MILITANT

http://remito.zeblog.com/

Calendrier

« Juillet 2014
LunMarMerJeuVenSamDim
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031 

Partigiano

Partigiano Le blog en lien avec les militants révolutionnaires. Des textes, des photos et des articles de Remito sur notre monde, sur la musique, sur la politique, sur l'art, sur les livres...

Blog

Catégories

Derniers billets

Pages

Compteurs

Liens

Fils RSS

Dix doigts pour nous étrangler

Par Partigiano :: 18/04/2012 à 8:12 :: Actualité

DIX DOIGTS POUR NOUS ETRANGLER

Dix candidats pour un seul programme : sauver le capitalisme

 

Tous bons à jeter aux ordures, eux et leurs partis, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche ? Oui, et sans attendre. C’est une question de survie, qui s’imposera au plus grand nombre dans les années, les mois, qui viennent. La crise planétaire du capitalisme s’aggravant, la bourgeoisie redouble déjà de férocité, ailleurs comme en France, pour s’accrocher au pouvoir. Cette classe parasitaire qui pille les travailleurs, saccage l’environnement naturel, met le monde à feu et à sang, doit être définitivement vaincue et son mode de production remplacé par une société sans classes sociales ni Etat. C’est cette nécessaire vérité, transformée bientôt en besoin élémentaire de l’humanité, que les candidats guignols se chargent présentement d’étouffer à l’occasion d’un énième pathétique cirque électoraliste. Histoire de repousser l’avènement de la révolution prolétarienne, chacun s’attache à intoxiquer les consciences, en se positionnant sur le large éventail du verbiage politicien. De la franche haine xénophobe au « communisme » frelaté, en passant par la « révolution citoyenne » et les apologies à l’austérité, cette propagande en batterie poursuit l’unique but de préserver l’exploitation de l’homme par l’homme, de colmater la dictature capitaliste aux abois. Dans ces conditions, voter c’est, au mieux, revendiquer sa servitude. Si tu n’en es pas convaincu, un bref passage en revue du chenil de garde du système permettra de te mettre les idées au clair :

 

-Nicolas SARKOZY (UMP) : Tout le monde le hait, hormis la rupinaille qui s’est gavée pendant son mandat, et pour cause… Le quinquennat qui s’achève a poussé jusqu’aux frontières de la barbarie l’exécution des politiques de dépeçage de la population menées depuis le milieu des années 70. Sur ordres des grands groupes du CAC 40, le mercenaire Sarkozy et sa horde déchainée de fils à papa se sont acharnés à enfoncer les crocs du vampire capitaliste au plus profond des artères vitales du prolétariat, le laissant aujourd’hui exsangue : Un million de chômeurs supplémentaires, 900 usines fermées, salaires écrasés, pauvreté massifiée, démolition avancée des droits démocratiques et ouvriers, fiscalité réformée, privatisations à tous crins, à seule fin de satisfaire la voracité des grandes fortunes… Ce véritable massacre social s’est orchestré dans un climat d’oppression jamais vu depuis le régime vichyste. L’instauration graduelle d’un Etat policier, dans la peur fabriquée d’un chimérique terrorisme, s’est conjuguée à la propagation des insanités disciplinaires, religieuses, identitaires et xénophobes, que la chasse aux sans-papiers a concrétisée dans des formes particulièrement inhumaines. Parallèlement, l’UMP a profité de ses 5 longues années pour afficher au quotidien la haine de classe, l’obscénité arrogante et la stupidité mafieuse qui imprègnent ordinairement les beaux quartiers. La diplomatie française a versé dans le plus pur des opportunismes, entaché de bellicisme. Pour le bonheur du complexe militaro-industriel, de Total et des barons du MEDEF, les dictateurs Ben Ali et Kadhafi ont été soutenus jusqu’au bout avant d’être lâchés, l’impérialisme chinois courtisé, la finance islamique encouragée, le Vatican favorisé, l’impérialisme américain renforcé militairement et l’Etat sioniste aveuglément cautionné. Tentant de résorber la crise déclenchée en 2007 qu’il a lui-même alimentée, le petit monde doré de Sarkozy, en compagnie des magnats allemands, pilote d’une main de fer les mesures de vandalisme qui frappent, un par un, les pays européens afin de renflouer transnationales et fonds de pension. S’il est réélu, le flic/voyou hystérique de l’Elysée échappera aux poursuites judiciaires dont sont grosses les récentes affaires de financement occulte de l’UMP. Plus grave, il achèvera sa mission de casse anti ouvrière en mettant à exécution un super plan d’austérité (115 milliards d’économie budgétaire, fin du contrat de travail) qui plongera les travailleurs de l’hexagone dans les mêmes affres que leurs frères grecs, espagnols, irlandais, portugais : la faim, la misère et le désespoir.

 

-François HOLLANDE (PS) : Ce remplaçant de fortune du prédateur sexuel du FMI n’a pas hésité, en pleine campagne présidentielle, à se coucher publiquement devant les spéculateurs de la City, clamant une bonne fois pour toute qu’il n’était « pas dangereux ». Aucune surprise puisque le PS est, à peu de chose près, le clone de l’UMP. Faisant mine de prêter vie au cadavre pourri de la social-démocratie, ce parti bourgeois n’a cessé, ces 3 décennies passées, de battre tous les records de duplicité, de trahison, de mesquinerie arriviste. Au nom du socialisme, il a accouché d’un monarque républicain, François Mitterrand, qui, avant de finir commanditaire du génocide rwandais, a conduit en France la « révolution conservatrice » que les droites ultra réactionnaires de Kohl, Reagan et Thatcher établissaient dans leurs pays respectifs. Flanqué du PCF et des confédérations syndicales, le PS s’est révélé être une arme efficace de gouvernance pro-patronale, en alternance avec le parti gaulliste. Co fabricante du Léviathan antidémocratique européen, la « gauche caviar » a traumatisé les travailleurs. Elle a privatisé à tout va, désindustrialisé, ancré durablement le chômage de masse, flexibilisé et précarisé la main d’œuvre. Elle a prôné la culture petite bourgeoise du fric et du chacun pour soi, incarnée par l’écœurant Bernard Tapie. Ayant souscrit à « l’ouverture » proposée par Sarkozy en début de présidence, le PS a dû exposer des divergences avec ses acolytes de droite à mesure que les échéances électorales approchaient. Pourtant, seuls les détails du marketing communicationnel recèlent de dérisoires différences, quand, pour la risée de tous, Hollande singe minablement François Mitterrand, désespérant de s’extirper de l’insipidité qui le caractérise. Car le programme du PS est le calque de celui de l’UMP, qui se cale sur la ligne de la Troïka (Commission européenne, Banque Centrale Européenne, FMI). Dans la poursuite de tous les traités européens, et parallèlement à la mise en œuvre du très austère Mécanisme Européen de Stabilité (MES), il s’agit d’appliquer sans délai le « Pacte budgétaire » (ou TSCG), lequel verra inscrit dans la constitution de chaque pays européen la fameuse « règle d’or », cette règle de sang et de larmes pour les exploités, qui forcera tout Etat membre à conserver un budget général en équilibre ou excédentaire sous peine de sanctions automatiques de la Commission européenne. Toute politique sera conditionnée par le pillage de la population sous couvert du remboursement de la dette aux banques privées. En futur Panpandréou français, Hollande a déclaré qu’il soumettra le TSCG au parlement français dès juillet 2012.

 

-Marine LE PEN (FN) : Mélenchon se targue d’avoir renvoyé Marine Le Pen dans sa « tanière ». Même si c’était vrai, le mitterrandiste devrait moins frimer. Car pendant qu’il en était encore membre, c’est bien le Parti Socialiste qui a fait le lit du FN. Dès le début des années 1980, le PS propulsa dans les médias cette formation fascisante. Puis il l’installa sur les bancs de l’assemblée nationale en instaurant le scrutin à la proportionnelle. Enfin, il relaya ses thèses sécuritaires jusqu’au cœur de sa désastreuse campagne présidentielle de 2002. En réalité, le parti lepéniste est à la dérive depuis que l’UMP a transformé ses propositions en piliers de la gouvernance institutionnelle. Le FN est, en effet, un laboratoire idéologique des politiques anti-ouvrières des partis de gouvernement. La progression des idées fascisantes a ainsi été continue depuis 30 ans. Du reste, des liens organiques entre lepénistes, socialistes et gaullistes ont toujours existé : des ministres UMP sont d’anciens activistes d’Occident, l’ancêtre du FN, des députés sarkozystes sont des ex lieutenants du borgne. Aux derniers temps de la Françafrique, le D.P.S, milice frontiste, fit office de réservoir de mercenaires. Son ex-dirigeant, B. Courcelles, fut chargé de la protection de M. Pingeot, fille de F. Mitterrand. L’autre vocation du FN est de diviser le prolétariat en lui inoculant directement la haine xénophobe, le racisme et le nationalisme. Ces poisons mentaux détournent la révolte contre le patron vers l’immigré. Partisan de l’ultralibéralisme depuis sa création, le FN a constamment encouragé la réduction des salaires et des droits des travailleurs au profit des transnationales. Fier de son patriotisme, il n’a pourtant jamais été réticent à se prostituer auprès de régimes étrangers. Hier, il était stipendié par la CIA de Reagan ; ses mécènes sont aujourd’hui les dictatures syrienne, iranienne et russe. Minoritaire parmi le prolétariat, il rallie systématiquement le patronat pour agresser le mouvement social. Dans ces conditions, les insanités frontistes ne peuvent entrer chez les exploités que par la télévision et la radio. C’est d’ailleurs aux conglomérats médiatiques que la maison Le Pen doit présentement son salut. Alors qu’elle sombrait, en proie à une hémorragie militante inédite et un naufrage financier, les médias la sortirent du caniveau. En plein conflit sur les retraites de l’automne 2010, Marine Le Pen, devint à nouveau l’invitée permanente des émissions grand public. Comme d’habitude, elle aboya contre les grévistes. Mais dans les mois qui suivirent, elle tenta de troquer sa laisse de roquet du bourgeois pour la panoplie de nouvelle héroïne de la lutte anticapitaliste. Depuis, le FN peine à vendre la vaste escroquerie que constitue son programme, tout empuanti de relents nazis. Les envolées sur la sortie de l’euro et l’annulation de la loi de 1973 (que le FN ne conteste qu’aujourd’hui !) masquent une politique rétrograde, fascisante et à la solde du grand capital : rembourser rubis sur ongle la dette, entériner les lois ayant rongé les droits sociaux, inciter les femmes à rester des mères au foyer sous-payées, mettre en avant la laïcité pour mieux promouvoir le catholicisme, poursuivre la destruction du service public en invoquant une chasse aux mauvaises dépenses… Le FN est l’ennemi des travailleurs, qui l’affronteront demain dans la rue à l’instar des prolétaires grecs qui terrassent les nervis fachos alignés avec les flics de la Troïka.

 

-Jean-Luc MELENCHON (FdG) : La bête de foire mitterrandiste s’excite à distribuer ses pétards mouillés aux petites foules fébriles venues vanter dans ses meetings les vertus de l’amnésie politique. A les suivre, on se doit d’oublier l’essentiel et d’abord que les composantes du Front de Gauche (socialistes, maoïstes et la principale, stalinienne) sont les restes décrépis de la terreur bureaucratique qui a tant martyrisé les travailleurs au 20ème siècle. A force d’avoir brisé les élans révolutionnaires, servi de moteur auxiliaire au capitalisme quand il chancelait, enchaîné la classe ouvrière au national productivisme, le PCF s’est fait exécré et déserté par les exploités. Depuis, ses maigres contingents sont des gestionnaires consciencieux de l’administration locale. Dans leurs mairies, leurs départements, leurs régions, ils se remémorent nostalgiquement les grandes heures de la falsification à l’aune de leurs manœuvres devenues moins ambitieuses : au nom de l’ « antilibéralisme », ils démantèlent le service public, taillent dans les budgets, livrent leur personnel à la « performance managériale », axent l’aménagement du territoire sur l’optimisation du grand capital, pacifient les pauvres via le maillage associatif et le soutien à l’encadrement religieux. C’est aussi aux postes de permanents syndicaux que les geôliers du FdG assurent la défense de l’ordre établi. Leur « résistance », arborée dans leurs discours, s’évapore dans la réalité de la lutte des classes, au point d’ailleurs que Sarkozy a plusieurs fois loué leur « sens des responsabilités ». Après avoir signé la privatisation d’EDF en 2003, refusé dans la foulée d’organiser la grève générale réclamée par la classe ouvrière, empêché celle-ci de rejoindre la jeunesse contre le CPE en 2006, la clique des bureaucrates syndicaux, CGT en tête, a sabordé, en 2007, la lutte à la RATP contre la suppression des régimes spéciaux. En 2009, elle a choisi d’isoler le soulèvement contre la « pwofitasion » aux Antilles et a freiné toute extension en Métropole. En 2010, elle a focalisé le combat contre la réforme des retraites sur le blocage des raffineries pour mieux torpiller la radicalisation généralisée qui s’esquissait. Ce sont ces saboteurs de la révolution sociale que Mélenchon ose confondre, avant de les encenser aussitôt, avec les travailleurs. Depuis 3 ans, la réplique du FdG en Grèce a épuisé la rage populaire dans une longue série de « journées de mobilisation » sans lendemain. Idem en Espagne et au Portugal. Les promesses du FdG s’inspirent des politiques de charité, conditionnées par le remboursement de la dette, de l’antisémite Chavez et du chouchou de la Banque Mondiale, Lula. Pas étonnant que chaque slogan du FdG soutienne, en filigrane, la paix du bourgeois : « révolution citoyenne », « insurrection civique », « place au peuple » ; ces formules contradictoires indiquant qu’il s’agit d’orienter le désir croissant de révolution vers la préservation du capitalisme. D’ailleurs, pour ce qui est de la proximité du FdG avec la haute bourgeoisie, les embarrassantes révélations de fin de campagne au sujet de l’amitié de Mélenchon avec Serge Dassault ou encore avec Patrick Buisson, conseiller fascisant de Sarkozy, en disent long. Le point d’orgue du vrai programme du FdG sera de sommer ses électeurs à voter sans conditions pour leur futur bourreau, « Hollandréou », ce vieux camarade de Mélenchon.

 

-François BAYROU (Modem) : Dans l’impossible cas où il serait élu, ce valet de la finance aux airs de plouc catéchisé formerait immédiatement un « gouvernement d’union nationale », du même type que celui qui dévaste actuellement la Grèce sous la direction de Papademos. A l’image de ceux de l’UMP et du PS, le programme du Modem, n’est qu’une variante du plan d’austérité qui s’abattra sur la France aussitôt les élections terminées. La campagne électorale de Bayrou s’est articulée sur deux axes : 1) Effrayer la population, en lui martelant qu’ « un mauvais choix » (comprendre : ne pas de se plier aux caprices des marchés mondiaux) précipiterait le modèle social français dans l’abîme « en quelques mois », dès après le 6 mai. 2) Légitimer l’impérieux remboursement de la dette au nom d’un moralisme puant l’eau bénite et le sens gestionnaire du « bon père de famille ». Ces valeurs moisies sont globalement agonisantes mais s’y raccrochent une petite bourgeoisie de province angoissée devant la menace du déclassement social ainsi qu’un petit patronat urbain allergique à l’idée d’assumer frontalement la radicalisation de la lutte des classes. En jésuite averti, Bayrou s’évertue à propager la confusion, ce qui, au demeurant, est le propre du « centre », cette droite dure qui brouille les repères pour frapper froidement le prolétariat (feu le sinistre Raymond Barre fut en son temps le maître d’œuvre parfait de cette logique). Ainsi, il évoque la « France solidaire » pour mieux achever de briser les derniers vestiges de l’Etat providence. Il promet plus de démocratie par la « moralisation de la vie publique », quelques extensions des droits sociaux et civils (représentation étendue des salariés dans l’entreprise, reconnaissance de l’homoparentalité). Mais il veut parfaire la construction de la dictature européenne en inscrivant la « règle d’or » dans la constitution, conformément au Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance dans l’union économique et monétaire (TSCG). Dans le carcan des 100 milliards de prélèvement qu’il offrirait aux banques, il souhaite démolir le service public sous prétexte d’un « redressement des finances publiques », approfondir la destruction du régime de retraite par répartition en coupant ses sources de financement et en faisant sauter la limite d’âge de départ, mener la guerre ouverte au pauvres par un redéploiement plus efficace des forces répressives et une généralisation de la vidéosurveillance, supprimer les cotisations sociales des entreprises à toute nouvelle embauche, augmenter la TVA. Le tout serait tendu vers l’objectif de « produire français ». Cette version réchauffée du « patriotisme économique » cher à François Fillon serait censée compenser le désastre de l’estocade bancaire portée au prolétariat. En vérité, elle recouvre un projet de transformation de l’Etat en état-major national de la dérégulation aboutie de l’économie, respectant la « concurrence libre et non faussée » du projet de constitution européenne (entérinée dans le traité de Lisbonne), que le Modem a promu fanatiquement en 2005. Il n’y aurait aucune surprise à observer Bayrou mettre les mêmes talents de gouvernant qui provoquèrent les manifestations monstres de 1994 contre sa réforme de la loi Fallou au service cette fois d’une junte PS ou UMP chargée de superviser l’imminente mise à merci des travailleurs.

 

-Eva JOLY (EELV) : Quelle plaisanterie que ce communiqué de EELV, en date du 12/04/2012, dénonçant les « contrats à terme sur la dette française », ces « nouveaux outils spéculatifs » que s’apprêtait à approuver l’Autorité des Marchés Financiers ! L’indignation contre la tyrannie financière est aussi opportune qu’aléatoire au sein du club de bobos carriéristes installé sur le créneau de l’écologie politique. Fustiger quelques excès de la rapinerie capitaliste n’engage à rien, participe à entretenir le mensonge d’une gauche défendant les intérêts des exploités et soutient le minimum de régulation réclamé de plus en plus par les grands argentiers mondiaux. Le problème pour les partisans d’Eva Joly est que depuis le krach d’octobre 2008, Sarkozy lui-même revendique ces points qui figurent dans l’accord PS-EELV : « Contrôle public des banques, taxe sur les transactions financières de 0,05%, agence publique de notation sous l'égide de l'Eurogroupe, « lutte acharnée pour la suppression des paradis fiscaux ». De toute façon, il est inutile de mentionner une supercherie spécifique parmi toutes celles qui truffent les positions théoriques et la trajectoire politique de cette filiale du Parti Socialiste. L’écologisme est, en effet, une mystification particulièrement vicieuse dans l’arsenal idéologique de la bourgeoisie. Il est dans la nature de ce mouvement, né avec les dégâts spectaculaires sur le vivant qui ont proliféré sous la phase intensive du capitalisme, de hâter la dégradation des conditions de vie du prolétariat, de fabriquer de fraiches formules de sa dévalorisation effective. Le discours écologique détache le terrifiant problème des nuisances environnementales de sa source, la production capitaliste, et reformule celui-ci en une problématique de bonne gouvernance. Le fait que le mode de production détermine le mode de consommation est occulté dans un brouillage des responsabilités qui, en dernier ressort, culpabilise les consommateurs, lesquels sont majoritairement composés de prolétaires. Au final, l’objectif est double : 1) Reporter sur les seuls exploités les couts privés et publics croissants induits par les mutations productives et sociales qu’imposent dorénavant les monticules de nuisances écologiques. 2) Faire de la la pollution un prétexte à l’accélération des mesures de dépouillage de la population. On comprend mieux pourquoi EELV est un supporter inconditionnel de la construction de l’Europe des multinationales, ces seules véritables coupables de la destruction de la planète. Et les mascarades régulières auxquelles nous ont habitué les marioles d’EELV, que ce soit les dérisoires remous qui agitent leurs écuries ou les jérémiades sponsorisées de leurs vedettes, résument à elles seules le contenu pourri de leur fonction politique. A voir un Nicolas Hulot, grassement payé par TF1, Bouygues et Rhône Poulenc, mobilisé par Sarkozy dans son « Grenelle de l’environnement », tenter de flaire pleurer dans les chaumières sur le réchauffement climatique, on a des envies de disparition d’une espèce spéciale de blaireau. A écouter l’énergumène Cohn-Bendit pérorer sur les bienfaits de la tyrannie patronale déclinée dans ses formes les plus variées comme il l’a fait durant la campagne pour le traité constitutionnel européen de 2005, on mesure le degré de connivence qui lie EELV aux milieux d’affaires. Que ces mêmes vassaux squattent la tête du combat antinucléaire n’inquiétera jamais AREVA. La préservation du vivant est une tâche trop urgente pour la laisser aux écologistes, cette vermine bourgeoise qui a choisi le vert parce que c’est la couleur du dollar.

 

-Nicolas DUPONT-AIGNAN (DLR) : Rejeton des RPR-RPF-UMP, cet actuel député de l’Essonne a fondé un petit parti d’extrême-droite en 2007. Les attitudes gaulliennes qu’il revêt de manière grotesque visent sans doute à obtenir le crédit qui manque tellement de ce côté de l’échiquier politique. Il faut dire qu’en matière de respectabilité, « Dupont-Lajoie » et ses nationalistes n’ont plus qu’à croire au miracle tant leurs fréquentations et leurs propos sont abjects. Debout La République a longtemps été proche de Riposte Laïque, association qui s’amuse à infecter le combat pour la laïcité de positions identitaires validant le « choc de civilisations ». En 2010, ce groupe de fachos organise avec ses acolytes du Bloc identitaire un « apéro saucisson pinard », manifestation xénophobe le « jour de l’anniversaire de l’appel du général De Gaulle ». Ayant appelé à se rassemblement, DLR se désolidarise alors au dernier moment. C’est à cette époque que les postures anti-immigrés de DLR vont peu à peu se doubler d’un paternalisme assimilationniste, qui invite tout citoyen d’origine étrangère à adhérer aux saloperies de l’extrême droite. Cette ligne politique, défendue tactiquement par le pitoyable groupuscule Egalité et Réconciliation, en vue de rabattre les voix d’une soi-disant « communauté musulmane » vers Marine Le Pen, semble désormais intéresser DLR. C’est en tout cas ce qu’on peut déduire de la présence de Nicolas Dupont-Aignan à l’inauguration d’une énième bouture de E&R, le club de pensée « Fils de France » qui selon la verve maurassienne typique des disciples d’Alain Soral, prétend regrouper des « musulmans patriotes ». Il convient de rappeler que E&R est une bande sous-fasciste violente, antisémite, raciste et communautariste. DLR a dragué également les néo-nazis, puisque fin 2010, l’un de ses conseillers nationaux, J. Koutoujanski, a tenu une conférence dans les locaux de Serge Ayoub, alias Batskin, ex chef d’une bande de skinhead dans les années 80, les JNR. Rien d’étonnant que le candidat DLR flirte avec la mouvance groupusculaire d’extrême-droite à la lecture de ses propos : «ces populations tsiganes, qui pratiquent volontiers la mendicité des enfants et des femmes, vivent dans une misère noire, sont un facteur d’insécurité évident (trafics en tout genre)»,  « il faudra bien poser la question du coût net de l’immigration pour la collectivité : les travaux d’Yves-Marie Laulan, qui estiment à plusieurs dizaines de milliards d’euro la charge nette de l’immigration pour la collectivité, mériteraient un vrai écho scientifique et un débat constructif. ». Le fameux Laulan, ici cité, est le « démographe » qui fournit des statistiques fantaisistes en guise de munitions au FN. Dupont-Aignan, prendrait-il Marine Le Pen comme premier ministre ? Oui, assurément !

 

-Jacques CHEMINADE (S&P) : Solidarité et Progrès n’est que la section française d’un mouvement international dirigé par le gourou américain, paranoïaque et conspirationniste, Lyndon Larouche. Selon l'Union Nationale des Associations de Défense des Familles et des Individus victimes de sectes (UNADFI), reconnue d'utilité publique, entre 10 et 15 heures quotidiennes de propagande, de diffusion des idées larouchistes et de lecture de ses œuvres sont exigées des militants, même le weekend. Les membres de Solidarité & Progrès vivent en parfaite promiscuité afin de mieux s'épier les uns les autres. Seuls Jacques Cheminade et Lyndon LaRouche font figure de pères, de confidents et de points de repère. L'extérieur est stigmatisé à outrance : les amis, la famille et les institutions de socialisation comme l'école et le travail sont présentés comme autant d'éléments destinés à détourner le fidèle de sa volonté de changer le monde avec Lyndon LaRouche. Le militant est alors fortement incité et encouragé à couper les liens avec ces cercles diaboliques pour se concentrer uniquement sur la vérité dispensée par le chef du parti. Le mode de fonctionnement sectaire va de pair avec la défense de conceptions politiques réactionnaires. Misogynie, négation du changement climatique, antisémitisme et conspirationnisme en sont les traits principaux. LaRouche considère les femmes de manière dégradante, par exemple en les rendant responsables des violences dont elles sont victimes : « Contrairement à la mythologie féministe, il est fréquent que ce soit la mère, qui de manière prioritaire, déclenche des scénarios de violence bipolaire au sein de la famille. Dans la plupart de ces cas pitoyables, c'est comme si elles étaient ''addicts'' à solliciter une telle violence.». Bien loin de se soucier du changement climatique sur terre et de proposer des solutions, S&P offre comme seule perspective à l'humanité... la colonisation de la Lune et de Mars (que LaRouche annonçait dès le milieu des années 80... pour l'an 2000 !). La haine des Juifs n'est jamais très loin à Solidarité & Progrès. Parfois latente, elle prend la forme de critiques répétées visant des intellectuels ou des hommes politiques... tous juifs, comme par hasard ! Parfois explicite, elle s’exprime par la négation de l'extermination des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale : l'Holocauste est assimilé par Lyndon LaRouche lui-même à un « canular » ! S&P utilise une ruse habituelle de l'extrême droite pour protéger les élites en période de crise économique : l'organisation politique prend pour cible tel ou tel secteur du capitalisme... pour mieux épargner tous les autres ! Par exemple, les banquiers juifs anglais servent de bouc-émissaire : ils sont pointés du doigt et accusés de fomenter un complot mondial. En France, S&P semble distiller une rhétorique similaire à celle de l'extrême gauche, notamment en dénonçant le libéralisme économique, mais il s'agit pourtant ni plus ni moins d'une organisation sectaire défendant d'improbables hypothèses scientistes et des conceptions politiques réactionnaires.

 

-Philippe POUTOU (NPA) : Au bord de l’éclatement, le NPA se livre, durant cette campagne électorale, à un exercice de communication aussi ridicule qu’éhonté, digne de la ligne capitularde et opportuniste qui l’a toujours caractérisé. Le parti d’extrême gauche a choisi d’exposer publiquement l’intégralité des facteurs de dégénérescence qui le minent en la personne de son candidat, bozo le clown. A l’aube d’une bataille de classe historique, cette vieille remorque du stalinisme, qui a tant participé à souiller la symbolique révolutionnaire, en rajoute une épaisse couche : elle amalgame l’image de l’ouvrier combatif, qui se matérialisera bientôt dans la réalité de la lutte des classes, avec celle de l’imbécile heureux, discrédité et battu d’avance. Des cadres historiques de la LCR ont déjà tiré les conclusions qui s’imposaient devant l’achèvement de la mission historique de leur mouvement. Ils ont donc rejoint, sans plus attendre, la maison mère, le FdG. Ceux qui restent encore dans cette petite embarcation à la dérive avancent sous la consigne fumeuse « Dégager Sarkozy sans faire confiance à Hollande » ; en langage moins torsadé : « votez Hollande ! ». Dans la foulée, ils invitent dès le 7 mai à « construire l'opposition la plus unitaire qui soit, à la gauche » d'un gouvernement dirigé par les socialistes, et qui réunirait avec le NPA « le Front de gauche, Lutte ouvrière et les centaines de milliers de militants du mouvement social ». Toute la démarche du NPA consiste à raccrocher le mouvement social à la gauche de gouvernement, voire à la droite. Pour cela, il use en permanence du langage de la revendication, à l’encontre de l’évidence selon laquelle le prolétariat n’a rien à revendiquer dans son combat pour sa libération du joug capitaliste. En matière de liquidation des potentialités révolutionnaires, cette formation possède une longue expérience derrière elle : elle intégra les appareils sociaux démocrates et staliniens pendant 12 longues années durant la guerre froide, elle en sortit pour contribuer au sabotage de l’amorce révolutionnaire de mai 1968, elle soutint la candidature de F. Mitterrand et son règne, vota pour Jacques Chirac dans la formidable manipulation de 2002, rejoint mécaniquement les listes de gauche au second tour des élections. Sur le terrain du mouvement social, elle se garde bien de lutter contre la bureaucratie syndicale, participe à obstruer  toute perspective de lutte prolétarienne autonome. Son antifascisme sélectif se double d’un encouragement au communautarisme et à la réaction religieuse (jusqu’à présenter une femme voilée aux dernières élections régionales). Inutile de dire que le NPA, qui d’ailleurs a abandonné les références à la révolution prolétarienne encore timidement présentes à la LCR, ne souhaite absolument pas se débarrasser du système capitaliste et construire le communisme. « Toutou » le dit lui-même : « C’est 10% du PIB, à peu près, donc du total des richesses nationales, qui est détourné de la poche des salariés vers la poche des capitalistes. Donc,  nous on dit : il faut récupérer ces 10% là… ». Partager les richesses pour stimuler la croissance, en guise de mot d’ordre censé attirer les masses, une ligne conforme à la bonne marche du capitalisme, qui permettrait de relancer la consommation et donc les marchés. L’OCDE ne dit pas autre chose dans un récent rapport : « Les pays doivent lutter contre l’accentuation des inégalités au moyen de politiques qui, simultanément, limitent l’écart de revenu entre riches et pauvres et stimulent la croissance économique. »

 

-Nathalie ARTHAUD (LO) : La caserne Lutte Ouvrière a fabriqué le clone de son ancien porte parole médiatique, Arlette Laguiller, pour opérer sa succession. Cela renseigne sur la conception de la singularité individuelle qui prévaut dans cette organisation marxiste-léniniste. Désormais Nathalie Arthaud peut brailler qu’elle est « la seule candidate communiste révolutionnaire »,  hurler contre les fermetures d’usine et promettre de mettre les patrons en prison s’ils ne respectent pas l’égalité professionnelle, elle et son parti ne se destinent aucunement à préparer la révolution sociale. Cet extrait d’un article d’Arthaud intitulé « Contre Sarkozy et les privilégiés : opposer un programme fondé sur les intérêts des exploités » permet d’en avoir le cœur net : « Le grand patronat a largement les moyens de financer le coût du maintien de tous les emplois ! » (donc, pas question d’en finir avec les patrons !). « C’est aux capitalistes de financer tout cela sur les revenus du capital et au besoin sur leurs fortunes privées »  (comme l’ont proposé Warren Buffet, Bill Gates et autres généreux milliardaires ?) « Il faut imposer la transparence sur les comptes des entreprises » (qui n’appartiendront donc pas aux travailleurs) « Il faut lui imposer une politique de grands travaux » (l’Etat bourgeois est maintenu comme outil de pouvoir séparé sur la société.). Les positions de Lutte Ouvrière sont celles de cette sous-classe de bureaucrates parée à prendre les commandes de l’Etat, dans les périodes de grande crise, pour sauver la société de classe. Comme les léninistes l’ont démontré en URSS et dans le reste des pays socialistes. Quand on demande à la représentante de LO pour qui elle votera au second tour, elle ne répond pas qu’elle s’abstiendra.

 

« L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » : A la veille d’un affrontement décisif avec la bourgeoisie, il est plus que temps de neutraliser tous ces politicards complices de l’exploitation, de l’oppression, de la dépossession qu’exerce impitoyablement la bourgeoisie sur nos vies. Elisons nos propres représentants, révocables à tout moment, dans les conseils d’usine, de bureaux, de quartiers. Organisons nos propres instruments de lutte, comités de grève, milices ouvrières, et balayons la bureaucratie syndicale. Préparons la révolution prolétarienne qui instaurera la société sans classes sociales ni Etat.


garap2011@hotmail.fr







Concert en soutien au Jargon Libre

Par Partigiano :: 20/03/2012 à 8:54 :: Actualité







Plus d'infos sur : Indymedia Paris



Le Jargon Libre est une librairie associative de lutte : Le 75020, Le Jura Libertaire.





Communiqués de la faculté de droit occupée à Athènes

Par Partigiano :: 20/02/2012 à 8:08 :: Actualité
Dans le contexte de la grève générale autour du dernier plan d’austérité, un texte de l’Assemblée ouverte de la faculté de droit occupée:


Pour nous libérer de la dette, il nous faut détruire l’économie

Le spectacle politique et financier a maintenant perdu  toute confiance en lui-même. Ses actes sont totalement convulsifs. Le gouvernement « d’urgence » qui a pris en charge le maintien de la cohésion sociale est un échec tant pour la reproduction de la main-d’œuvre, que pour  la consommation  de la population. Les nouvelles mesures, avec lesquelles l’État vise à assurer la survie de la nation grecque dans le monde financier international, conduit à une suspension complète des paiements dans le monde du travail. L’abaissement du salaire minimum, maintenant lui  aussi en fausse monnaie, est cohérent avec la suspension totale de toute forme de salaire direct ou social.

Tout coût pour notre reproduction disparaît. Les structures de santé, les lieux d’enseignement, le «welfare» les allocations et tout ce qui nous rend productifs dans le système dominant est maintenant  chose du passé.  En nous pressurant totalement ils nous jettent maintenant directement dans la faim et la paupérisation.

La sécurisation de l’abolition de toute forme de salaire, sur le plan juridique, s’effectue via la création d’un  » compte spécial bloqué ». De cette façon, l’État grec assure que le stock monétaire sera utilisé exclusivement pour la survie du capital, au détriment de nos propres vies, même. Le poids de la dette (pas de l’Etat, mais de ce qui est inextricablement contenu dans la relation capitaliste) se balance dessus de nos têtes, menaçant de nous tomber dessus et de nous éteindre.

Le mythe de la dette.
Le discours patriotique dominant promeut l’idée de « la dette grecque » en la présentant comme une question transnationale. Il crée l’impression que certains usuriers apatrides ont ciblé l’État grec et que notre « bon gouvernement » fait ce qu’il peut pour nous sauver, alors qu’il vise à nous éteindre, étant lui-même une partie du capital monétaire international .

Nous nous opposons à  cette fausse conception nationaliste, la dette est le résultat de – et une partie indiscernable de -l’économie politique, un fait que les patrons ne connaissent que trop bien. L’économie est basée sur la création de la pénurie, par la création de nouveaux champs de la rareté (c’est la dite : «création destructrice» avec des conséquences   toujours négatives à long terme). La dette est culpabilisante, elle  se dilate et va dominer la société aussi longtemps que la propriété existera, de même, que la routine de la consommation, que l’échange et que l’argent.

Quand nous disons que la crise est structurelle et systémique, nous voulons dire que les structures de l’économie politique ont atteint une fin, que leur cœur a été attaqué, le processus de production de valeur. Il est clair que pour le capital, nous sommes « économisables » (voir les chiffres du chômage qui montent au ciel) et qu’à ce point, la reproduction de la force du travail est simplement un obstacle dans le processus d’accumulation du capital. La crise monétaire de la dette, qui est le remplacement des salaires par des prêts, et l’incapacité d’émettre des prêts, conduit  le système dans le cercle vicieux de la non-durabilité. Cela en arrive là, parce qu’il remet en  question la valeur du travail lui-même, qui est, la  relation même au travers  de laquelle ceux d’en bas pourraient s’insérer dans les rôles du système.

Faut-il alors s’orienter vers le socialisme et l’économie « populaire »? Tous les types de dirigeants professionnels et de syndicalistes wannabe-populaires   cultivent leurs propres illusions  d’une sortie politique de la crise au sein du système et de l’économie politique actuelle. Ils pourraient parler de la nationalisation des banques ou d’un rajeunissement du libéralisme rationnel. Souvent, ils prennent même l’«esprit révolutionnaire» comme forme de récupération et de solution de rechange. D’autres fois, nous entendons parler de développement vert, de décentralisation écologique, de démocratie directe et  de toutes les formes politiques fétiches.

Alors que le marché lui-même, et que l’intervention de l’Etat ne parviennent  à donner aucune perspective que ce soit, le spectacle politique  continue à promouvoir toutes sortes de produits tels que : L’économie populaire, que l’autorité de l’Etat, que les « socialismes ». Les différentes mythologies  de dictatures du prolétariat,  survivent  au moment même où la masse de ceux qui sont exclus de la production et des dispositifs sociaux, les chômeurs,  ne   fournissent pas du tout de clientèle fiable aux partis politiques et à leurs syndicats. La position politique réactionnaire des capitalismes d’État a été remplacée par le vide de l’idéologie du bizness.

La guerre sociale ne connaît pas de frontière. Certains, au milieu de la crise, voient  une re contextualisation/un « redessin » des aires nationales. Le bloc national et les racistes divers, eux, semblent y voir l’occasion de cibler les migrants, de lancer des attaques et des pogroms et de promouvoir le racisme institutionnel de l’Etat grec. Leur résistance est peinte aux couleurs nationales; ils luttent en tant que  grecs, et non pas comme ennemis de l’exploitation et de la répression sociale à laquelle ils sont confrontés.

Nous avons sciemment choisi notre camp, croyant que toute présence d’un symbole national ou du drapeau appartient au camp de l’ennemi,  nous sommes prêts à la combattre par tous les moyens possibles. Parce que les nazis de « L’aube d’or », les nationalistes autonomes et les autres fascistes  promeuvent une communauté purement nationale comme la solution, les attaques préventives contre eux et la solidarité avec les migrants est une condition nécessaire pour toute tentative radicale.

La seule solution est la révolution sociale.
Contre tout ce qui précède, nous proposons une révolution sociale, que nous considérons comme la seule solution pour avoir une vie, pas une  survie  mise à nue. Cela signifie  se soulever contre toute institution financière et politique. Cela exige, sur la voie de la révolte, de prendre des mesures telles que l’abolition de l’Etat, de la propriété et toute de mesurabilité, de la famille, de la nation, de l’échange et des sexes sociaux. Pour que nous puissions étendre la gratuité et la liberté dans toute la vie sociale.

C’est ce que veut dire : Révolution ! Orienter dans  cette direction toute lutte sur les revendications salariales; toute structure auto-organisée  toute assemblée, dans la conjoncture actuelle, où la forme politique gouvernementale de la crise systémique peut conduire à une explosion sociale.

Manifestation à 18 heures aux Propylées.

Assemblée ouverte de la faculté de droit occupée, immédiatement après la manifestation

École de droit occupée le 02/09/12



Deuxième communiqué de la faculté de droit occupée à Athènes

L’ère de la « prospérité » est terminée. Le rêve d’accès à la consommation et à la promotion, comme l’exprime  le triptyque  «  m’as-tu-vu, consommation, carrière »  est soudainement devenu le cauchemar suprême.

Mais maintenant il n’y a aucun retour possible.

Les temps où les employeurs confinaient les étrangers dans les fermes et les chantiers, les temps où vous vous avanciez comme fier volontaire des Jeux Olympiques, ou vous aviez à la maison des femmes de ménage comme esclaves, ne reviendront jamais.

Vous apercevez la place ou votre racisme mettait les migrants depuis le début, devenir la votre et celle de vos enfants.

Et cela vous fait peur.

Quand la destruction d’autres sociétés, comme l’Europe de l’Est ou l’Irak, protégeait vos privilèges dans la concurrence internationale, cyniquement, vous en profitiez au maximum.

Peut-être est-il  temps de renoncer au capitalisme, au nationalisme et au consumérisme ? D’arrêter de penser comme un propriétaire et de comprendre qui sont vos vrais ennemis ?  L’État, les patrons, les flics, le système de l’économie politique….

Car ce n’est pas vous qui perdez votre travail, mais votre travail qui disparaît comme potentiel. C’est la force destructive du capitalisme qui menace tout simplement notre existence.

Les seuls potentiels de  survie que nous laisse le capitalisme c’est les files d’attente à la soupe populaire, la nourriture dans les poubelles, ou le pillage des supermarchés.

Pour ceci, la seule solution c’est la Révolution Sociale. Afin d’avoir une vie et pas seulement la survie.

Ceci exige que nous nous levions  contre toutes les institutions économiques et politiques; et que nous prenions nos mesures pendant l’insurrection,  la suppression de l’État, de la propriété, de la nation, du sexisme et du patriarcat, pour amener la révolution dans la vie quotidienne.

GRÈVES SAUVAGES, OCCUPATIONS AUTO-ORGANISÉES,

RÉVOLTES PARTOUT

POUR LA RÉVOLUTION SOCIALE

Faculté de droit Occupée



3° communiqué des occupants de la fac de droit à Athènes

Laissez-nous clarifier ceci : nous ne recherchons pas notre ennemi dans la face de Papademos, en Allemagne, au FMI, chez les impérialistes ou les banquiers. Aucun gouvernement ne pourra nous représenter parce que nous cherchons la fin de toute autorité. Pour nous l’autorité ce n’est pas seulement l’État et le Capital, mais aussi les façons dont les structures de domination (école, famille, patriarcat, religion, sexe) sont produites dans la vie de tout les jours et dans les relations inter-personnelles, de manière forcée ou volontaire, institutionnelle ou non-statutaire.

Toutes les sortes d’autoritaires devraient savoir que nos désirs ne seront pas confinés aux limites posée par l’idéologie dominante du défaitisme et du compromis.  L’impasse des luttes revendicatives, cherchant à améliorer les conditions de vie dans les institutions, mène objectivement à un encerclement du processus insurrectionnel. Pour nous qui ne voulons pas retourner au travail et à la normalité, mais qui veulent détruire la propriété et les relations hiérarchiques de production, il n’y a qu’une voie : nous rencontrer dans les rues, dans les grèves sauvages et dans les espaces occupés auto-organisés.

Enflammons l’insurrection et ne prolongeons dorénavant pas la durée du système.

Avec les espaces occupés, les sabotages, les attaques, la solidarité constante avec quiconque qui résiste, avec les prisonniers politiques, les immigrants, ainsi qu’avec l’action antifasciste.

Les occupants de l’École de Droit

11 février 2012




Trouvé sur http://dndf.org/ Des Nouvelles Du Front

Voir aussi le site : http://fr.contrainfo.espiv.net/

Et la page : http://fr.contrainfo.espiv.net/2012/02/13/grece-resume-chronologique-des-evenements-du-12-fevrier-en-cours/




Un hôpital grec sous contrôle ouvrier

Par Partigiano :: 10/02/2012 à 8:31 :: Actualité

Les agents hospitaliers de Kilkis, en Grèce, ont occupé leur hôpital local et ont publié une déclaration disant qu'il était désormais entièrement sous contrôle ouvrier.

L'hôpital général de Kilkis en Grèce (Macédoine centrale) est maintenant sous contrôle ouvrier. Les travailleurs hospitaliers ont déclaré que les problèmes qui durent depuis longtemps du Système de santé national (l'ESY) ne pouvaient être résolus. Les travailleurs ont répondu à l'accélération du régime des mesures impopulaires d'austérité en occupant l'hôpital et l'ont déclaré sous contrôle direct et complet par les travailleurs. Toutes les décisions seront dorénavant prises par les « travailleurs de l'assemblée générale ».

L'hôpital a déclaré que : « Le gouvernement n'est pourtant acquitté de ses responsabilités financières et, si leurs demandes ne sont pas satisfaites, ils se tourneront vers la communauté locale pour avoir le plus large soutien possible afin de garantir les soins de santé publique gratuits et de renverser le gouvernement et tous les politiques néolibérales. »
A partir du 6 février, le personnel hospitalier ne traitera que les  soins d'urgence tant que leurs salaires et les sommes qui leur sont dues ne seront pas payés. Ils demandent également un retour aux niveaux des salaires qu'ils percevaient avant la mise en œuvre des mesures d'austérité. La prochaine assemblée générale aura lieu le 13 février, et une conférence de presse le 15.

La déclaration suivante a été émise par les travailleurs :

*1.* Nous constatons que les problèmes actuels et durables de l'ESY (le système national de santé) et des organisations apparentées ne peuvent être résolus par des demandes spécifiques et isolées ou concernant nos intérêts particuliers, car tous ces problèmes sont le fruit d'une politique gouvernementale antipopulaire plus générale et du néolibéralisme mondial.

*2.* Nous constatons aussi, qu'en faisant des revendications particulières nous faisons en fait le jeu d'un gouvernement brutal. Ce pouvoir, pour faire face à son ennemi – qui est constitué par le peuple affaibli et divisé, fait tout pour empêcher la création d'un front uni et populaire à l'échelle nationale et mondiale ayant des intérêts communs et des exigences contre l'appauvrissement social créé par les autorités politiques.

*3.* Pour cette raison, nous plaçons nos intérêts particuliers dans le cadre général de revendications politiques et économiques qui sont posés par une très grande partie du peuple grec qui est aujourd'hui sous l'attaque du capitalisme la plus brutale. Ces revendications doivent être défendues jusqu'au bout afin d'aboutir, dans la coopération entre les classes moyennes et populaires de notre société.

*4.* La seule façon d'y parvenir est de remettre en question, dans l'action, non seulement la légitimité politique mais aussi la légalité d'un pouvoir arbitraire, autoritaire et antipopulaire qui avance à grand pas vers le totalitarisme.

*5.* Les travailleurs de l'Hôpital général de Kilkis répondent à ce totalitarisme par la démocratie. Nous occupons l'hôpital public et le mettons sous notre contrôle direct et total. L'hôpital de Kilkis sera désormais autogouverné et le seul moyen légitime de prise de décision sera l'Assemblée générale de ses travailleurs.

*6.* Le gouvernement n'est pas libéré de ses obligations économiques de dotation en personnel et en fournitures. Si il continue à ignorer ces obligations, nous serons obligés d'informer le public de cette situation et de demander au gouvernement local mais surtout à la société civile de nous soutenir par tous les moyens pour :
(a) la survie de notre hôpital
(b) le soutien au droit aux soins de santé public et gratuits
(c) le renversement, par une lutte commune populaire, de l'actuel gouvernement et de toute autre politique néolibérale, d'où qu'elle vienne
(d) une démocratisation profonde et substantielle, c'est à dire une démocratisation qui permettra à la société réelle et non pas à des tiers de prendre les décisions concernant son avenir.

*7.* Le syndicat de l'hôpital de Kilkis commencera, à partir du 6 février, une grève en n'assurant que les soins d'urgence jusqu'au paiement complet pour les heures travaillées et la hausse de nos salaires au niveau qu'il était avant l'arrivée de la troïka (UE- BCE-FMI). Pendant ce temps, sachant très bien quelle est notre mission sociale et nos obligations morales, nous protégerons la santé des citoyens qui viennent à l'hôpital en fournissant des soins de santé gratuits à ceux qui en ont besoin, appelant le gouvernement afin qu'il prenne ses responsabilités, en espérant qu'il renoncera en dernière minute à sa cruauté sociale immodérée.
 
*8.* Nous décidons qu'une nouvelle assemblée générale aura lieu, le lundi 13 février dans le hall du nouveau bâtiment de l'hôpital à 11 heures, afin de décider des procédures qui sont nécessaires pour mettre en œuvre efficacement l'occupation des services administratifs et réaliser avec succès l'auto-gouvernance de l'hôpital, qui débutera à partir de ce jour-là. Les assemblées générales auront lieu tous les jours et seront l'instrument primordial pour la prise de décision en ce qui concerne les employés et le fonctionnement de l'hôpital.
Nous appelons à la solidarité du peuple et des travailleurs de tous les secteurs, à la collaboration de tous les syndicats des travailleurs et des organisations progressistes, ainsi qu'au soutien de tous les médias qui ont choisi de dire la vérité. Nous sommes déterminés à continuer jusqu'à ce que les traîtres qui vendent notre pays et nos gens s'en aillent. C'est eux ou nous!

Les décisions ci-dessus seront rendues publiques par le biais d'une conférence de presse à laquelle tous les médias sont invités mercredi  15/2/2012 à 12h30. Nos assemblées quotidiennes commencent le 13 Février. Nous allons informer les citoyens sur chaque événement important qui aura lieu dans notre hôpital par le biais de communiqués de presse et conférences. En outre, nous allons utiliser tous les moyens disponibles pour faire connaître ces événements afin de faire une mobilisation réussie.

Nous appelons
► a) Nos concitoyens à faire preuve de solidarité avec notre mouvement,
► b) Tout citoyen injustement traité de notre pays à agir par des actions de contestation et d'opposition contre ses oppresseurs,
► c) Nos collègues d'autres hôpitaux à prendre des décisions similaires,
► d) les employés dans d'autres domaines du secteur public et privé et les participants à des organisations syndicales et progressistes à agir de même, afin d'aider notre mobilisation à prendre la forme d'une résistance universelle ouvrière et populaire et de soulèvement, jusqu'à la victoire finale contre l'élite économique et politique qui aujourd'hui opprime notre pays et le monde entier."



Source : http://libcom.org/blog/greek-hospital-now-under-workers-control-05022012




Deux articles de « Insurgent Notes » sur la situation aux Etats-Unis

Par Partigiano :: 17/01/2012 à 8:24 :: Actualité

 

14 janvier 2012

 

NE PAS QUITTER LONGVIEW DES YEUX : UNE ATTAQUE CONTRE UN EST UNE ATTAQUE CONTRE TOUS
 
Nous vous écrivons pour vous informer du sérieux affrontement de classe  qui se déroule sur la côte nord-ouest des USA à Longview (Etat de Washington) (1)
 
Dans cette petite ville, une compagnie céréalière internationale EGT , possédée conjointement par trois firmes  ( Bunge North America (américaine),Itochu (japonaise) et STX Pan Ocean (Coréenne), a investi 200 millions de dollars (160 millions d’euros) dans la construction d’un nouveau terminal céréalier dernier cri.
Alors que débutaient les travaux, ECT avait annoncé qu’il emploierait les 225 adhérents du syndicat local « ILWU local 21 » de Longview, conservant ainsi les liens avec la solide implantation du syndicat ILWU (International  Longshore Workers Union) depuis les années 1930 dans les ports de la côte ouest des USA .
Mais, quand  la construction du terminal fut achevée, EGT s’adressa à un syndicat « jaune » -General Construction and Operating Engineers local 701 , avec l’intention de contraindre les dockers d’ILWU à accepter un « bon » contrat qui, d’après les estimations réduirait les coûts annuels du travail sur le terminal d’un  million de dollars par an (800 000 euros)
Cette rupture avec le local 21 de l’ILWU , sans aucun doute , serait le prélude d’une offensive contre ce syndicat sur toute la côté ouest, en particulier avec une perspective d’une extension de l’automatisation. Clairement aussi, les patrons et l’Etat veulent dresser les travailleurs d’ILWU  contre les militants du mouvement « Occupy » pour isoler et affaiblir les uns et les autres. Ils reconnaissent et craignent l’existence du pouvoir d’une jonction Occupy/ ILWU dont la démonstration a déjà été faite.
Malgré cette menace, la centrale syndicale ILWU International ne cherche qu’à limiter le conflit à EGT et à Longview et à éviter toute extension aux autres ports de la côte ouest.. Ils ont ordonné aux dockers de ces autres ports de traverser les piquets de grève animés par Occupy sauf à Longview. Le 6 janvier, les hommes de main d’ILWU ont attaqué un meeting d’Occupy Seattle qui devait  organiser des actions de solidarité avec Longview.
Des  oppositionnels du local 10 d’ILWU, regroupant des dockers de base et d’anciens  permanents, ont déclaré qu’ils allaient tenter de bloquer le port d’Oakland  si un navire dérouté tente d’y accoster. En fait, les hommes de main ont attaqué le meeting d’Occupy à Seattle juste au moment où les dockers retraités d’Oakland et le leader de l’opposition du local 10, Jack Heyman, expliquaient aux présents que les dockers de base de l’ILWU d’Oakland, Portland et Seattle avaient refusé de traverser les piquets d’Occupy et fait ainsi fermer ces ports le 12 décembre et qu’ils feraient de même si les navires céréaliers se présentaient à Longview. Que cela arrive ou pas, en dépit de la pression énorme de l’Etat et des patrons, avec le complicité de la centrale ILWU International et de quelques bureaucrates locaux, reste à voir.
Après être restée à l’écart pendant des mois, le 7 septembre 2010 la police escorta un train vers le terminal EGT et arrêta 19 de ceux qui s’opposaient à son  passage. Le 8 septembre au matin, des centaines de dockers envahirent le terminal et détruisirent la cargaison du train. Plus tard dans la même journée, les dockers de cinq ports voisins, y compris Seattle (Washington) et Portland (Oregon) déclenchèrent une grève sauvage de solidarité avec Longview.
Depuis ces affrontements du début septembre 2010, 220 sur 225 membres du local 21 ont été arrêtés. Le président du local a été arrêté à six reprises et les flics lui ont fracturé le bras. Les hommes de mains privés et la police  entretiennent à Longview une atmosphère qui rappelle celle des la guerre sociale dans les sites miniers dans les années 20. Les hommes de main attaquent les dockers dans les rues et les flics sortent les dockers de leur maison au milieu de la nuit.
Un nouveau navire est supposé arriver à Longview pour décharger une cargaison de grain à un moment quelconque dans les deux prochaines semaines. Il sera escorté par deux navires de la garde côtière américaine et par des hélicoptères, encore plus de flics publics et privés pratiquement militariseront la ville. En vertu de la nouvelle  loi sur la sécurité nationale signée par Obama la veille du Nouvel an, le National Defense Authorization Act (NDAA), quiconque commettant un « acte d’agressivité » contre les Etats-Unis peut être emprisonné indéfiniment sans aucune autre charge ou procès sur ordre du président. Les ports américains sont déjà sous un régime semi militaire sous l’autorité du « Homeland Security », les dockers étant contraints de montrer pas moins que trois cartes d’identité électroniques pour atteindre chaque jour leur lieu de travail et sont de plus l’objet de contrôle de sécurité. Avec un peu d’imagination, il est très facile d’envisager la possibilité de lier un travail militant quelconque à une action  « terroriste ».
Il est essentiel que ces attaques sur les travailleurs de la côte ouest des Etats-Unis reçoivent le maximum d’intérêt internationalement et une solidarité active. Alors que la date d’arrivée du navire est encore tenue secrète, Occupy de la baie de San Francisco, Portland et Seattle organisent des caravanes qui convergeront sur Longview quand la date sera connue. Ailleurs aux Etats-Unis, Occupy projette d’organiser des manifestations devant les bureaux de la Coast Guard et devant les bureaux des compagnies qui possèdent EGT.
Un soutien international, à commencer avec les dockers d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud, est aussi essentiel. En 2001  cinq dockers noirs de Charleston (Caroline du Sud) encouraient des années de prison  après avoir été inculpés sur de fausses allégations des flics qui avaient attaqué le piquet de grève. Après que les dockers d’Europe eurent menacé de refuser de charger ou décharger les navires allant ou venant de Charleston, toutes le poursuites contre les « cinq de Charleston » avaient été abandonnées. Quelque chose se similaire,  même à une plus grande échelle, s’imposerait aujourd’hui.
Insurgent Notes appelle quiconque recevant cet appel à rejoindre la lutte, soit en se préparant à rejoindre la convergence projetée sur Longview, soit en participant à des actions plus proches de leur lieu de vie contre les Coast Guard américains ou les firmes Bunge, Itochu et STX Pan Ocean.
La confrontation de Longview sera le plus recent test, et le plus dur, démontrant la capacité des forces qui ont bloqué les ports de la côte ouest les 2 novembre et 12 décembre à pouvoir mobiliser un soutien de masse. La clé d’un succès serait une large alliance de classe de la base des dockers, du nombre imposant des camionneurs  inorganisés des ports et de la masse des précaires qui forme l’aile radicale d’Occupy.  Transformons maintenant cette action défensive en une action offensive.
 
(1) Si tu veux contribuer financièrement à la marche sur Longview vas au site http://occupyoakland.org/donate/ et clique sur  "Donate specifically to West Coast Port  Shutdown" (Donation spécifique au blocage des ports de la côteOuest)
 
http://insurgentnotes.com/

 

 

17 novembre 2011

 

PROCHAINE ETAPE POUR « OCCUPY WALL STREET » : OCCUPER LES BUILDINGS, OCCUPER LES ENTREPRISES.

 

Aujourd’hui, après deux mois d’occupations et les attaques contre celles-ci à Portland, Oakland et maintenant à Manhattan, Occupy Wall Street pourrait bien franchir une nouvelle étape : un rassemblement massif des étudiants à l’Union Square et une manifestation de la classe ouvrière à Foley Square tentent de donner une réalité aux appels croissants à la grève générale.
Cette nouvelle phase devrait impliquer l’extension des occupations aux buildings durant cet hiver et, par delà, aux entreprises, là où la classe ouvrière peut bloquer le système, ce qui serait un pas de plus vers la prise en charge de l’administration de la société sur des bases intégralement rénovées. Quoiqu’il se passe aujourd’hui (17 novembre) et au cours de la prochaine semaine d'actions, il est temps de faire le point sur les limites et les forces du mouvement d’occupation, tant à New York que dans le reste des Etats-Unis.

Il ne fait aucun doute que ce mouvement de rue est le plus important que connaissent les USA depuis quatre décennies. Sa propagation fulgurante dans un millier de villes en quelques semaines l’atteste. L’avalanche de revendications a fait de la misère sociale et économique de ces quarante dernières années, la plupart du temps endurée passivement avec quelques éruptions de résistance ponctuelles, une réalité publique désormais indéniable. Les hommes politiques, les personnalités TV et différents experts ont été pris au dépourvu face à un mouvement qui refuse de s’intégrer à leur univers rendu soudainement inepte.
Malgré l’aspect fourre-tout de ce qu’il exprime, le mouvement a absolument raison de refuser de s’identifier à des revendications spécifiques, des idéologies et des leaders. Depuis des années, la réalité sociale quotidienne lui a trop bien appris à ne pas tomber dans ce piège. Le fond des choses est la réalité que le mouvement représente : le refus d’une société qui jette un nombre toujours plus grand de gens au rebut. S’identifier de trop près à une liste de revendications reviendrait à s’écarter du sentiment profond du mouvement que tout doit changer et de sa certitude que rien ne devrait plus être comme avant.

En réponse, les plus grandes forces capables de détourner ce mouvement vers des voies respectables (le Parti Démocrate et les dirigeants syndicaux) se bousculent pour le contrôler, le désamorcer et le réprimer, comme elles sont parvenues à le faire dans le Wisconsin au printemps dernier. En ce moment, cette tâche leur est rendue rude.
Les différentes réalités que recouvrent les occupations dans 1000 villes défient toute généralisation simplificatrice.
Les grands journaux ont tenté de dépeindre le noyau du mouvement comme jeune, blanc, chômeur et de « classe moyenne », ce dernier terme permettant de faire immédiatement disparaître la classe ouvrière sous une fausse identité.
Quoiqu’il en fût aux premiers temps du mouvement, dans différentes villes (notamment durant la manifestation de masse du 2 novembre sur le Port d’Oakland), un nombre important de noirs et de latinos, ainsi que des personnes âgées, ont propagé celui-ci dans de nombreux endroits, au-delà de sa caractérisation initiale.
Notre but ici n’est pas de nous attarder sur les mille slogans exprimés, phénomène qui n’est pas surprenant de la part d’un mouvement très jeune, composé en grande partie par des gens pour qui ce type d’expérience est la première de leur vie. Des idées telles que le « 1% » ou « faire payer la juste part aux riches », ou « faire payer les banques », ou « abolir la FED » se mêlent aux attaques contre le « capitalisme ». Nous prétendons que la focalisation excessive sur les banques nie le fait que la source de la misère généralisée est la crise mondiale du système capitaliste (salariat) et, ainsi, n’envisage pas le dépassement de la crise par l’établissement d’un monde au-delà du travail salarié, à savoir le socialisme ou le communisme (même si nous sommes bien conscients de l'abus de ces mots dans de trop nombreux cas). Parvenir à une telle perspective requiert que l’on parle ouvertement de classe sociale. Il est clair que la grande majorité des travailleurs aux USA, bien que favorables au mouvement, ne l’ont pas rejoint activement tout simplement parce qu’ils travaillent et sont accaparés par la survie quotidienne.
Le mouvement des occupations doit s’appuyer sur le militantisme créatif de rue de milliers de personnes (tel qu’observé à Oakland, Portland, Seattle, New York et ailleurs) pour toucher cette grande majorité qui semble parfois, à un ou deux pâtés de maison des batailles de rue, vaquer à ses occupations habituelles. Les actions anti expulsions et anti saisies ont permis que cette jonction ait lieu. S’emparer des buildings pour s’y réunir ou y habiter, de même qu’y tenir des ateliers ou des cours, pourrait être une prochaine étape importante. Au-delà, il y a l’extension du mouvement aux arrêts de travail et aux occupations des entreprises, ce qui pose plus fortement qu’auparavant les questions de la propriété privée et du « qui gouverne ? ».
Le renouvellement du bail du Local 100 du Syndicat des Travailleurs du Transit est un point de jonction évident ici à New York. Le bras de fer continu entre les Travailleurs des Docks de la Côte Ouest et les jaunes grégaires de la société EGT à Longview à Washington en est un autre. L’occupation projetée, avec parents et élèves, de cinq écoles vouées à la fermeture à Oakland en est encore un autre. Nous pensons que, dans son effort, le mouvement aura peu de mal à distinguer la base des travailleurs (qui l’a déjà rejoint en différentes occasions) des bureaucrates syndicaux, qui n’ont émis que du bout des lèvres une résolution de « soutien » après l'autre, sans la moindre, ni même symbolique, mobilisation.
Il y a encore moins à dire au sujet des politiciens du Parti Démocrate - plus notoirement, Jean Quan, Maire d’Oakland – qui ont essayé d’utiliser le mouvement à leurs propres fins avant de lui envoyer la police anti-émeute.
TOUTEFOIS, L'OCCUPATION EST SEULEMENT UN PAS DE PLUS EN AVANT : AU DELA, C'EST LA QUESTION DE LA PRISE EN CHARGE DE LA PRODUCTION DE LA SOCIETE POUR NOUS-MEMES ET DU FONCTIONNEMENT DE CELLE-CI SUR UNE BASE ENTIEREMENT NOUVELLE QUI SE POSE.

Quoiqu’il arrive dans un futur immédiat, une brèche a été faite dans le mur de silence bâti sur quarante ans de misère accumulée. Chaque jour apporte de nouvelles attaques contre les travailleurs, tandis que le capitalisme mondial échappe à tout contrôle. Il n’a jamais été plus clair que la « normalité » capitaliste dépend de la passivité de ceux qu’elle écrase pour assurer sa propre survie, cette passivité qui, de la Tunisie et de l’Egypte, en passant par la Grèce et l’Espagne, jusqu’à NewYork, Oakland, Seattle et Portland, est révolue. La tâche aujourd’hui est de jeter toutes nos forces dans la batailles pour atteindre ce point de non retour où les conditions nous hurlent : « Nous avons une chance de changer le monde, prenons-là ! ».


http://insurgentnotes.com/

 

 

 

 

 

 

 

Grève générale en Grèce

Par Partigiano :: 01/07/2011 à 7:53 :: Actualité


Ça chauffe en Grèce



je vous invite à lire les deux articles du Jura Libertaire qui racontent les deux journées des 28 et 29 juin :


http://juralib.noblogs.org/2011/06/29/grece-mardi-28-juin-premier-jour-de-greve-generale-nationale/


http://juralib.noblogs.org/2011/06/29/grece-mercredi-29-juin-second-jour-de-greve-generale-nationale/






Considérations sur les “indignés”

Par Partigiano :: 28/06/2011 à 15:23 :: Actualité

Un article qui analyse le mouvement des "indignés" sur  le site La guerre dans l'âme :

Il fût un temps où les soulèvements de la classe ouvrière et/ou de la jeunesse s’appuyaient sur de solides écrits révolutionnaires : le Manifeste de Marx et Engels, le petit livre rouge, quelques essais situationnistes…Les révoltes du XXème siècle ont eu au moins le mérite d’être motivées par une stratégie globale de renversement effectif de la société, renversement qui, s’il n’a pas eu lieu, n’en est pas pour autant disqualifié dans les expressions les plus virulentes du Conflit en cours, bien au contraire. Mais il en va autrement du soulèvement des « indignés », qui a récemment bénéficié d’un emballement médiatique qui a eu tôt fait d’en faire le modèle de la « révolution citoyenne » de demain. Disons-le tout de suite : le grand soir de la « démocratie réelle » respire un air bien peu révolutionnaire…

SUITE




Le temps des émeutes a commencé

Par Partigiano :: 16/06/2011 à 12:15 :: Actualité

Un bon texte analytique du site grec, Blaumachen, en français :

L’étape transitoire de la crise :  De la restructuration à la révolte

Jour après jour, le vent de la révolte qui balaie l’Afrique et le Moyen-Orient se fait de plus en plus sentir. L’un après l’autre, les pays font les gros titres de la presse internationale, mais le sujet reste identique : des heurts entre manifestants et la police et/ou les nervis para-étatiques de tel ou tel régime, généralement totalitaire. Malgré toute la peine que se donne le spectacle mondial pour dissimuler le caractère prolétarien des émeutes et pour mettre l’accent sur les contradictions internes, en présentant les évènements comme de simples mouvements politiques « pour la démocratie », ou comme des confrontations politiques entre les partisans de tel et tel politicien local, rien n’y fait : c’est classe contre classe. Dans les mains des prolétaires, des pierres, des cocktails molotov et des morceaux de bois ; les flics, eux, sont armés jusqu’aux dents et, pris de peur, tirent dans le tas, assassinant sans discrimination. Les prolétaires occupent des bâtiments, bloquent des rues et incendient des voitures, s’attaquent aux prisons pour libérer les prisonniers, sabotent les infrastructures, et le capital s’apprête à imposer une dictature encore plus dure. Les régimes transitoires auront beaucoup de mal à se stabiliser, se trouvant de fait dans l’impossibilité de satisfaire ne serait-ce qu’une des revendications fondamentales des insurgés quant au niveau de vie. L’Égypte et la Libye nous offrent pour le moment les expressions les plus sévères de cette phase insurrectionnelle de la crise. L’Égypte à cause de son importance économique et géopolitique dans la concurrence inter-capitaliste mondiale ; la Libye, mises à part les questions pétrolières, à cause de la fulgurante perte de contrôle de l’État sur la situation, semant la panique à l’échelle internationale.

SUITE





Viva España

Par Partigiano :: 24/05/2011 à 15:34 :: Actualité

Ça bouge en Espagne, pourvu que ça se durcisse et que ça se répande telle une épidémie...

A lire sur le web :

- Dossier Espagne sur Rue89

-
¡Que se vayan todos! sur Des nouvelles du front

-
Tahrir, Puerta del Sol, Bellecour ? La révolution est dans la place ! sur Rebellyon.info






Idées du moment

Par Partigiano :: 03/05/2011 à 17:42 :: Actualité

Durant les années qui ont suivi la chute du mur de Berlin, l’idéologie bourgeoise nous a martelé quotidiennement que le communisme est mort, que ça ne marche pas, que c’est impossible, le seul système fiable est l’économie de marché ; la libre entreprise, la société de classe sont les seules structures sociétales possibles. Toute la génération qui a fait sa jeunesse durant les années 90, a gardé dans son esprit, l’impossibilité du projet communiste. Mais le temps passe, et les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas connu l’URSS. Staline et compagnie sont rentrés dans le panthéon des dictateurs de l’histoire. Il reste de nos jours, la Chine, la Corée du Nord et Cuba qui sont gouvernés par des partis soi-disant communiste. Je pense que les prolétaires de ces pays ne sont pas dupes sur l’utilisation à tort de ce nom. Et ils constatent bien que leurs vies n’ont rien de communiste. Ces capitalismes étatiques servent de caution provisoire pour fustiger les projets d’une société communiste.

La Chine est un cas particulier, c’est l’atelier du monde. Des millions de paysans sont devenus des ouvriers industriels, l’exode rural est massif, tout comme l’accumulation primitive. Les villes deviennent des mégalopoles. Les conditions de travail sont désastreuses et dangereuses. Un ouvrier chinois travaille 60 heures par semaine pour un salaire moyen annuel de 1300 dollars (quand il est versé…). Mais les ouvriers chinois ne sont pas des moutons comme l’imaginaire collectif occidental tend à croire. La lutte de classe est violente, les grèves sont dures, des patrons se sont fait tués à l’annonce de licenciements ou suite à des refus d’augmentation de salaire. Il y a un seul syndicat de travailleur (ACFTU) autorisé en Chine. Nul doute que, petit à petit, l’Etat chinois, conseillé par les vieilles bourgeoisies occidentales, va autoriser la libre association des travailleurs afin de maintenir une paix sociale. La Chine est le premier exportateur mondial, et l’Etat cherche désormais à écouler ces marchandises sur le marché national pour perdurer sa productivité en gardant une monnaie faible, et en innovant dans des nouvelles chaînes de fabrication comme la pharmacie.

C’est la lutte de classe le moteur de l’histoire. Et le capitalisme s’adapte et absorbe ses contradictions. Des révolutions ont lieu dans des pays arabes, mais selon moi cela reste dans le cadre bourgeois. Les revendications de liberté d’expression et de démocratie (mais laquelle ?) satisfont les bourgeoisies libérales qui espèrent instaurer leur pouvoir, notamment en Tunisie (grâce à une assemblée constituante). La Libye est dans une situation de guerre civile. Et l’Egypte, est contrôlée par les anciens militaires. J’espère qu’un nouveau souffle va pousser les révolutionnaires vers l’émancipation. En attendant, ces mouvements ont permis de réintroduire la révolution (de masse et armée) comme nécessité d’évolution vers une nouvelle société. Cela a permis aussi de casser les idées de chocs des civilisations au profit de la lutte de classe. Les problèmes économiques des prolétaires arabes et européens tournent autour du salaire, des conditions de travail et du partage des richesses. Ces problèmes sont généralisés au prolétariat mondial.

En France, la mentalité pécore perdure. La petite propriété, chacun chez soi devant sa télé fonctionne bien. Des salariés se suicident à France Telecom, les hôpitaux et les écoles en sous-effectif de fonctionnaires, le déremboursement de médicaments, le constat global fait peur. A quand les prochaines grèves ? On se fait chier en ce moment. Et ce ne sont pas les revendications qui manquent. Y a que dans la lutte qu’on se sent exister. Les perspectives sont pourtant claires : abolition du capitalisme et de la société de classe. Qu’est-ce qui empêche les gens de se révolter ? La propagande révolutionnaire, en plus de dénoncer la société bourgeoise, doit proposer des fonctionnements du communisme que nous voulons. Nous devons inonder l’imaginaire prolétarien de la société future.





Copyright © MILITANT - Blog créé avec ZeBlog