

 

D’autres révoltes ont eu lieu en 1930 et en 1937 qui seront aussi matées par l’armée turque. En 1932 la loi martiale est décrétée sur le territoire kurde, la déportation et la dispersion d’une partie de sa population en Anatolie orientale est organisée.

 

L’année 1978 voit la création du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) dirigé par Abdullah Ocalan. Le PKK se présente comme un mouvement de guérilla indépendantiste kurde. Ce parti est considéré comme terroriste par l’Union Européenne, les Etats-Unis et la Turquie. En 1984, le PKK lance « une guerre de libération contre la domination étrangère et ses collaborateurs locaux ». Elle fera des milliers de morts et de déplacés jusqu’en 1999, date à laquelle Abdullah Ocalan se fait arrêté et première année où l’UE accepte la candidature de la Turquie.

 

Découpage à la suite du Traité de Lausanne en 1923 :

 

En Irak

L’Irak est sous contrôle britannique de la fin de l’Empire Ottoman durant la première guerre mondiale jusqu’en 1930 ou un accord « d’indépendance sous tutelle anglaise » est mis en place.

 

A la suite du Traité de Sèvres, un Kurdistan autonome est créé à l’est de l’Anatolie au nord de la ville de Mossoul. Mais en 1925 après le Traité de Lausanne et la création de la République Turque, cette région sera partagé entre l’Irak et la Turquie mettant fin au Kurdistan autonome. Une monarchie constitutionnelle est adoptée la même année en Irak.

 

En 1927, un énorme gisement de pétrole est découvert près de Kirkouk qui sera exploité, en accord avec le roi Fayçal Ier, par la britannique « Iraq Petroleum Company ».

 

Le 14 juillet 1958, le général Abd al-Karim Kassem renverse le roi Fayçal II et le régent Abdulillah. Un conflit éclate entre partisan de Kassem et le parti Baas.

 

En 1961, Mustafa al Barzani lance une rébellion dans le nord de l’Irak avec pour slogan « autonomie pour le Kurdistan, démocratie pour l’Irak ». Le 29 juin 1966, un accord est passé avec le leader kurde Mustafa al Barzani et ouvre une perspective d'autonomie pour les Kurdes dans la future constitution.

 

Les baasistes du général Ahmed Hassan al-Bakr prennent le pouvoir le 30 juillet. Les Kurdes sont associés au pouvoir. Saddam Hussein est alors le numéro deux du régime et se charge d'organiser les milices baasistes qui vont réprimer les opposants. En mars 1970, Le parti Baas entérine la création d’une région kurde autonome et leur accorde certains droits. La langue kurde devient la seconde langue du pays, mais les Kurdes trouvent l'autonomie insuffisante.

 

Après l’arrivée au pouvoir de Saddam Hussein en 1979, la dictature bombarde à l'arme chimique plusieurs villages kurdes du nord de l'Irak et renouvelle l'opération en 1988 sur la ville kurde de Halabjah. Près de 6000 personnes décèdent et 100 000 Kurdes fuient vers la Turquie.

 

Suite à la révolution islamique iranienne de 1979, l'Irak redoute une révolte des chiites du Sud du pays et 30 000 chiites sont déportés. Le 22 septembre 1980 la guerre est déclarée à l'Iran officiellement au sujet de la frontière du Chatt-el-Arab (delta du Tigre et de l'Euphrate). C'est la guerre Iran-Irak ou première guerre du Golfe. Cette guerre sans résultat s'achève en 1988.

 

Lors de la deuxième guerre du golfe en 1991, les kurdes obtiennent une autonomie de fait sur une partie de leurs terres. En mars 1991 le régime Baassiste est renversé par une insurrection et la région est dirigée par des conseils ouvriers. Ils seront dissous suite à la création de deux régions autonomes fédérées en 1992 et dirigées par le PDK et l’UPK.

 

 

Actuellement

 

Une coalition formée par les Etats-Unis déclare la guerre et envahit l’Irak en 2003. L’année suivante, le pouvoir est remis entre les mains d’un gouvernement intermédiaire.

Depuis 2004, des attentats et des attaques suicides sont perpétrés par la résistance irakienne contre l’occupation américaine principalement dans la zone sunnite au sud. D’autres attentats ont lieu dans les villes kurdes du nord à Mossoul et Kirkouk.

 

La création et le renforcement par les accords de Washington en 1998 d’une zone autonome kurde en Irak inquiète l’état turc de voir une revendication similaire apparaître dans la partie kurde de la Turquie et de voir dans cette zone l’organisation et le renforcement des « rebelles kurdes ».

 

Depuis quelques semaines, la tension est très forte à la frontière entre la Turquie et l’Irak suite à la capture de soldats turcs par le PKK. La République turque a fêté lundi son 84ème anniversaire sur fond de menaces croissantes d'incursions dans le nord de l'Irak contre les rebelles kurdes.

 

Les Etats-Unis ont appelé le premier ministre turc Recep Erdogan à la retenue ainsi que le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari qui craint une intervention aux « conséquences extrêmement graves » pour la stabilité des deux pays.

 

 

Il faut bien comprendre que le Kurdistan est une région charnière pour l’exploitation du pétrole au proche-orient. Le Kurdistan irakien comprend environ 40% des réserves d’Irak et sa production est acheminée par les oléoducs passant entre autre par le sud de la Turquie. L’intérêt de voir un Kurdistan libre, au même titre qu’un Irak libre, mettrait en danger l’exploitation et la mainmise des richesses pétrolifères par les bourgeoisies de Turquie, d’Iran, d’Europe et des Etats-Unis.

 

 

 

Analyse politique

 

La question kurde soulève le problème des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le vieux découpage de la région par les puissances colonialistes, la volonté d’une république turque unie  et autoritaire par Mustafa Kemal, les guerres en Irak et en Iran et les intérêts économiques de cette région, la guérilla mené par le PKK font que les kurdes n’ont jamais connu la paix et l’autodétermination.

Le prolétariat kurde, comme le prolétariat turc, iranien et irakien, est exploité par les intérêts capitalistes des grandes compagnies pétrolières. Les bourgeoisies de ces pays exacerbent les tensions entre les peuples en prônant la fierté patriotique. De plus les kurdes n’ont pas ou peu de représentations politiques (en dehors du PKK) et syndicales, ce qui ne facilite pas l’émergence de revendications révolutionnaires pour la classe ouvrière.

 

On pourrait aussi se demander légitimement pourquoi les kurdes ne vivraient pas en paix à l’intérieur de chaque pays ? Ce qui est possible ailleurs le serait pour ces pays ? Malheureusement ce n’est pas possible, premièrement, étant donné l’histoire succinctement décrite plus haut de cette région du globe. Deuxièmement, les gouvernements actuels des pays concernés et le maintien du régime capitaliste mondial ne peuvent que faire exploser la situation déjà dramatique des peuples du proche-orient.

 

En conclusion, comme disait Karl Marx, les ouvriers n’ont pas de patrie mais leur lutte de libération se fera d’abord dans un cadre national pour en finir avec sa propre bourgeoisie. Les ouvriers turcs, kurdes, irakiens, iraniens et syriens doivent se battre pour la liberté des peuples, pour l’appropriation des moyens de productions et des ressources naturelles entre les mains des travailleurs.

 

 

 

 

A LIRE :

 

- Histoire de la Turquie contemporaine, Hamit Bozarslan, Edition La Découverte

- Géopolitique du peuple kurde, P. Boulanger, Edition Ellipses

- Irak, Collectif, Edition Librio

 

 

 

 

Fresque révolutionnaire

Par Partigiano :: 03/10/2007 à 12:29 :: Histoire

 

 

 

 

Et oui je m'éclate sur photoshop...Voici la fresque révolutionnaire constituée de personnages qui ont joué un rôle plus ou moins important dans l'histoire; que j'ai lu, écouté et qui ont influencé ma pensée.

 

Un cadeau surprise sera envoyé à celui ou celle qui me donne tous les noms des personnes et groupes.

 

 

 

 

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